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Enquête en France après le clip d'un rappeur appelant à "pendre les Blancs"


Mercredi 26 Septembre 2018 modifié le Vendredi 28 Septembre 2018 - 08:38

Le clip d'un rappeur méconnu en France, appelant à "pendre les Blancs", a provoqué mercredi un tollé et conduit à l'ouverture d'une enquête du parquet de Paris, même si son auteur assure avoir voulu envoyer "un message d'amour".




Le clip de plus de neuf minutes tourné en banlieue parisienne, à Noisy-Le-Grand, s'ouvre sur une scène dans laquelle le rappeur Nick Conrad allume un cigare en toute décontraction. En arrière-plan, un homme blanc pendu se balance au bout d'une corde, puis la chanson "PLB" commence. Dans une des séquences suivantes, Nick Conrad enfonce un revolver dans la bouche d'un Blanc séquestré dans un coffre de voiture, avant de lui tirer dessus.

Dans son texte, Conrad appelle notamment à tuer "des bébés blancs". "Attrapez-les vite et pendez leurs parents, écartelez-les pour passer le temps, divertir les enfants noirs de tout âge petits et grands", poursuit-il.

YouTube a annoncé avoir retiré la vidéo mais elle restait encore visible sur la plateforme en fin de journée, a constaté l'AFP.

Contacté par l'AFP, le service de streaming musical Deezer a dit avoir retiré le titre de son offre.

La violence des propos et des images a suscité de nombreuses condamnations au gouvernement et dans la classe politique.

"C'est totalement inadmissible des paroles comme cela. En plus, lorsqu'on est rappeur, on a des jeunes parmi ses auditeurs et donc, petit à petit, cela imprime les esprits et donc c'est comme cela qu'on aboutit ensuite aux pires perversions de notre société", a estimé le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

Sur Twitter, le ministre avait déjà dénoncé des "propos abjects" et des "attaques ignominieuses".

Paroles haineuses et écoeurantes

"Le gouvernement condamne avec la plus extrême fermeté les paroles haineuses et écoeurantes de @jazzconrad. Ceux qui les diffusent portent une lourde responsabilité et doivent réagir au plus vite", a tweeté le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

Le clip a également été dénoncé par Bruno Retailleau, le chef de file des sénateurs Les Républicains (LR, opposition de droite), ou encore par la présidente du Rassemblement national (RN, extrême droite) Marine Le Pen.

La maire de Noisy-Le-Grand Brigitte Marsigny (LR) a annoncé qu'elle portait plainte, s'emportant contre ce clip qu'elle assimile à un "appel au meurtre et à la haine raciale".

Dans l'après-midi, Nick Conrad s'est toutefois défendu d'appeler à la haine et de vouloir faire "le buzz". "J'ai décidé d'inverser le système de manière à ce que tout le monde, Blancs et Noirs, se rende compte de la situation qui nous marque tous", a-t-il dit à la radio RTL. "C'est un message d'amour en profondeur, plus qu'un message de haine".

La Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah, rattachée au Premier ministre) a affirmé avoir saisi le procureur de Paris pour "incitation à la haine raciale".

"L'appel au meurtre raciste du clip de Nick Conrad est abject et d'une violence inouïe. La liberté de création, ce n'est pas la liberté d'appeler à pendre des Blancs à raison de la couleur de leur peau", a de son côté réagi la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) qui dit, elle aussi, avoir "saisi la justice".

Les investigations déclenchées par le parquet ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). En vertu de l'article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, les faits sont passibles d'une peine maximale de cinq ans de prison et de 45.000 euros d'amende.
Mercredi 26 Septembre 2018 - 22:56

afp




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