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Le Maroc souligne à Addis-Abeba l'impératif de mettre en adéquation les conclusions des négociations de l’OMC avec les priorités économiques de l’Afrique


Lundi 18 Septembre 2017 modifié le Mardi 19 Septembre 2017 - 13:00




Le Maroc souligne à Addis-Abeba l'impératif de mettre en adéquation les conclusions des négociations de l’OMC avec les priorités économiques de l’Afrique
Le Maroc a mis l’accent, lundi à Addis-Abeba, sur la nécessité de mettre en adéquation les conclusions des négociations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) avec les priorités économiques de l’Afrique en vue de s’emparer d'une plus grande part de marché dans le commerce international.

"Dans un contexte de divergence de points de vue, nous pensons qu'il est nécessaire de mettre en adéquation les résultats futurs des négociations avec les priorités économiques de l'Afrique et les mandats de l'OMC, en vue de promouvoir les échanges commerciaux", a affirmé, au siège de l’Union africaine (UA), Mme Rkia Derham, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l'Industrie, de l'investissement, du Commerce et de l'économie numérique, chargée du commerce extérieur.

Dans un exposé détaillé présenté devant la réunion informelle des ministres du commerce de l'UA, la Secrétaire d’Etat a affirmé que les pays africains doivent être guidés par l’Agenda 2063 intitulé "L’Afrique que nous voulons", afin de contribuer à la réalisation des aspirations du continent à la transformation structurelle, à l'industrialisation et à la diversification des économies des pays africains.

"Nous croyons que nos pays ont besoin d'une structure de transformation et une stratégie commune pour une croissance inclusive qui répond véritablement au développement durable de la région", a-t-elle lancé.

Au sujet des négociations de l’OMC, Mme Derham a relevé que celles-ci ont été marquées par un «ralentissement» et une «incertitude» ainsi que par des «blocages récurrents», depuis le début de l'année, estimant que «cela pourrait être en partie attribué à un rapport de force entre les partisans d’une mise à jour des disciplines de l'organisation et ceux qui sont attachés à l'esprit du mandat de Doha, y compris notre Groupe africain».

Pour la Secrétaire d’Etat, l’adoption d’une position commune du Groupe africain pour la Conférence ministérielle de l’OMC, prévue en décembre prochain à Buenos Aires (MC11), "devrait être dictée par les recommandations convenues lors de notre réunion informelle des ministres du Commerce de l'Union africaine, tenue en novembre 2016 à Addis-Abeba et lors de la dernière retraite du Groupe africain en juillet dernier à Genève».

Ces recommandations portent sur les principaux éléments de la position du groupe africain lors des négociations et soulignent la priorité devant être accordée aux questions relevant du Programme de Doha pour le développement.

Exposant la position du Maroc au sujet des principales disciplines objet des négociations commerciales dans le cadre du cycle de Doha, la Secrétaire d’Etat a focalisé son intervention sur cinq secteurs clés à savoir l’agriculture, la pêche maritime, le commerce des services, le e-commerce, et les micro, petites et moyennes entreprises (MPME).

Concernant l'agriculture, en tant que pilier de la plupart des économies africaines, Mme Derham a indiqué qu'il est impératif que les négociations multilatérales sur l'agriculture tiennent compte de tous les efforts déployés par les pays en développement et les Pays les moins avancés (PMA) pour asseoir une agriculture productive.

Pour le Maroc, il faut poursuivre les négociations et maintenir le Rev.4 comme document de base pour tous les segments de l'agriculture, a-t-elle souligné. «Nous croyons qu'il est important de réduire ou même d'éliminer le soutien interne à l'agriculture et de corriger les déséquilibres systémiques dans le domaine agricole», a-t-elle dit.

Sur la question des subventions accordées au secteur des pêches, source cruciale de revenus et d'emplois, en particulier dans les pays en développement, la Secrétaire d'Etat a estimé que «le secteur de la pêche dans les pays en développement et les PMA est «sous-développé » et en grande partie artisanal et, par conséquent, il est nécessaire pour ces pays de garantir un espace politique nécessaire au développement futur de ce secteur».

Le Maroc, a-t-elle dit, estime que «les négociations sur le secteur de la pêche revêtent une importance primordiale compte tenu de l'importance de ce secteur dans l'économie nationale, notamment en ce qui concerne le développement régional et la création d'activités économiques génératrices d'emplois et de revenus dans les régions défavorisées».

Et de rappeler que le secteur de la pêche au Maroc bénéficie de nombreux programmes de soutien grâce à des subventions d'investissement pour l'achat ou la modernisation de navires et l'acquisition de filets de pêche et de subventions d'équipement et de fonctionnement, notant que l'Etat assume la responsabilité de la construction d'infrastructures dans les ports de pêche, dont certains devraient normalement être pris en charge par les opérateurs du secteur.


Mme Derham a aussi évoqué les questions non liées à l’Agenda de développement de Doha (DDA), notamment les volets relatifs à l’e-commerce, à la facilitation des investissements et aux MPME.

Pour le commerce électronique, elle a affirmé que «le Maroc, tout en reconnaissant le potentiel de ce secteur en Afrique, déplore «le manque d'infrastructures et d'expertises dans ce domaine, ainsi que l'ampleur de la fracture numérique dont pâtit le continent».

«Nous devons examiner plus en profondeur les propositions et présentations des pays membres de l'OMC afin de mieux comprendre les implications, les défis et les enjeux» inhérents à cette question, a-t-elle recommandé.

S'agissant de la facilitation des investissements, la secrétaire d'Etat chargée du Commerce extérieur a reconnu «l'absence d'un mandat pour négocier les modalités de cette question», appelant à explorer cette thématique lors des diverses réunions informelles.

Au sujet des MPME, la Secrétaire d’Etat a souligné qu’en l'absence d'un volet de négociations sur cette question, il est préférable de s’atteler avec plus d’attention sur ce segment économique afin d’adopter une position commune appropriée. «Nous devrons continuer à participer aux discussions sur les MPME afin de formuler un point de vue clair. Nous examinerons les diverses propositions faites par les membres de l'OMC afin de parvenir à une «position nationale» au sujet des MPME, a-t-elle indiqué.

Coorganisée par la Commission de l’UA et de l'Afrique du Sud, la Réunion informelle des ministres du commerce de l'UA a été organisée en prélude à la troisième mini conférence ministérielle prévue à Marrakech du 9 au 10 octobre prochain, et à la 11e Conférence ministérielle (MC11) de l’OMC, prévue en décembre prochain à Buenos Aires, en Argentine.

En plus des ministres africains du Commerce, la réunion informelle des ministres du Commerce de l'UA, qui se tient à huis clos sur une journée, a connu la participation notamment du Groupe des ambassadeurs africains à Genève (points focaux et coordonnateur), de la mission permanente de l'UA à Genève, des Hauts fonctionnaires du Commerce des Etats-membres, des experts et conseillers sur les questions de l'OMC, des représentants des Communautés économiques et du vice-président de la Commission de l'Union européenne.

La Réunion s’inscrit en droite ligne avec la décision prise lors de la 3è réunion des ministres du Commerce de l’Union africaine qui s’était tenue en juillet dernier à Niamey, au Niger, de tenir une «réunion spécifique» pour permettre à l’Afrique de se préparer «minutieusement» pour la onzième Conférence de l’OMC, en Argentine, et de parler d’une voix sur l’agriculture, les pêches, la facilitation du commerce et les questions nouvelles à l’instar du commerce électronique.

(Avec MAP)
Lundi 18 Septembre 2017 - 22:13





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