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L'UE inflige des sanctions à l'Iran après des meurtres sur le sol européen


Mercredi 9 Janvier 2019 modifié le Mercredi 9 Janvier 2019 - 20:13




L'Union européenne a imposé mardi des sanctions aux services iraniens de renseignement et à deux de leurs responsables accusés d'être impliqués dans une série de meurtres et de complots ayant visé des dissidents aux Pays-Bas, au Danemark et en France.

Prise à l'unanimité des Etats membres, cette décision intervient alors que La Haye a accusé pour la première fois mardi Téhéran d'être impliqué dans le meurtre de deux dissidents sur le sol néerlandais en 2015 et en 2017, ce qui avait conduit à l'expulsion de deux diplomates iraniens.

Les sanctions sont prises à l'encontre de la "Direction pour la sécurité intérieure" du renseignement iranien et de deux responsables de cette division, dont son chef Saeid Hashemi Moghadam, a indiqué le ministère danois des Affaires étrangères dans un communiqué.

Cela signifie que leurs éventuels actifs dans l'UE ont été gelés.

Sur la base d'informations émanant des services de renseignement de plusieurs pays européens, l'UE estime qu'il est probable que l'Iran ait été impliqué dans des meurtres et des complots sur le territoire européen.

"Il est très encourageant de constater que l'UE vient de convenir de nouvelles sanctions ciblées contre l'Iran en réponse à des activités hostiles et à des complots planifiés et perpétrés en Europe, y compris au Danemark", a réagi dans un tweet le Premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen.

"L'UE reste unie -de telles actions sont inacceptables et doivent avoir des conséquences", a-t-il ajouté.

Le Danemark a accusé en octobre l'Iran d'avoir préparé un "attentat" contre trois Iraniens résidant dans le pays scandinave, membres présumés du Mouvement arabe de lutte pour la libération d'Ahvaz, tenu en partie responsable par Téhéran d'un attentat meurtrier dans le sud-ouest du pays.

Depuis, Copenhague a cherché le soutien de ses alliés européens sur des sanctions communes tout en défendant l'accord international sur le nucléaire avec Téhéran.



Le ministère français des Affaires étrangères s'est félicité des mesures prises mardi par Bruxelles, jugeant les services de renseignement iraniens "responsables" de l'organisation du projet d'attentat déjoué le 30 juin 2018 à Villepinte, au nord de Paris, contre un rassemblement des Moudjahidine du peuple (MEK), opposition iranienne.

Le Conseil national de la résistance iranienne, entité proche des Moudjahidine du peuple, a salué "un pas positif et nécessaire", mais a mis en garde: "Le temps est venu que l'Union européenne adopte une position ferme et vigoureuse contre ces agissements criminels, en procédant notamment à l'expulsion des agents iraniens sur le sol européen".

Les sanctions européennes traduisent "la solidarité des Etats membres" de l'UE et "leur détermination à agir de manière unie pour ne pas laisser sans réponse une action hostile et inacceptable perpétrée sur le sol européen", a indiqué pour sa part Agnès von der Mühll, porte-parole du Quai d'Orsay, dans un communiqué.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a salué l'initiative européenne, la qualifiant de "message clair du fait que le terrorisme ne sera pas toléré".

"Les Etats-Unis soutiennent avec vigueur les nouvelles sanctions et se tiennent aux côtés de nos alliés européens tandis que nous controns cette menace commune", a tweeté celui qui a fait de la pression sur l'Iran une priorité.

Lors de la proclamation des sanctions mardi, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, le Danemark et la Belgique ont fait part aux autorités iraniennes de leurs "sérieuses inquiétudes".

"Téhéran a été informé que toute implication dans de telles affaires est totalement inacceptable et doit cesser immédiatement", a fait savoir le gouvernement néerlandais, appelant l'Iran à "coopérer pleinement à la résolution des problèmes actuels et aux enquêtes criminelles".

Dans le cas contraire, des sanctions supplémentaires ne sont pas exclues, a-t-il prévenu.

"Les Européens, y compris le Danemark, les Pays-Bas et la France, abritent le MEK... ainsi que d'autres terroristes organisant le meurtre d'Iraniens innocents d'Europe", a réagi le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.



Toutefois, les mesures prises par l'UE mardi ne sont pas liées à l'accord nucléaire iranien, a souligné le gouvernement néerlandais.

L'engagement de la France et de ses partenaires européens en faveur du dialogue avec l'Iran et de la préservation de l'accord sur le nucléaire iranien n'est pas remis en cause, tant que Téhéran s'acquittera à cet égard de ses obligations, a abondé Paris.

"Néanmoins, l'Iran sera tenu pour responsable de toutes les questions qui touchent les intérêts de la sécurité européenne et internationale", a insisté La Haye.

Les services de renseignement néerlandais ont de "fortes indications" que Téhéran était derrière les meurtres de deux citoyens néerlandais d'origine iranienne à Almere (centre) en 2015 et à La Haye en 2017.

Les deux victimes étaient des opposants au régime iranien.

Sans en révéler les raisons, les Pays-Bas ont expulsé en juin deux employés de l'ambassade iranienne. Un "geste hostile et destructeur" aux yeux de Téhéran, qui a alors menacé La Haye de représailles.
Mercredi 9 Janvier 2019 - 07:45

afp




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