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L'opposant mauritanien Ould Bouamatou lance un appel solennel à la "résistance contre la tyrannie" du régime


Jeudi 30 Août 2018 modifié le Vendredi 31 Août 2018 - 16:10

Opposant au président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, l'homme d’affaires, Mohamed Ould Bouamatou, vient de lancer un appel solennel à la « désobéissance civile » et à « la résistance contre la tyrannie » du régime.

par Atlasinfo




« Voilà dix ans que notre peuple souffre sous une dictature brutale et impitoyable. Voilà dix ans que la Mauritanie est prise en otage par un rebelle qui s’est emparé du pays par un coup de force militaire pour installer un pouvoir personnel sans partage et faire main basse sur les biens de l’Etat et les ressources de la Nation », annonce d’emblée l’ex-allié du chef de l’Etat mauritanien dans un manifeste de trois pages rendu public le 28 août.

Après des années d’exil forcé et une opposition feutrée et discrète, Mohamed Oud Bouamatou est passé à une opposition frontale au président Mohamad Ould Abdel Aziz et à sa tentation de modifier le texte de la Constitution qui lui interdit de briguer un troisième mandat.

Bien qu'il se soit engagé à maintes reprises à ne pas tenter de modifier la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels, le chef de l'Etat n'est pas parvenu à apaiser les soupçons de l'opposition, alimentés par les déclarations publiques de ses ministres et de ses partisans.

« Aujourd’hui, alors qu’il est à quelques mois de la fin de son second mandat, le tyran veut, coûte que coûte, modifier le texte de la Constitution qui lui interdit de briguer un troisième mandat. Tourmenté par la hantise de quitter le pouvoir et pris de panique à l’idée de devoir rendre compte de ses méfaits, il n’hésite pas à diriger personnellement, au mépris de la Constitution, la campagne électorale du parti fantoche qu’il a créé. Sillonnant le pays avec les moyens de l’Etat, il s’emploie à menacer et intimider les hommes politiques et les citoyens afin de les contraindre à voter pour la perpétuation de la dictature », fustige-t-il.

Après avoir dénoncé les multiples et graves atteintes aux droits de l’homme, l’opposant mauritanien condamne aussi la corruption et la gabegie qui gangrènent le pays. « Toute notre économie est mise au service d’un dictateur et d’une poignée d’individus autour de lui, qui sucent le sang du peuple comme des sangsues. »

« Voilà dix ans que le secteur privé et les banques sont soumis à un racket permanent du régime et font l’objet d’un chantage éhonté. Quand ils financent les frasques du régime, il font preuve d’« acte de patriotisme » et quand ils financent l’opposition, ils sont accusés de corruption et de haute trahison. Le terrorisme d’Etat que le régime exerce sur les citoyens est pire que le terrorisme qui sévit contre les populations dans la région du Sahel », s’insurge-t-il.

Bien décidé à affronter le président et néanmoins cousin du président mauritanien, Mohamed Ould Bouamatou appelle les Mauritaniens à taire leurs différences et unir leurs forces pour faire face au péril qui menace l'avenir de leur pays.

L'homme d'affaires, dont les avoirs bancaires ont été saisis ces derniers jours et placés dans des institutions financières appartenant à l’État de Mauritanie, se dit « continuellement menacé » mais déterminé à se battre jusqu’au bout pour la réalisation de son rêve, celui de voir son pays devenir un Etat de droit.

« A tous les Mauritaniens, aux femmes et aux jeunes de Mauritanie, je lance un appel pour cesser toute forme d’activité ou de commerce avec le dictateur et ses acolytes (…) Pour ma part, je m’engage, pour le restant de mes jours, à lutter inlassablement pour l’avènement d’une Mauritanie libre et démocratique (…), une Mauritanie qui vit dans « la justice à l’intérieur et la paix avec l’extérieur » et notamment les pays voisin », écrit-il.

Cet appel intervient à la veille d’un test électoral crucial (législatives, régionales et municipales), prévu début septembre. Un nombre record de 98 partis politiques participe à ces élections auxquelles sont appelés plus de 1,4 million d'inscrits. Malgré les appels de l'opposition, le scrutin, dont les premiers résultats sont attendus en début de semaine prochaine, se déroulera en l'absence d'observateurs internationaux.

Amnesty International a dénoncé récemment les "arrestations et détentions" de deux opposants et militants antiesclavagistes, estimant qu'il s'agissait des "pires signaux d'intimidation, de harcèlement et de répression par les autorités mauritaniennes des voix dissidentes" .

Jeudi 30 Août 2018 - 15:33





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