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France: le projet de budget 2020 inquiète patronat et défenseurs de la rigueur budgétaire


Vendredi 27 Septembre 2019 modifié le Vendredi 27 Septembre 2019 - 23:18




Eric Woerth
Eric Woerth
Des baisses d'impôts pour les ménages, mais peu d'efforts sur le déficit et des entreprises mises à contribution: le projet de budget 2020 présenté vendredi en conseil des ministres suscite inquiétudes et critiques du patronat et des tenants de la rigueur.

La première salve est venue vendredi du président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale Eric Woerth (LR). Ce projet de loi de finances est "en 3 D: dette, déficit, dépenses", a-t-il asséné devant la presse.

"Le déficit est faible, c'est vrai, mais c'est la baisse du déficit la plus faible depuis 10-15 ans", a pointé M. Woerth, qui dénonce un "effort financier quasi nul" et une "croissance gâchée". "La dette publique stagne alors que dans les autres pays elle baisse" et les investissements sont bien trop faibles, a-t-il aussi accusé.

Le déficit public "reste nettement plus élevé que la moyenne de la zone euro", a pour sa part noté Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes et président du Haut conseil pour les finances publiques, auditionné par les députés vendredi.

"Malgré une certaine amélioration la situation de nos finances publiques reste fragile et laisserait peu de marges de manœuvre budgétaire dans l'hypothèse d'une accentuation du ralentissement économique", a-t-il prévenu.

Dans son projet de budget pour l'an prochain, le gouvernement a notamment prévu une baisse de plus de 9 milliards d'euros d'impôts pour les ménages, en particulier via la réduction de l'impôt sur le revenu.

En face de ces dépenses, le gouvernement a affiché quelques mesures d'économies, avec le maintien du gel des prestations sociales, la suppression de niches fiscales pour les entreprises ou encore une moindre baisse de l'impôt sur les sociétés.

Au total, avec une croissance qui va se tasser à 1,3%, le déficit se situera à 2,2% du PIB, contre 2% initialement prévu par le gouvernement, et 3,1% attendu cette année (du fait de l'impact de la transformation du CICE, crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, en baisses de charges). Surtout, le déficit structurel (hors éléments exceptionnels et évolution de la conjoncture) restera stable, et la dette publique va à peine baisser à 98,7% du PIB, après une hausse à 98,8% cette année.

- Crainte de faire "caler" la croissance -

En présentant le projet de budget jeudi soir à la presse, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a défendu ces choix: la crise des "gilets jaunes" et les inquiétudes sur l'économie mondiale "nous amènent à prendre des décisions qui favorisent l'investissement et la consommation", a-t-il expliqué.

Il a aussi rejeté les attaques sur un laxisme du gouvernement sur les finances publiques: "Nous aurons quand même en 2020 un des niveaux de déficit public les plus bas depuis 20 ans", a-t-il plaidé vendredi matin sur France 2.

Du côté des représentants du patronat, on s'inquiète des efforts demandés aux entreprises. Le Medef redoute ainsi que ce budget ne fasse "caler le moteur de la croissance", alors que la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine et le ralentissement de la croissance en Europe "auraient dû inciter le gouvernement à un plus grand volontarisme en activant les bons leviers de croissance".

Ce budget signifie "un arrêt de la politique de l'offre", menée par le gouvernement depuis plusieurs années pour favoriser les entreprises, a encore dénoncé le Medef, rejetant l'argumentaire du gouvernement.

Selon Bercy, les impôts des entreprises vont baisser de 1 milliard d'euros l'an prochain, notamment grâce à la baisse de l'impôt sur les sociétés, et de 13 milliards d'euros sur l'ensemble du quinquennat.

La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a quant à elle regretté certaines mesures du budget 2020 qui vont "renchérir les prélèvements sur les entreprises", comme la réduction dès juillet 2020 de la niche fiscale sur le gazole non routier, la diminution de 2 centimes par litre du remboursement de taxes sur le carburant (TICPE) accordé aux transporteurs routiers.
Vendredi 27 Septembre 2019 - 14:59





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