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Le tireur de Strasbourg est un radicalisé au lourd passé judiciaire


Mercredi 12 Décembre 2018 modifié le Mercredi 12 Décembre 2018 - 18:49

Toujours en fuite, l'auteur de l'attaque qui a fait trois morts et 13 blessés mardi soir sur le marché de Noël de Strasbourg, est un Strasbourgeois de 29 ans, radicalisé et au lourd passé judiciaire.




Le tireur de Strasbourg est un radicalisé au lourd passé judiciaire
Plus de 600 policiers et gendarmes sont mobilisés mercredi pour retrouver celui qui a "semé la terreur" selon les mots du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, en tirant au pistolet automatique sur plusieurs personnes dans le centre de Strasbourg, vers 20H00. L'homme a été blessé par des militaires de l'opération Sentinelle avant de prendre la fuite. Selon une photo d'identité consultée par l'AFP, le suspect a les yeux foncés et les cheveux noirs, sourcils épais, et courte barbe.

"Il était pas à fond dans l'islam", a dit à l'AFP Zach, 22 ans, qui habite dans la même petite cité de barres HLM, en banlieue strasbourgeoise. Ce voisin décrit un homme "discret, pas baraqué", qui habitait seul dans un petit appartement. Ses parents habitent aussi le quartier, précise-t-il.

Son immeuble, devant lequel étaient postés mercredi matin trois policiers et qui se situe au fond de cette petite cité de barres HLM, est particulièrement délabré et décrit comme un "immeuble de transit" par les voisins, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Né à Strasbourg en 1989, il est fiché "S" (pour sûreté de l'État) par les services antiterroristes, après un passage en prison de 2013 à 2015 au cours duquel il a attiré l'attention des services de renseignement pour des violences, pour la radicalisation de sa pratique religieuse, et son prosélytisme. C'est à ce titre qu'il était suivi de "manière assez sérieuse" depuis sa sortie de prison fin 2015, a expliqué le secrétaire d'État à l'Intérieur, Laurent Nuñez, sur France Inter.

S'il a un casier "assez important" - une vingtaine de condamnations de droit commun en France et en Allemagne où il a également été incarcéré (violences, vols, destructions...) selon une source proche -, ce "radicalisé" n'a "jamais été connu pour des délits liés au terrorisme", a insisté M. Nuñez, démentant qu'il ait essayé de se rendre en Syrie.

Le secrétaire d'État a aussi appelé à la prudence quant à la motivation terroriste, pour l'heure "pas encore établie" même si la section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête pour "assassinats et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste". En prison, l'homme "incitait à la pratique de la religion sous une forme radicale, mais rien ne permettait de détecter un passage à l'acte dans sa vie courante", a-t-il ajouté.

Sur son parcours carcéral, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a précisé sur Public Sénat qu'il avait "effectué en France deux peines de prison de deux ans chacune, qu'il avait purgées". "Il est sorti (de prison) il y a trois ans, de sa dernière condamnation", a-t-elle ajouté.

Avant l'attaque de mardi, le fuyard était déjà recherché dans une affaire de vol à main armée avec "sa bande de malfrats" en août 2018 "qui aurait mal tourné", avec une tentative d'homicide, selon une source proche. Il devait pour cette affaire être interpellé mardi matin par les gendarmes et les fonctionnaires de la DGSI mais l'homme n'était pas chez lui. Une grenade et un pistolet ont été retrouvés à son domicile.

L'auteur de l'attaque a aussi été incarcéré en Allemagne en 2016 pour cambriolages, ont indiqué mercredi les autorités allemandes. Il a été condamné à "2 ans et 3 mois de prison en 2016 pour cambriolages", a précisé à l'AFP un porte-parole du ministère de l'Intérieur de la région de Bade-Wurtemberg où l'intéressé avait sévi. Il a purgé un peu plus d'un an en Allemagne avant d'être expulsé en France, a-t-il ajouté. Selon le journal Tagesspiegel, il avait cambriolé un cabinet dentaire à Mayence en 2012, où il avait notamment dérobé de l'argent liquide et des dents en or.

Quatre ans plus tard, il s'en était pris à une pharmacie à Engen, près du lac de Constance. En Allemagne, les autorités allemandes ont renforcé leurs contrôles le long du Rhin, a indiqué le porte-parole.
Mercredi 12 Décembre 2018 - 12:46

Atlasinfo (avec afp)




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