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France: Macron "entend les inquiétudes" mais va continuer à réformer


Jeudi 12 Avril 2018 modifié le Vendredi 13 Avril 2018 - 08:38




Emmanuel Macron a assuré jeudi qu'il entendait "les inquiétudes", notamment des seniors et des ruraux, tout en affichant sa volonté de poursuivre "avec la même force" les réformes en France malgré les contestations et les grèves.

Dans une interview à la chaîne TF1, le président français a également déclaré que la France avait "la preuve" que le régime syrien avait utilisé des armes chimiques le 7 avril près de Damas, et qu'il prendrait ses décisions en "temps voulu", en coordination avec les Etats-Unis, sur d'éventuelles frappes en représailles.

M. Macron s'est ensuite rapidement tourné vers des sujets français, qui ne manquent pas en ce moment alors que les grèves se succèdent face aux réformes qu'il cherche à impulser.

"Oui, on doit aller jusqu'au bout", a-t-il déclaré en parlant publiquement pour la première fois de la réforme de l'opérateur public du rail SNCF qui a déclenché une longue grève des cheminots.

Sur tous les dossiers sensibles, Emmanuel Macron a justifié et défendu les décisions prises par le gouvernement, de la hausse de la CSG, un impôt participant au financement de la sécurité sociale, qui mécontente les retraités, à la limitation de la vitesse à 80 km/h, très impopulaire chez les automobilistes.

"Il y a des inquiétudes. Elles sont légitimes et je les entends", a-t-il assuré au journaliste Jean-Pierre Pernaut, qui l'a interrogé durant 1h10 pendant un journal télévisé délocalisé dans une école de Berd'huis, petit village du nord-ouest.

Mais "je vous demande de me faire confiance", a-t-il ajouté, en mettant en avant ses trois priorités: "libérer, protéger et unir".

- "Examen en chocolat" -
"Je ne vais pas trop vite dans mes réformes. C'est le monde qui va à toute allure. La France doit s'adapter à ce monde en mouvement", a souligné Emmanuel Macron, en rejetant l'étiquette de "président des riches" que lui accolent ses opposants de droite comme de gauche.

Interrogé sur la grève à la SNCF, Emmanuel Macron n'a rien cédé sur la réforme, qu'il a qualifiée d'"indispensable", tout en plaidant pour l'apaisement avec les cheminots qui ne doivent pas "avoir des craintes illégitimes". La SNCF restera "une entreprise publique à capitaux publics" avec "100% de capitaux d'Etat", a-t-il ainsi affirmé, rappelant que son grand-père avait lui-même été cheminot.

"Les professionnels du désordre doivent comprendre qu'on est dans un état d'ordre", a-t-il par ailleurs martelé en évoquant les troubles dans les universités. Il a appelé les étudiants à réviser car "il n'y aura pas d'examen en chocolat dans la République".

Il a également assumé la fermeté avec les opérations en cours pour évacuer le site de Notre-Dame-des-Landes (ouest), où "l'ordre républicain sera rétabli".

Cet entretien au format inédit était le premier volet d'une offensive médiatique destinée à marquer la fin de la première année du quinquennat. Il sera suivi d'une seconde interview dimanche soir de deux heures sur BFMTV, RMC et le site Mediapart.

Le choix du JT de TF1 n'était pas un hasard car ce rendez-vous quotidien suivi par 5,3 millions de téléspectateurs en moyenne est le plus regardé par les retraités, les employés et les habitants des campagnes. Autant de catégories auprès desquelles Emmanuel Macron a récemment décroché dans les sondages.

Parmi les premiers à réagir, le nouveau patron du Parti socialiste Olivier Faure a regretté sur BFMTV que, "quels que soient les reproches qui lui sont faits, le président n'entend pas changer quoi que ce soit".

Il "est venu dire aux Français qu’il avait raison sur tout" et qu'ils "ne comprenaient rien. Dans une salle de classe, il les a pris pour des enfants", a pour sa part commenté Bruno Retailleau (LR, droite).

Jeudi 12 Avril 2018 - 16:38

Atlasinfo (avec AFP)




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