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Macron face aux Français ce soir pour sortir de la crise des "gilets jaunes"


Lundi 10 Décembre 2018 modifié le Mardi 11 Décembre 2018 - 08:05

Au surlendemain du quatrième épisode de la fronde des "gilets jaunes", Emmanuel Macron a consulté lundi les représentants des forces vives à l'Elysée avant de s'adresser, à 20H00, aux Français dans l'espoir de faire enfin déboucher la crise sur une phase de dialogue.




Macron face aux Français ce soir pour sortir de la crise des "gilets jaunes"
Cette "adresse à la Nation" sera sans doute l'allocution la plus importante depuis le début de son mandat. Le président, qui s'exprimera publiquement pour la première fois depuis plus d'une semaine, va devoir "trouver des mots qui apaisent", a affirmé lundi le ministre des Finances Bruno Le Maire.

Il s'agit de tenter d'éviter un "acte V" de la contestation alors que des appels à manifester sont déjà lancés sur les réseaux sociaux pour le 15 décembre. L'acte IV a rassemblé samedi quelque 136.000 manifestants et s'est soldé par un nombre record d'interpellations, plus de 320 blessés et encore des dégâts dans de nombreuses villes, particulièrement à Paris, Bordeaux et Toulouse.

Emmanuel Macron a préparé son allocution en s'entretenant avec les responsables des syndicats, du patronat, des deux assemblées et des associations d'élus locaux, réunis pendant quatre heures. Avec, comme objectif, de faire revenir dans le jeu les corps intermédiaires qui s'étaient sentis méprisés depuis le début du quinquennat.

A la sortie, plusieurs participants ont déclaré que le président les avait écoutés mais sans donner "aucun élément de réponse" sur ce qu'il allait annoncer, selon le patron de la CFDT Laurent Berger.

"Aucune mesure n'a été annoncée, le président nous a simplement écoutés. Ce qu'on a entendu, c'est qu'il y aurait du concret, du solide", a néanmoins ajouté Hervé Morin, président de Régions de France.

Au total 37 personnalités étaient serrées autour d'une immense table. Au côté du Premier ministre Edouard Philippe et 12 membres du gouvernement, étaient présents les présidents du Sénat Gérard Larcher, de l'Assemblée Richard Ferrand ainsi que les leaders des cinq syndicats représentatifs (CGT, CFDT, FO, CFE-CGE et CFTC) et des trois organisations patronales (Medef, CPME et U2P).

L'exécutif est en train de revoir largement son programme gouvernemental et parlementaire à partir de janvier alors qu'il est actuellement "totalement paralysé par les gilets jaunes", selon une source gouvernementale.

D'ores et déjà, la crise va faire perdre 0,1 point de croissance à la France sur le dernier trimestre de cette année, a estimé Bruno Le Maire. La Banque de France a divisé par deux, à 0,2% contre 0,4% précédemment, le taux de croissance du PIB français pour le quatrième trimestre. "Ce n'est pas rattrapable, a reconnu le ministre. C'est la réalité. Celle des commerçants, des indépendants, qui ont vu leurs magasins samedi abîmés, vandalisés, pillés".



Le discours est très attendu par les "gilets jaunes" qui ont fustigé le "silence" du président, dont ils réclament chaque jour la "démission" sur les rond-points qu'ils occupent.

"Il va falloir des mesures fortes et concrètes tout de suite, mais on a peu d'espoir", a déclaré à l'AFP Laetitia Dewalle, porte-parole de la contestation dans le Val-d'Oise. Au-delà des annonces, "on attend une sincérité" de la part d'Emmanuel Macron, "qu'il ne soit pas dans un rôle", a-t-elle ajouté.

Pour calmer leur colère, la majorité plaide pour "accélérer" les baisses de taxes déjà engagées et associer davantage les Français à la conduite des affaires de l'État.

"Notre mandat, c'est la baisse des taxes", a insisté Stanislas Guerini, nouveau délégué général de La République en marche, jugeant que la majorité devrait "peut-être accélérer" sur ce terrain face aux revendications des manifestants.

Gilles Le Gendre, le chef de file des députés LREM, a abondé en plaidant pour "des mesures d'apaisement immédiates", "pas forcément très nombreuses", mais qui permettent d'"accélérer un certain nombre de mesures déjà sur la table".

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a semblé exclure un "coup de pouce" au SMIC, c'est-à-dire une augmentation du salaire minimum supérieure à l'indice de l'inflation, en prévenant qu'une telle mesure détruirait des emplois.



Un collectif de maires des Yvelines reçus vendredi à l'Élysée a également dit à M. Macron "que la méthode était catastrophique par rapport à l'objectif poursuivi depuis 2017", a indiqué leur porte-parole Karl Olive, maire LR de Poissy, qui "souhaite plus de justice et de justesse sociales".

Pour sa part, la présidente (LR) de la région Ile-de-France Valérie Pécresse a appelé lundi les "gilets jaunes" à "ne plus appeler à manifester" parce que le mouvement "est détourné par des casseurs". Elle a également accusé "un certain nombre de responsables politiques" de mettre "de l'huile sur le feu", en citant nommément "Marine Le Pen, M. Mélenchon, M. Hamon, M. Dupont-Aignan".

Les députés socialistes, Insoumis et communistes, devraient par ailleurs attendre le discours présidentiel avant de déposer une motion de censure contre le gouvernement, a précisé Boris Vallaud, député PS des Landes.

Apparue dans le sillage de celle des "gilets jaunes", la mobilisation des lycéens, rejoints par des étudiants, se poursuivait lundi mais avec moins de blocages que la semaine dernière. Dans la matinée, le ministère de l'Éducation a recensé 120 lycées concernés sur toute la France, dont 40 bloqués. La semaine dernière, jusqu'à 400 lycées avaient été perturbés.





Lundi 10 Décembre 2018 - 19:24

afp




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