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La troupe belge "Les voyageurs sans bagages" au théâtre parisien "GPV" avec "L'être ou ne pas l'être", une parodie corrosive de Shakespeare


Lundi 5 Février 2018 modifié le Lundi 5 Février 2018 - 17:58

Fondée par des Belgo-marocains et un gréco-irlandais, la compagnie "Les voyageurs sans bagages » s’apprête à poser ses "valises", le 6 février 2018 au théâtre parisien "Le Grand Point Virgule" avec une parodie corrosive de Shakespeare à la sauce belge. "L’être ou ne pas l’être" est un "mélange de belgitude, de folie et d'humour absurde"; "Nous ne voulons surtout pas communautariser mais plutôt rassembler avec l'humour comme +arme de rapprochement massif+", nous dit Rachid Hirchi, l’un des fondateurs de la troupe qui vient de recevoir le Prix de "Molenbeekois de l'année" pour la culture.

Propos recueillis par Hasna Daoudi




La troupe belge "Les voyageurs sans bagages" au théâtre parisien "GPV" avec "L'être ou ne pas l'être", une parodie corrosive de Shakespeare
Le 6 février prochain, vous êtes au théâtre parisien "Au Grand Point Virgule" pour présenter "L'être ou ne pas l'être". Quel est l'objectif de la compagnie "Les voyageurs sans bagages » avec cette parodie des textes de William Shakespeare?

« L’être ou ne pas l’être » explore, avec fougue et humour, les textes shakespeariens en les faisant côtoyer des éléments de la pop culture. A travers les grands thèmes abordés, ce spectacle moderne veut démontrer l’intemporalité de l’œuvre de Shakespeare.
Nous voulions au départ faire découvrir Shakespeare au plus grand nombre et aux jeunes en particulier sans perdre l'essence des personnages. Comme nous aimons l'humour, c'était le meilleur moyen pour donner une porte d'entrée à l'univers plus vaste de l'auteur anglais. Et notre univers mélange de belgitude, de folie et d'humour absurde a fait le reste. Nous revendiquons la parodie, et le détournement mais avec une sincère envie de laisser un petit quelque chose de Shakespeare au spectateur à la sortie.


A travers cette parodie, la démarche de votre compagnie "Les voyeurs sans bagages" s'inscrit-elle dans un esprit d'ouverture et d'accès à la culture pour un public le plus large possible ?

Oui, tout à fait ! L'accès au théâtre pour le public des quartiers populaire est notre crédo depuis le début de notre aventure en 2010, mais toujours avec respect du public en termes de qualité et aussi avec une volonté de mélanger les gens dans la salle, quelle que soit l'origine ethnique, sociale ou autre. Nous ne voulons surtout pas communautariser mais plutôt rassembler avec l'humour comme "arme de rapprochement massif".
Par exemple, nous sommes fiers d'avoir reçu très récemment le Prix de "Molenbeekois de l'année" (pour la culture) en ayant proposé du Shakespeare, à notre sauce humoristique, bien-sûr, mais avec tout de même de long passage du dramaturge anglais, et sans rebuter un public a priori peu habitué à écouter les sonnets du grand William Shakespeare. Comme quoi, les préjugés peuvent être tenace alors qu'avec un peu d'imagination et d'ouverture les choses deviennent possibles.


.Le théâtre est-il un moyen pour transcender les préjugés et les discriminations ?

Il est clair que cela a été un vecteur pour pointer du doigt ces maux qui nous touchent encore aujourd'hui malgré le succès. Le premier spectacle La vie c'est comme un arbre, vient aussi de cette volonté de montrer la dynamique positive de cette immigration qui a si mauvaise presse depuis bien longtemps. Et c'est ce qui en a fait le succès car à la sortie de la salle, beaucoup de gens, d'une autre origine que marocaine, nous racontaient des souvenirs semblables d'un proche parent. Les Italiens, les Espagnols et beaucoup d'autres se rappelaient, avec émotion, leur compagnon de travail venus du Maroc et aussi des moments de partage et de solidarité avec ces Marocains qui était, tout simplement, des ouvriers, comme eux, ayant tout quitté pour aider leurs familles. Ce succès a permis aussi à beaucoup de jeune de se dire que c'était possible pour eux de monter sur scène, de raconter leurs histoires sans être obligé de jouer les méchants ou le terroriste.

Dans "La vie c'est comme un arbre", qui a été un immense succès, vous avez traité un sujet grave qu'est l'immigration par le rire, Peut-on rassembler et fédérer par le rire ?

Totalement ! Mais nous avons un peu "rusé" si j'ose dire en évitant de pointer qui que ce soit du doigt et surtout en ne rajoutant pas du pathos qui aurait fait fuir un public déjà "gavé" par les mauvaises nouvelles médiatiques. Les choses étaient dites mais par petites touches, subtilement, et avec drôlerie. Comme dit précédemment, nous avons partagé de longues discussions avec des Italiens, des Espagnoles…En fin de compte, nous n'avons raconté que des vies d’hommes et de femmes avec un parcours courageux et tellement universel !

Quel est votre prochain projet ?

Nous jouerons 9 représentations de L'être ou ne pas l'être, du 14 au 22 avril 2018, toujours au Grand Point Virgule. Nous espérons que le succès lui permettra de tourner plus longuement. En même temps, nous continuerons notre travail d'adaptation cinématographique de La vie c'est comme un arbre. Et pourquoi pas une reprise de cette pièce pour le public français !

Lundi 5 Février 2018 - 12:19





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