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Mayotte : élection législative partielle sous tension


Dimanche 18 Mars 2018 modifié le Dimanche 18 Mars 2018 - 11:20




Mayotte : élection législative partielle sous tension
Une partie des Mahorais sont appelés aux urnes ce dimanche 18 mars pour une élection législative partielle organisée dans un contexte de forte crise sociale qui paralyse l'île depuis près d'un mois. La plupart des élus et les organisateurs du mouvement ont demandé samedi 17 mars le report du scrutin mais le préfet de Mayotte Frédéric Veau leur a opposé une fin de non-recevoir. « Mayotte, c'est la République, la République, c'est la démocratie, la démocratie, ce sont les citoyens qui s'expriment dans les urnes », a-t-il dit, assurant que « l'État prendra toutes les dispositions pour assurer le bon déroulement du scrutin ». Seul le maire de Mamoudzou, le chef-lieu, s'est désolidarisé de cette demande de report.

Outre les difficultés que pourraient rencontrer certains électeurs pour accéder aux bureaux de vote en raison des barrages qui bloquent les points stratégiques de l'île, les élus ont fait valoir, par la voix de leur porte-parole Mohamed Bacar, maire de Tsingoni, que « même si les mairies sont ouvertes, il n'y a pas de garantie que les conditions de sécurité soient réunies ». Mohamed Bacar a également fait part d'un problème de campagne électorale pour les huit candidats qui « n'ont pas pu voir leurs électeurs ». Ce qu'a confirmé l'un d'eux à l'Agence France-Presse, Boina Dinouraini (DVG) : « On ne circule pas, on ne peut pas faire campagne. » Prenant acte de la décision du préfet, le porte-parole des élus prédit déjà « une cascade » de recours après l'élection.

Un porte-parole du mouvement social, Salim Nahouda, a lui appelé la population à boycotter le scrutin, ce que plusieurs Mahorais envisageaient de faire, à l'instar de Marie Elna, une enseignante gréviste. « Je ne vais pas aller aux urnes. Tout simplement je suis manifestante donc demain je ne vote pas. Je ne vote pas parce que ce serait être contre les autres », a-t-elle expliqué à l'Agence France-Presse. « À l'heure actuelle, avec tout ce qui se passe à Mayotte, on n'a pas la tête à aller voter. »

Soutien inédit du Front national au candidat Les Républicains


Ahamada Haribou, directeur général adjoint des services à la mairie de Mamoudzou, prévoit un taux de participation très faible, rappelant que, lors des élections précédentes, « même sans les barrages, le taux de participation était assez faible », autour de « 46 % ». Il souligne que « beaucoup d'électeurs votent à Mamoudzou mais habitent hors Mamoudzou. Ils n'ont pas la possibilité à ce jour de se déplacer librement pour pouvoir venir voter ». Dans ce contexte particulier, les électeurs devront choisir entre huit candidats pour le siège de la première circonscription, dont les deux finalistes de juin. Ramlati Ali, devenue la première femme mahoraise députée, avait alors été élue sous l'étiquette PS avant de siéger au groupe La République en marche à l'Assemblée nationale.

Son élection a été annulée le 19 janvier après un recours de son opposant, l'avocat Elad Chakrina (LR), le Conseil constitutionnel ayant considéré que, eu égard au « faible écart de voix » entre eux, « la sincérité du scrutin (avait) été altérée ». Ramlati Ali a été mise en examen le 14 février pour complicité de fraude électorale dans une affaire de procurations litigieuses lors du précédent scrutin. Ayant fait appel de cette décision, elle se représente sans étiquette. La surprise est venue mercredi 14 mars de la présidente du Front national Marine le Pen, qui a appelé à voter pour le candidat LR, démarche inédite pour le parti d'extrême droite. Les Républicains se sont désolidarisés de ce soutien. « Je tiens à préciser que je ne partage pas les idées du Front national (...) Je note juste que Marine Le Pen fait le constat de ce qui se passe à Mayotte », a déclaré Elad Chakrina, interrogé vendredi par l'Agence France-Presse.

Parmi les autres candidats figurent Bacar Ali Boto (centre gauche), premier adjoint au maire de Mamoudzou, Daniel Zaidani, ancien président du conseil général, mis en examen en février 2017 pour détournement présumé de fonds publics dans l'exercice de ses fonctions, ou encore Abdullah Mikidadi (LFI).

Avec afp
Dimanche 18 Mars 2018 - 09:53





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