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L’Europe prise en étau entre Washington et Moscou


Vendredi 24 Mai 2019 modifié le Vendredi 24 Mai 2019 - 23:11

par Mustapha Tossa




Les européens élisent leurs parlementaires en 2019 dans un contexte très particuliers. L’Europe est à la fois prise en tenailles entre deux puissances majeures : les USA et la Russie, qui ont ouvertement inscrit dans leur agenda politique son affaiblissement. Chacun pour des raisons qui le concerne, Donald Trump et Vladimir Poutine. Le premier y voit un concurrent économique à dompter, le second un challenger sécuritaire à maitriser.

Washington d’abord. Depuis son arrivée à La Maison Blanche, Donald Trump avait annoncé une posture de défiance à l’égard de l’Union Européenne. Encore candidat, il avait applaudi bruyamment et de deux mains le Brexit, perçu depuis son bureau ovale comme une ablation de cette entité européenne qui participerait à la diviser et à l’affaiblir. Une Europe unie, forte qui parle d’une seule voix est de nature à contrecarrer ses plans pour réécrire les équilibres politiques et les nouveaux ressorts de l’économie mondiale qu’il a voulu au service exclusif de l’intérêt américain.

Dès les premiers mois de son mandat, il lance à destination du vieux continent une guerre commerciale et douanière qui obligera les pays européens à s’interroger à voix haute sur la pertinence de cette alliance historiquement stratégique entre américains et européens. En plus des échanges commerciaux, Donald Trump ouvrira le grand dossier de la défense commune que les deux partenaires entretiennent dans le cadre de l’alliance atlantique. Il ne prendra d’ailleurs pas de gants diplomatiques pour dire aux européens, en ciblant parfois l’Allemagne d’Angela Merkel qu’il va falloir passer à la caisse pour financer l’engagement américain à assurer la défense des intérêts européens. Et pour cela selon sa vision, cela devient une urgence économique et militaire pour les européens de consacrer un certain taux de leur produit intérieur brut aux questions de défense pour augmenter leurs cotisations au sein de l’OTAN. Ce langage teinté de menaces déplaira profondément au leadership européen qui y voit une forme de distanciation dans la nouvelle relation avec le pays de l’oncle Sam. Cette attitude de défiance de Trump à l’égard de l’Europe marquera les esprits et donnera une tonalité particulière à leurs relations.

De Moscou ensuite. La relation de Vladimir Poutine avec le flanc occidental du continent européen a toujours été marqué par une méfiance militaire. Engagés au sein de l’OTAN perçu par Moscou comme le bras armé de Washington, les européens ont toujours constitué pour les russes les bases avancés de la domination militaire américaine. L’intérêt stratégique des russes a depuis longtemps été de tenter de creuser les écarts entre européens et américains. La crise de l’Ukraine suite à la prise par la force de la Crimée donnera l’occasion à ces deux adversaires de s’unir dans un système de sanctions économiques imposé à Moscou pour l’obliger à enclencher la marche arrière. Vladimir Poutine a lui aussi un intérêt vital à affaiblir les pays de l’Union européenne.

Sa machine médiatique qui avait envahi les réseaux sociaux avait montré une sympathie excessive à l’égard de toute les forces qui appellent au démantèlent de l’union européenne sur le modèle du Brexit. Et dans cette approche, il ne fait aucune distinction entre l’extrême droite de Marine Le Pen dont une banque russe avait sauvé le parti de la faillite financière ou l’extrême gauche de Jean Luc Mélenchon dont les saillies contre la bureaucratie de Bruxelles se trouvent en bonne place dans l’exposition médiatique russe.

Ironie des circonstances, et Donald Trump considéré par beaucoup comme le parrain mondial du mouvement populiste et Vladimir Poutine perçu comme le grand défenseur des régimes autoritaires et militaires dans le monde ont un intérêt convergent à ce que les partis politiques qui prônent l’extrémisme puissent dominer la rampe européenne et emporter les scores les plus hauts dans ce scrutin européen. Leur stratégie est encouragée par les performances déjà réalisés par l’AFD en Allemagne qui avait fait rentrer des députés d’extrême droite au Bundestag, le parlement allemand, par le mouvement VOX en Espagne ou par l’alliance de la ligue et du mouvement cinq étoiles qui se sont accaparés du pouvoir en Italie et qui font de Matteo Salvini une des voix les plus tonitruante en Europe. Sans parler de l’Autriche et de la Hollande où les extrêmes ont pignon sur rue depuis des années et qui veulent profiter de ces élections Européennes pour transférer l’essai.


Vendredi 24 Mai 2019 - 12:46





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