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La France rend hommage au gendarme Beltrame, "héros" de tout un pays


Mercredi 28 Mars 2018 modifié le Mercredi 28 Mars 2018 - 11:51




Inconnu il y a une semaine, le gendarme Arnaud Beltrame est célébré mercredi en héros par la France, qui lui rend un hommage national cinq jours après sa mort lors des attaques jihadistes dans le sud du pays.

Plusieurs centaines de personnes sont attendues aux Invalides, monument parisien qui abrite une nécropole militaire et la dépouille de Napoléon 1er, devenu lieu des hommages nationaux aux grands hommes et femmes, comme l'ancienne ministre Simone Weil en juillet dernier.

Le président Emmanuel Macron prononcera l'éloge funèbre de cet officier de 44 ans qui "a fait le don de sa vie pour protéger" ses concitoyens.

Le temps d'une matinée, cette cérémonie doit mettre entre parenthèses la polémique sur la politique antiterroriste du gouvernement qui n'a cessé d'enfler depuis que Radouane Lakdim, un petit délinquant radicalisé, a tué vendredi quatre personnes à Carcassonne et Trèbes.

Parallèlement, le lieutenant-colonel Beltrame a été promu au grade de colonel sur décision du président, selon le Journal officiel. Il est également cité à l'ordre de la Nation pour son "courage exemplaire" et sa "totale abnégation".

Des dirigeants de l'opposition comme Laurent Wauquiez (Les Républicains, droite) et Marine Le Pen (Front national, extrême droite) seront présents, aux côtés de l'ensemble du gouvernement et des anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Parmi les 400 personnes invitées figurent notamment les familles des victimes.

Le cercueil d'Arnaud Beltrame sera accompagné par 200 de ses frères d'armes, des compagnons qui l'ont croisé au cours de sa brillante carrière dans l'armée et la gendarmerie.

Avant de rejoindre les Invalides, le cortège funéraire stationnera un quart d'heure devant le Panthéon, la nécropole laïque des "grands hommes" français.

Témoignant de l'émotion nationale, la cérémonie sera retransmise en direct par de nombreuses chaînes de télévision.

Mardi soir, les gendarmes ont pu rendre un hommage intime à leur collègue dans une caserne parisienne où son cercueil avait été transporté après avoir quitté Carcassonne.

Arnaud Beltrame "se sentait intrinsèquement gendarme. Pour lui, être gendarme, ça veut dire protéger", a déclaré sa veuve Marielle à l'hebdomadaire chrétien La Vie. Sa décision de se livrer au jihadiste à la place d'une femme prise en otage a été "le geste d'un gendarme et le geste d'un chrétien", a-t-elle ajouté.

Le "sens du devoir"

Silhouette élancée et yeux clairs, Arnaud Beltrame était sorti major de son école militaire, avant de rejoindre une unité d'élite de parachutistes en Irak, puis de participer à la sécurité du palais présidentiel de l'Elysée et de commander une compagnie en Normandie.

Ses obsèques seront célébrées jeudi à Ferrals (sud), où il résidait avec son épouse. Les trois autres victimes - Hervé Sosna, Jean Mazières et Christian Medves - seront également inhumées jeudi.

Depuis sa mort, Arnaud Beltrame symbolise pour la presse et les dirigeants politiques le "sens du devoir", la "bravoure", le "courage" et "l'héroïsme", et certaines municipalités ont déjà donné son nom à une rue ou un lieu public.

Mais s'il fait l'unanimité, ce n'est pas le cas de la politique gouvernementale de lutte contre l'islamisme radical et de suivi des plus extrémistes, vivement critiquée par la droite et l'extrême droite.

M. Wauquiez a dénoncé lundi la "coupable naïveté" d'Emmanuel Macron et réclamé le rétablissement de l'état d'urgence et l'expulsion des étrangers fichés "S" (pour "sûreté de l'Etat").

"Il n'y a pas pire instrumentalisation que de se cacher derrière un héros pour échapper à sa propre incompétence et à sa propre lâcheté. (...) Il n'y a pas pire mépris à l'égard des victimes que de ne rien vouloir changer", a accusé de son côté Mme Le Pen.

Le Premier ministre Edouard Philippe leur a répondu en disant se "méfier des réponses juridiques rapides". Il existe déjà "un arsenal juridique (...) pour comprendre, suivre, sanctionner", a-t-il souligné.

Tué vendredi lors de l'assaut de l'unité d'élite de la gendarmerie, Radouane Lakdim était fiché "S" depuis 2014 et inscrit depuis novembre 2015 au Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste.

Mercredi 28 Mars 2018 - 11:30





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