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Macron veut "accompagner" la Tunisie et sa jeunesse


Jeudi 1 Février 2018 modifié le Vendredi 2 Février 2018 - 09:51




Les présidents français, Emmanuel Macron, et tunisien, Béji Caïd Essebsi, le 31 janvier 2018, à Tunis.
Les présidents français, Emmanuel Macron, et tunisien, Béji Caïd Essebsi, le 31 janvier 2018, à Tunis.
Le président français Emmanuel Macron a assuré mercredi à Tunis qu'il souhaitait "accompagner" la Tunisie et sa jeunesse, frappée de plein fouet par le chômage alors que la transition démocratique reste fragile sept ans après la révolution.

"Nous sommes dans un moment important de la vie de la Tunisie", a souligné M. Macron devant la presse aux côtés de son homologue Béji Caïd Essebsi au premier jour de sa visite d'Etat.

"C'est une étape fondamentale qui se joue", a-t-il ajouté, deux semaines après une nouvelle poussée de fièvre marquée par des manifestations, dont certaines ont dégénéré en émeutes nocturnes, dans plusieurs villes tunisiennes.

Exprimant le "soutien de la France" et saluant une "Constitution exemplaire et un vrai modèle de transition", il a estimé que Paris, déjà premier partenaire économique de la Tunisie, pouvait "faire davantage".

M. Essebsi, 91 ans, a pour sa part appelé à "une relance des relations" bilatérales.

"Nous souhaitons vous accompagner (...) Nous voulons permettre à la jeunesse tunisienne de réussir en Tunisie", a souligné M. Macron, en annonçant la création d'un fonds de 50 millions d'euros sur trois ans destiné aux jeunes entrepreneurs créant de l'emploi. Plus d'un tiers des jeunes diplômés tunisiens sont au chômage, ce qui en pousse certains à chercher à quitter le pays.

Les deux chefs d'Etat ont également annoncé la création d'une Université franco-tunisienne pour l'Afrique et la Méditerranée (UFTAM), qui délivrera à Tunis des diplômes de niveau français d'ici deux ans.

Paris va en outre accorder un prêt souverain de 100 millions d'euros pour la réforme des entreprises publiques tunisiennes, et la conversion de 30 millions d'euros de dettes, en plus des 60 millions déjà convertis en janvier 2016. La dette publique tunisienne envers la France s'élève à environ un milliard d'euros, selon Paris.


- 'Soutenir la jeune démocratie' -



"La France doit soutenir la jeune démocratie tunisienne", a réaffirmé le Premier ministre tunisien Youssef Chahed sur France 24. "Vous n'avez pas une démocratie qui nait à une heure de la France tous les ans. Nous sommes une démocratie véritable, avec une liberté de presse, une liberté de parole, et vous ne trouverez pas ça dans beaucoup de pays", a-t-il souligné.

Mais l'ONG Human Rights Watch (HRW) a saisi l'opportunité de cette visite pour déplorer, dans un communiqué, des brutalités policières pendant les mobilisations déclenchées mi-janvier par la hausse du coût de la vie et la persistance d'un chômage élevé malgré une reprise de la croissance (2% l'an dernier).

Tant M. Macron que M. Essebsi ont relativisé ces critiques. Le premier a appelé à ne pas "ravaler" les démocrates même imparfaits "au même rang que les despotes et les tyrans". "La Tunisie est un pays démocratique" mais "il ne faut pas nous juger comme si nous (étions) une démocratie depuis des siècles", a réagi le président tunisien.

Pour cette visite d'Etat, qui fait suite à celles effectuées au Maroc en juin et en Algérie en décembre, le président français est accompagné de plusieurs ministres dont Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères), et d'hommes d'affaires comme Stéphane Richard (Orange) et Xavier Niel (Iliad). Son épouse Brigitte est aussi du voyage.

Un accord a également été signé pour mieux collaborer dans la lutte antiterroriste, alors que l'état d'urgence reste en vigueur en Tunisie deux ans après avoir été instauré dans le sillage d'attentats jihadistes sanglants, dont celui du musée du Bardo, où se rendra le président français.

En signe de soutien au processus démocratique, le chef de l'État s'adressera jeudi aux députés à l'Assemblée des représentants du peuple (ARP) et rencontrera des responsables de la dynamique société civile.

Mais, au-delà des mots, les Tunisiens réclament surtout des gestes concrets de la part de l'ancienne puissance coloniale. "Ils n'attendent plus grand-chose des promesses de soutien des responsables étrangers et n'y croient qu'à moitié", souligne le politologue Selim Kharrat. (afp)
Jeudi 1 Février 2018 - 11:07





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