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Macron en Italie pour rabibocher Paris et Rome


Mardi 17 Septembre 2019 modifié le Mercredi 18 Septembre 2019 - 11:49




Après une année de tensions sans précédent entre les deux alliés, Emmanuel Macron se rend mercredi à Rome pour relancer la relation franco-italienne à l'occasion de l'arrivée d'un nouveau gouvernement de coalition sans Matteo Salvini, critique virulent du président français.

Le chef de l'Etat français ne passera que quelques heures dans la capitale italienne, le temps d'un entretien avec son homologue Sergio Mattarella et d'un dîner de travail avec le Président du Conseil Giuseppe Conte.

Mais, même court, ce déplacement "est important sur le fond et le symbolique", affirme la présidence française.

Son objectif est, pour les deux pays voisins, de mettre fin à une guerre des mots, voire d'insultes, ayant marqué les 14 mois durant lesquels la coalition formée par le parti d'extrême droite de La Ligue et les anti-système du Mouvement 5 Étoiles a dirigé la péninsule.

"C'est une visite pour tourner la page d'un chapitre difficile et démontrer qu'il est possible de repartir du bon pied, sans séquelles des tensions passées", souligne Giampiero Gramaglia, spécialiste des questions européennes à l'Institut pour les Affaires internationales de Rome (IAI).

Selon lui, les Italiens "apprécieront sans doute le fait que ce soit le président français qui se rende en visite à Rome", une indication qu'"il n'y a pas de rancoeur".

Paris met aussi en avant le fait que cette visite d'Emmanuel Macron est "un signe d'équilibre", alors que la Ligue dénonce un nouveau gouvernement aux ordres "de Paris, Berlin et Bruxelles".

Pour la présidence française, il n'est pas question de trop se féliciter de la nouvelle configuration politique à Rome, par souci de ne pas "s'immiscer dans les affaires italiennes" mais aussi parce que la situation "reste instable".

Le nouveau gouvernement Conte, formé du Parti démocrate et du M5S, est en effet une construction fragile et l'incertitude a encore été renforcée par l'annonce mardi de la création d'un nouveau mouvement par l'ancien chef du gouvernement Matteo Renzi, homme fort de la gauche.

A Rome, Emmanuel Macron ne rencontrera, selon ses services, ni M. Renzi, ni le dirigeant de M5S Luigi Di Maio, désormais ministre des Affaires étrangères.

- "Solutions communes" -


Avec M. Conte, les sujets de discussion ne vont pas manquer, de l'agenda européen avec l'arrivée de la nouvelle Commission à la Libye, en passant par les relations économiques.

Mais le sujet bilatéral le plus brûlant reste celui des migrants, principale pomme de discorde ces derniers mois avec les attaques portées par l'ex-ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, qui avait fustigé l'"arrogance" et l'"hypocrisie" d'Emmanuel Macron.

La détente est sensible depuis l'entrée en fonction du nouveau gouvernement, qui a de facto rouvert les ports italiens aux navires de sauvetage en laissant débarquer samedi 82 migrants de l'Ocean Viking à Lampedusa, en Sicile.

Satisfait, Paris affiche son optimisme en se disant "sûr" de pouvoir "trouver des solutions communes dans les prochaines semaines avec l'Italie". Mais la priorité reste de construire "une solution durable et stable" entre pays européens, notamment sur la répartition des migrants débarqués en Italie ou à Malte, selon la présidence française.

Et, pour cela, Paris voit une "fenêtre d'opportunité" s'ouvrir avec l'arrivée le 1er novembre de la nouvelle Commission européenne présidée par l'Allemande Ursula Von der Leyen.

Pour Emmanuel Macron, la visite à Rome marque sa rentrée européenne avant un automne chargé, avec en particulier un conseil des ministres franco-allemand en présence de la chancelière allemande Angela Merkel à Paris. Il devrait précéder le prochain sommet européen des 17 et 18 octobre.

Au cours de leur dîner, MM. Conte et Macron pourraient également aborder les dossiers économiques délicats, comme l'alliance entre les chantiers navals français STX et italien Fincantieri, ou la tentative de rapprochement avortée entre Fiat Chrysler et Renault.

"Des problèmes demeurent sur le fond" car "l'Italie supporte mal la présence de capitaux français dans les entreprises italiennes qui, dès lors, deviennent des filiales françaises. Et ce d'autant plus que les sociétés italiennes se heurtent à de fortes résistances françaises lorsqu'elles souhaitent faire la même chose en sens inverse", souligne l'expert Giampiero Gramaglia. En citant notamment les groupes italiens Gucci, BNL et Parmalat passés sous contrôle français.
Mardi 17 Septembre 2019 - 22:47

Atlasinfo (Source afp)




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