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Libye: revers pour Haftar dans la bataille de Tripoli


Vendredi 28 Juin 2019 modifié le Vendredi 28 Juin 2019 - 15:39




Libye: revers pour Haftar dans la bataille de Tripoli
Les forces loyales au Gouvernement d'union nationale (GNA) libyen ont porté un coup dur aux troupes du maréchal Khalifa Haftar en s'emparant de leur principale base arrière, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Tripoli, après une attaque surprise.

Le maréchal Haftar, l'homme fort de l'est libyen, a perdu mercredi la ville de Gharyan dont il avait fait son centre d'opérations et d'où il était parti le 4 avril à la conquête de la capitale libyenne, à plus de 1.000 km de son bastion de Benghazi (est).

Le GNA, reconnu par la communauté internationale, s'est félicité aussitôt "de la libération de Gharyan des agresseurs", vue comme un "début de bonne augure pour faire échouer la tentative de coup d'Etat" de Haftar.

"Nous avons mis en oeuvre, avec détermination et volonté, la transition de nos forces de la phase de défense à celle de l'attaque pour repousser l'agresseur", a ajouté dans un communiqué le gouvernement basé à Tripoli.

Dans une interview à la chaîne libyenne Al-Hadath, le porte-parole des forces pro-Haftar, Ahmad al-Mesmari, a promis de reprendre "rapidement" la ville.

Après une progression rapide depuis l'est et le sud du pays, le maréchal Haftar s'était emparé de Gharyan le 2 avril, avant de lancer deux jours plus tard son offensive contre Tripoli.

Mais ses forces piétinent aux portes de la capitale, bloquées par les forces loyales au GNA qui avaient annoncé une contre-offensive. Jusqu'à mercredi, les lignes de front avaient peu bougé sur le terrain, même si les deux camps annoncent quotidiennement des percées.

- Opération "bien préparée" -


La reprise surprise de Gharyan a été "bien préparée" par les forces du GNA, selon leur porte-parole Moustafa al-Mejii.

Huit raids aériens ont été menés contre la ville, avant l'entrée de forces anti-Haftar aidées par "une rébellion interne", selon M. Mejii, qui a fait état de dizaines de morts et de blessés parmi les pro-Haftar, vraisemblablement pris de court.

Une source médicale à l'hôpital de Gharyan a fait état jeudi à l'AFP d'au moins 15 morts du côté des troupes de Haftar et huit parmi celles du GNA, ainsi que des dizaines de blessés des deux camps.

Le bilan risque de s'aggraver, plusieurs corps n'ayant pas été transférés à l'hôpital, a précisé cette source sous couvert de l'anonymat.

Les forces du GNA ont diffusé sur les réseaux sociaux des photos d'équipements militaires qu'ils ont récupérés ou détruits, dont trois drones de surveillance et des véhicules blindés.

- Victoire "déterminante" -

Pour des analystes, la perte de Gharyan pourrait être un tournant décisif à même de précipiter l'échec de l'offensive de Haftar contre Tripoli.

Jalel Harchaoui, chercheur à l'Institut Clingendael de La Haye, a souligné "le caractère significatif, sur le plan militaire mais aussi symbolique et politique, de la chute de Gharyan".

"Du fait de la reprise éclair de Gharyan, il est aujourd'hui concevable que l'ensemble de l'opération (du maréchal Haftar) lancée le 4 avril se découse et s'émiette", a-t-il dit à l'AFP.

"L'environnement est aujourd'hui beaucoup moins propice pour Haftar et ses aspirations en Tripolitaine (région ouest)", selon le chercheur.

Même s'il estime que ce n'est "pas encore la fin de l'aventure" pour Haftar, Emad Badi, analyste libyen affirme que la reprise de Gharyan par le GNA "n'est pas juste une victoire symbolique ou temporaire".

"Elle sera largement déterminante, que ce soit au niveau militaire mais aussi au niveau des positions politiques régionales et internationales", a-t-il dit à l'AFP.

Mais pour l'instant, les forces de Haftar maintiennent leurs positions dans la banlieue-sud de la capitale, sur une longue de ligne de front d'une centaine de kilomètres.

Les combats ont fait jusqu'ici plus de 700 morts et 4.000 blessés ainsi que près de 100.000 déplacés, selon les agences de l'ONU.

Le maréchal dispose encore d'une autre base arrière dans la ville de Tarhouna, à 60 km au sud-est de Tripoli, d'où transitent les armes et les hommes depuis l'est et le sud du pays.
Vendredi 28 Juin 2019 - 00:31

Atlasinfo (Source afp)




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