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Emmanuel Macron remanie son gouvernement et va trancher sur l'impôt


Mardi 4 Septembre 2018 modifié le Mercredi 5 Septembre 2018 - 12:42

Le président français Emmanuel Macron a remanié mardi son gouvernement pour compenser le départ de deux ministres populaires, et va prendre une décision sur une importante réforme fiscale pour tenter de conjurer une période de turbulences politiques qui dure depuis l'été.




Emmanuel Macron remanie son gouvernement et va trancher sur l'impôt
Secoué juste avant ses vacances par le scandale lié à son ancien garde du corps Alexandre Benalla, sous le feu constant de l'opposition, indécis face à une importante réforme fiscale, Emmanuel Macron a été contraint à remanier son équipe gouvernementale après le départ fracassant la semaine dernière de son populaire ministre de l'Environnement Nicolas Hulot.

Mardi matin, alors que les spéculations battaient leur plein sur l'ampleur du remaniement à attendre, une autre ministre très populaire, Laura Flessel, en charge des sports, a annoncé son départ du gouvernement.

Le président français a perdu dans l'affaire deux ministres issues de la société civile, emblèmes d'une nouvelle vague politique sur laquelle M. Macron surfait depuis son ascension vers le sommet de l'Etat.

Il remplace M. Hulot par un politicien chevronné, François de Rugy, qui était jusqu'ici président de l'Assemblée nationale. Aux sports, il a nommé l'ancienne nageuse Roxana Maracineanu.

M. de Rugy, ancien cadre du parti écologiste EELV, est un réformiste qui s'est rapproché du parti d'Emmanuel Macron.

"Le parcours de François de Rugy témoigne d'une certaine expérience des questions environnementales, mais nous doutons de sa capacité à réellement peser dans ce gouvernement", a réagi Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

D'autant que M. Hulot est parti du gouvernement déçu de se sentir isolé pour défendre l'écologie au sein de l'équipe gouvernementale.

"Dans l'élan de son élection, (Emmanuel Macron) avait su installer une ambition sur le terrain de l'écologie (...). Les actes qui ont suivi n'ont pas été à la hauteur des symboles. Mais il n'est pas trop tard pour y remédier", selon le journal catholique La Croix.

Ce rétrécissement vers un profil plus politique du gouvernement d'Emmanuel Macron survient alors que le président français traverse une période agitée venant brouiller l'image volontariste, décidée et réformatrice qu'il a endossée depuis son accession au pouvoir en 2017. Sa cote de confiance a dégringolé à 31% d'opinions positives, son plus bas niveau depuis son entrée en fonction en mai 2017, selon un sondage Ifop publié mardi.



Autre dossier à trancher mardi, celui de l'adoption, ou non, du prélèvement de l'impôt sur le revenu à la source.

Ces deux dossiers, remaniement et impôt à la source, marquent un défi pour le président, mettant à l'épreuve sa capacité à reprendre l'initiative dans une période de flottement.

"Seize mois après son arrivée au pouvoir, voilà Emmanuel Macron à la recherche de sa baraka", juge Nicolas Beytout dans le quotidien conservateur L'Opinion, tandis que le journal de gauche Libération s'interroge sur "Jupiter tonnant ou Jupiter vacillant?", dans une référence au surnom donné au président français.

Normalement, à partir du 1er janvier 2019, les Français devraient voir leur impôt sur le revenu prélevé directement sur leur rémunération, mais le doute s'est installé après une série d'informations contradictoires mettant en lumière plusieurs points sensibles: craintes d'un bug, hostilité des entreprises et des syndicats, peur d'un choc psychologique pour les contribuables qui verront leur salaire net diminuer sensiblement du fait du prélèvement.

La France est un des rares pays européens à ne pas utiliser le prélèvement à la source pour percevoir l'impôt sur le revenu.

Emmanuel Macron a "demandé des clarifications et identifié des améliorations possibles" au cours d'une réunion qui s'est tenue dans la matinée à l'Elysée avec le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin. Une décision est attendue "d'ici la fin de la journée".
Mardi 4 Septembre 2018 - 14:55

afp




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