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France: nouveau plan contre la radicalisation jihadiste, centré sur les prisons


Vendredi 23 Février 2018 modifié le Samedi 24 Février 2018 - 08:55

Le gouvernement français, qui avance encore à tâtons dans la lutte contre la radicalisation jihadiste trois ans après les attentats de janvier 2015, a présenté vendredi un nouveau plan prévoyant notamment la création de places de prison pour isoler les détenus radicalisés.




Ce "plan national de prévention de la radicalisation", promis en octobre par le président Emmanuel Macron, est au moins le troisième du genre (après ceux de 2014 et 2016). Il comprend 60 mesures et a été annoncé par le Premier ministre Edouard Philippe depuis Lille (nord), à l'issue d'un comité réunissant une dizaine de membres du gouvernement.

"Cette radicalisation islamiste menace notre société", a estimé M. Philippe.

Le principal volet, comme attendu, concerne les prisons: 1.500 places vont être créées "dans des quartiers étanches, exclusivement dévolus aux détenus radicalisés", dont 450 "d'ici la fin de l'année", a annoncé M. Philippe.

Sur près de 70.000 détenus en France, 512 personnes sont actuellement incarcérées pour des faits de terrorisme. Par ailleurs, 1.139 prisonniers de droit commun ont été identifiés comme "radicalisés".

Les quartiers d'évaluation de la radicalisation (QER), où la dangerosité des prisonniers est évaluée pendant plusieurs mois, passeront de trois à sept. Deux quartiers de prise en charge des personnes radicalisées (QPR) doivent être créés en 2018, sur le modèle de celui existant dans la prison de Lille-Annoeulin (nord).

Le plan acte également la création de trois nouveaux "centres de prise en charge individualisée" en milieu ouvert, qui s'inspirent d'un centre au Danemark. Ils concerneront principalement des personnes sous contrôle judiciaire, notamment des "revenants" des zones de combat jihadistes en Syrie et en Irak.

Le second volet principal du plan concerne l'éducation.


Le Premier ministre a affiché son soutien à une proposition de loi au Sénat qui va renforcer le contrôle sur les écoles hors contrat, qui n'accueillent que 74.000 élèves mais sont en forte progression. Leur régime de déclaration va être unifié et mis à jour.

L'éducation à l'information va également être "systématisée" afin de lutter contre le "complotisme".

Dans la lignée des décrets permettant d'écarter un militaire ou un fonctionnaire exerçant une activité sensible pour des motifs de radicalisation, Edouard Philippe a également annoncé le lancement d'une mission pour étudier les cas dans la Fonction publique en général.

"Nous devons envisager de pouvoir écarter de ses fonctions un agent en contact avec des publics sur lesquels il est susceptible d'avoir une influence, et dont le comportement porte atteinte aux obligations de neutralité, de respect du principe de laïcité, voire comporte des risques d'engagement dans un processus de radicalisation", a-t-il dit.

A l'occasion de l'annonce de ce plan, des chiffres officiels ont été publiés vendredi sur le nombre de personnes revenues en France depuis la zone jihadiste irako-syrienne. Un total de 323 personnes, dont 68 mineurs, en sont revenues.

La France est particulièrement concernée par les retours de ses citoyens: environ 1.700 personnes en sont parties pour rejoindre les zones jihadistes irako-syriennes à partir de 2014.

Sur place, en Irak et en Syrie, se trouvent toujours près de 680 adultes français et "plus de 500 enfants", dont seuls 53 ont plus de 13 ans, d'après ce comptage officiel.

Depuis plusieurs semaines est posée la question de l'avenir des dizaines de jihadistes français actuellement détenus dans des camps en Irak et en Syrie, avec plusieurs dizaines de mineurs.

Il y a dix jours, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a insisté, lors d'un déplacement à Bagdad, pour que les jihadistes français arrêtés en Irak y soient jugés, tout en rejetant catégoriquement la peine de mort, qui figure dans l'arsenal juridique de ce pays. La France a adopté la même position pour les jihadistes français arrêtés en Syrie. (afp)
Vendredi 23 Février 2018 - 14:49





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