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En Bretagne, Macron fait un premier bilan du grand débat avant de le clore en Corse


Mercredi 3 Avril 2019 modifié le Jeudi 4 Avril 2019 - 08:27

Emmanuel Macron a dressé mercredi un premier bilan positif du grand débat, auquel il répondra sans "reniement" ni "entêtement", en échangeant avec les élus de Bretagne, avant-dernière étape de son tour de France qu'il clôt jeudi par une visite très délicate en Corse.




Le chef de l'Etat est attendu mercredi soir sur l'île avant un ultime débat avec quelque 150 maires à Cozzano, une réunion qu'ont décidé de boycotter les responsables nationalistes.

A la place, ces derniers ont invité Emmanuel Macron à l'Assemblée de Corse, ce qu'il a refusé en se disant "disponible" à les rencontrer à Cozzano ou ultérieurement à Paris, selon l'Elysée.

L'atmosphère était bien plus consensuelle au centre des Congrès de Saint-Brieuc où le président a échangé durant trois heures avec plus de 600 élus ceints de l'écharpe tricolore, réunis pour les "Premières Assises des maires de Bretagne".

Emmanuel Macron s'est dit "fier" de leur engagement et, au delà, de celui des "1,5 million" de Français ayant participé au grand débat, "une expérience démocratique totalement inédite".

Deux mois et demi après l'avoir lancé et alors que l'opposition exprime fortement son impatience, le chef de l'Etat est désormais au pied du mur: il devra décider des suites à donner, après une synthèse des souhaits des Français qui sera présentée lundi au gouvernement. Il devrait intervenir vers la mi-avril pour de premières annonces mais pourrait aussi égrener des décisions jusqu'à l'été, selon son entourage.

"J'ai l'immense responsabilité d'y répondre et de le faire avec la conviction que ce peut être ni un reniement de ce qui a été fait depuis deux ans ni un entêtement", a souligné Emmanuel Macron.

"Le temps dans lequel nous entrons est pour moi celui de la redéfinition du projet national et européen", a-t-il ajouté.

S'exprimant avant lui, les élus de Bretagne, une région où il avait réalisé d'excellents scores à la présidentielle de 2017, ont surtout réclamé une réforme de l'Etat et de ses relations avec les collectivités.

Dominique Cap, président des maires de Bretagne, a appelé Emmanuel Macron à initier "un acte III de la décentralisation". "Laissez nous expérimenter ! Nous avons plein d'idées, faites nous confiance", a-t-il lancé, en lui proposant de faire de la Bretagne "un laboratoire" pour "simplifier le fonctionnement" du pays.

"Individualisme"

De nombreux élus ont vivement dénoncé l'action de l'administration, "vos services, monsieur le président, qu'on ne peut plus supporter !", a lancé une maire en s'adressant à Emmanuel Macron.

"Ce n'est pas mon administration mais la nôtre", lui a répondu le président, en regrettant que l'Etat soit souvent pris en grippe comme bouc-émissaire. Il s'est dit ouvert à "aller plus loin sur beaucoup de simplifications" et à une nouvelle "déconcentration" des services de l'Etat. Mais, a-t-il averti, cette décentralisation "ira avec des transferts de responsabilité", en particulier "la responsabilité démocratique qui va avec".

En concluant son intervention, Emmanuel Macron s'est dit "surpris" de l'absence dans le grand débat des thèmes du chômage, de l'international et du terrorisme. "Je vois un risque, c'est l'individualisme", a-t-il ajouté, en précisant qu'il n'y aura pas "66 millions de réponses".

Dans le centre de Saint-Brieuc, bouclé par les forces de l'ordre, près 300 manifestants se sont rassemblés dans le calme à l'appel de l'intersyndicale CGT-FO-FSU-Solidaires "contre la démolition de notre modèle". Quelque "gilets jaunes" étaient présents parmi eux.

Accompagné de plusieurs ministres et du président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, élu du Finistère, Emmanuel Macron visitera dans l'après-midi le centre névralgique de la cyberdéfense française, situé à Bruz, près de Rennes. Une branche de la défense qu'a renforcée la loi de programmation militaire, en plein développement des cyberattaques.

Tensions en Corse


Pour Emmanuel Macron, la deuxième visite en Corse s'annonce aussi délicate que la première, organisée en février 2018 pour les 20 ans de l'assassinat du préfet Claude Erignac.

Il a adopté un ton conciliant en se disant, dans une interview à Corse-Matin, "disponible et volontaire" pour débattre avec les élus insulaires. Mais leurs relations semblent pour l'heure tourner au dialogue de sourds. Outre le boycott de Cozzano par le président autonomiste du conseil exécutif Gilles Simeoni et l'indépendantiste Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse, un appel à "une île morte" jeudi de 12H00 à 18H00 a également été lancé par la coalition nationaliste Pe a Corsica.

Sur l'île, une série d'explosions ou de tentatives d'attentat ces derniers jours a fait monter la tension. L'île n'avait pas connu de telles actions violentes coordonnées depuis décembre 2012.

Les mesures de sécurité du président seront en conséquence: huit escadrons de gendarmerie ont débarqué en Corse, soit environ 400 hommes, selon une source proche du dispositif. Cozzano sera bouclé.
Mercredi 3 Avril 2019 - 15:22

afp




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