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France: le "logeur" des jihadistes du 13 novembre, Jawad Bendaoud, devant la justice


Lundi 22 Janvier 2018 modifié le Lundi 22 Janvier 2018 - 21:11

Le procès du logeur des terroristes du 13 novembre débute ce mercredi. Des traces de son ADN retrouvés sur un adhésif ayant servi à concevoir une ceinture d'explosifs pourraient faire basculer le procès.




Il s'agit du premier procès en lien avec les attentats du 13 novembre 2015 à Paris: Jawad Bendaoud, accusé d'avoir logé deux jihadistes dont l'un des cerveaux présumés des attaques, est jugé à partir de mercredi.

Cet homme de 31 ans comparaît pour "recel de malfaiteurs terroristes" devant le tribunal correctionnel de Paris. Il a fourni l'appartement où Abdelhamid Abaaoud et son complice Chakib Akrouh s'étaient repliés, à Saint-Denis, près du Stade de France, aux portes de Paris.

"Jawad", comme l'ont appelé des millions de Français, est devenu célèbre dans une France traumatisée après les attaques qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis. C'est "celui dont on a ri après avoir trop pleuré", a résumé son avocat Xavier Nogueras.

Le 18 novembre 2015, au petit matin, il était filmé à quelques dizaines de mètres d'un immeuble de Saint-Denis pris d'assaut par le Raid, l'unité d'élite de la police française. "Je n'étais pas au courant que c'était des terroristes", affirmait-il à la chaîne d'informations BFMTV, en racontant son appartement était celui visé par les policiers.

"On m'a dit d'héberger deux personnes pendant trois jours. J'ai rendu service", expliquait-il encore dans cette vidéo qui allait devenir virale et faire l'objet de multiples parodies.

Il a été interpellé devant les journalistes et inculpé six jours plus tard, notamment pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle en vue de commettre une action violente".



Au final, les juges d'instruction ont estimé que, s'il savait qu'il hébergeait certains auteurs des attentats parisiens, il n'avait pas connaissance de leur projet d'attaques futures. Abaaoud et son complice comptaient en effet se faire exploser, le 18 ou le 19 novembre 2015, dans le quartier de La Défense près de Paris, selon le procureur de la République de Paris, François Molins.

Que savait précisément Jawad Bendaoud? Cette question sera au centre du procès. Depuis son arrestation, le logeur présumé n'a cessé de clamer son innocence. "Je n'ai jamais parlé de ma vie avec un membre d'une cellule terroriste, je n'ai rien à voir avec les attentats ni de loin ni de près", écrivait-il aux magistrats en mars 2016, expliquant avoir "consommé de la coke et du shit en quantité" ce jour-là.

Depuis son arrestation, il a comparu à trois reprises devant le tribunal de Bobigny, en banlieue parisienne: pour avoir mis le feu à sa cellule, pour trafic de cocaïne et pour avoir insulté et menacé de mort des policiers. Les audiences ont été agitées, Jawad Bendaoud, à bout de nerf, laissant éclater sa colère au tribunal.

Le 30 octobre, il a été expulsé d'une audience de procédure devant le tribunal de Paris. "C'est moi la victime!", a-t-il protesté. "Ca fait deux ans que je suis incarcéré pour rien du tout, vous avez fait de moi un coupable, j'étais au courant de rien!"

Jawad Bendaoud, un délinquant multirécidiviste, encourt six ans de prison. Il avait déjà purgé huit ans de prison, notamment pour coups mortels, avant les attentats du 13 novembre.

Un de ses proches, Mohamed Soumah, lui aussi en détention provisoire, et Youssef Aïtboulahcen - un frère d'Hasna Aïtboulahcen, décédée lors de l'assaut policier du 18 novembre 2015 contre l'appartement -, sous contrôle judiciaire, seront jugés à ses côtés.

Les juges d'instruction ont renvoyé le premier devant le tribunal pour "recel de malfaiteurs terroristes" et le second pour "non dénonciation de crime terroriste".

Le procès doit durer trois semaines, jusqu'au 14 février. Cette durée s'explique notamment par le grand nombre de parties civiles attendues: 300 à 350, a indiqué le tribunal. Il y a parmi elles des victimes des attaques du 13 novembre, mais aussi la ville de Saint-Denis qui veut obtenir réparation du préjudice financier et moral. (afp)



Lundi 22 Janvier 2018 - 14:07






1.Posté par solange le 23/01/2018 12:50 | Alerter
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J'espère qu'on le condamnera comme il le mérite.

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