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"Gaulois réfractaire au changement": une nouvelle pique de Macron fait polémique


Jeudi 30 Août 2018 modifié le Jeudi 30 Août 2018 - 23:06

"Le Gaulois réfractaire au changement": une nouvelle saillie du président français Emmanuel Macron, coutumier des propos polémiques, suscitait jeudi des réactions outrées face à cette "caricature" de son peuple faite par un président qui s'affiche en "réformateur".




Mercredi, en déplacement à Copenhague, M. Macron avait dit son admiration pour la "flexisécurité" à la danoise, inapplicable selon lui en France en raison des différences culturelles. "Ce peuple (danois, ndlr) luthérien, qui a vécu les transformations de ces dernières années, n'est pas exactement le Gaulois réfractaire au changement", a ajouté Emmanuel Macron, dont la volonté affichée de "transformer" la France s'est souvent heurtée à la rigidité supposée des Français.

Un tollé s'en est suivi.

"Il est quand même inadmissible d'entendre un président de la République critiquer, caricaturer les Français quand il est à l'étranger", a tancé jeudi Laurent Wauquiez, le président du parti Les Républicains (droite).

Face à la polémique, M. Macron a assuré qu'il s'agissait d'un "trait d'humour", disant son "amour" pour les "tribus gauloises", en référence aux habitants qui peuplaient l'actuelle France avant l'arrivée des Romains et supposés être les ancêtres des Français. "Ce n'est pas du mépris que de dire les choses, et la vérité", a insisté le chef de l'Etat : "Nous ne sommes pas un pays dont la culture est le consensus, les ajustements pas à pas", a-t-il ajouté, sans réussir à faire taire les critiques.

L'extrême droite a ainsi vu dans ces propos "condescendants" "une "opération de diversion pour faire oublier les difficultés" du chef de l'Etat, selon Nicolas Bay, membre du bureau exécutif du Rassemblement national (ex-Front national), citant notamment la démission fracassante du ministre de l'Ecologie Nicolas Hulot, et l'affaire Benalla, du nom de l'ex-collaborateur de M. Macron poursuivi pour violences.

La gauche radicale a elle qualifié les propos présidentiels de "très méprisants contre son propre peuple, mais aussi très ignorants sur les Gaulois qui étaient de formidables inventeurs", selon Alexis Corbière, député de La France insoumise.

Les syndicats, en pleine bataille contre les réformes tous azimuts du président Macron, ont eux assuré que les Français sont seulement "réfractaires" au changement quand il n'est pas celui qu'ils désirent.



"Il existe beaucoup d'irréductibles Gaulois attachés au modèle social, attachés au progrès social", a lancé Pascal Pavageau, le numéro un du syndicat modéré Force Ouvrière.

"On est réfractaire quand on nous impose des choses", avait déjà dit dès mercredi Philippe Louis, du syndicat CFTC. "A partir du moment où c'est dans la concertation, où on est écouté, où nos lignes rouges sont respectées, le changement est possible", a-t-il assuré, en référence aux critiques des syndicats sur ce qu'ils considèrent comme une absence de dialogue avec le président.

La dernière sortie de M. Macron est intervenue le jour où les syndicats entamaient des rencontres avec le Premier ministre Edouard Philippe pour discuter des réformes sensibles de l'automne: la retraite et l'assurance-chômage.

"Plutôt qu'une volonté de diversion, je suis convaincu que M. Macron traduit ici le fond de sa pensée", estime pour l'AFP Mathieu Chaigne, de l'institut de sondage BVA.

La nouvelle "macronade" de mercredi fait écho à celle de l'été 2017, également lors d'un déplacement à l'étranger, cette fois-là en Roumanie.

"La France n'est pas un pays réformable. Beaucoup ont essayé et n'y ont pas réussi, car les Français détestent les réformes", avait-il alors déclaré. En Grèce, en septembre 2017, Emmanuel Macron avait promis de ne rien céder, "ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes."

Un mois plus tard, cette fois-là en France, il avait répondu à un responsable qui évoquait les difficultés à recruter d'une entreprise: "Certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d'aller regarder s'ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas", avait dit le président en référence à des manifestants protestant contre leur licenciement de l'équipementier automobile GM&S.

En septembre 2014, alors qu'il venait d'être nommé ministre, il avait parlé des salariées "illettrées" d'un abattoir, après le licenciement de près de 800 personnes.
Jeudi 30 Août 2018 - 15:37

afp




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