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Elections en Israël: Netanyahu et Gantz au coude à coude, crient tous deux victoire


Mardi 9 Avril 2019 modifié le Mercredi 10 Avril 2019 - 10:02

Les listes de Benjamin Netanyahu et de son principal concurrent Benny Gantz sont au coude au coude mardi dans les sondages sortie des urnes après les législatives israéliennes, mais le Premier ministre sortant parait mieux placé pour former une coalition de gouvernement.




Elections en Israël: Netanyahu et Gantz au coude à coude, crient tous deux victoire
Ces données publiées par les trois grandes chaînes de télévision sont à prendre avec prudence, de tels sondages ayant été démentis par les résultats par le passé, lors des précédentes législatives de 2015 par exemple.

Preuve que la compétition reste ouverte, les rivaux ont tous deux revendiqué une victoire "claire".

Le Likoud (droite) de M. Netanyahu est crédité par ces sondages de 33 à 36 sièges, la liste de centre droit Bleu-blanc de M. Gantz de 36 ou 37 sièges. Mais le cumul des sièges des partis avec lesquels M. Netanyahu pourrait espérer former une coalition est nettement supérieur à celui de M. Gantz dans deux des sondages. Il est le même dans le troisième sondage.

L'un et l'autre restent loin de la majorité absolue (61 sur 120) et devront s'allier à d'autres formations pour gouverner.

"Le bloc de droite mené par le Likoud a remporté une victoire claire", a déclaré M. Netanyahu dans un communiqué. Il a indiqué qu'il se mettrait le soir même à la constitution d'un gouvernement "avec nos partenaires naturels".

"Nous avons gagné!", a entonné de son côté M. Gantz, "ces élections ont un vainqueur clair et un perdant clair".

Quelque 6,3 millions d'électeurs étaient appelés mardi à élire les 120 députés du Parlement et à décider si l'indétrônable Benjamin Netanyahu poursuivrait son long règne ou si l'heure du changement était venue avec le novice en politique Benny Gantz.



Une fois les résultats consolidés s'ouvrira dans les prochains jours une période d'intenses tractations en vue de former une coalition gouvernementale.

C'est au président Reuven Rivlin qu'il appartiendra, au vu des recommandations des partis représentés à la Knesset de désigner celui qu'il chargera d'essayer de former le gouvernement.

L'issue aura été incertaine jusqu'au bout, et environ deux heures avant l'échéance, M. Netanyahu battait encore frénétiquement le rappel de ses troupes, faisant état de "données" selon lesquelles la liste concurrente disposait de quatre sièges d'avance.

"Beaucoup d'électeurs du Likoud ne sont pas encore allés voter. Il est tard, mais pas trop tard...", tweetait-il. Plus tôt dans la journée, son équipe de campagne avait publié une vidéo de lui allant parler à des Israéliens en maillot de bain sur la plage de Netanya.

M. Gantz a lui aussi appelé jusqu'au bout à la mobilisation. "Personne ne part avant la fin, avant la dernière seconde. Nous devons gagner et nous pouvons gagner", avait-t-il lancé, haranguant de jeunes militants à son quartier général à Tel-Aviv.

Faute de faire apparaître des différences de programme significatives, le scrutin avait toutes les allures d'un référendum sur la personne de M. Netanyahu, Premier ministre depuis dix ans sans discontinuer, adoré des uns, détesté des autres.



Ronit Kampf, professeure d'université de 45 ans, a été parmi les premières à déposer son bulletin dans le quartier du Vieux Katamon à Jérusalem. Elle évoque la menace d'inculpation pour corruption pesant sur "Bibi".

"Cela fait trop longtemps que +Bibi+ est au pouvoir", dit-elle.

Au contraire, les Levinson, venus voter avec leurs trois enfants, aspirent tous deux à un gouvernement de droite, "capitaliste" et garant de leur sécurité. Elle a voté pour la Nouvelle droite (nationaliste), lui pour le Likoud.

M. Netanyahu, 69 ans, dont plus de 13 années au total passées au pouvoir, brigue un cinquième mandat.

Si le président Rivlin lui demandait de former le prochain gouvernement, il ravirait en juillet le record de longévité comme Premier ministre à l'historique David Ben Gourion.

Face à lui, M. Gantz, 59 ans, ancien parachutiste, ancien commandant d'une unité de forces spéciales et ancien chef d'état-major, est entré en politique il y a moins de six mois.

Fort de faits d'armes militaires rassurants dans un pays qui reste confronté à diverses menaces, il a fait campagne en promettant de mettre fin aux années de divisions et de corruption incarnées par M. Netanyahu.

Pour ce dernier, les choses se sont compliquées quand le procureur général a annoncé en février son intention de l'inculper pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires de dons reçus de la part de milliardaires, d'échanges de bons procédés entre gouvernants et patrons, et de tentatives de collusion avec la presse. M. Netanyahu clame son innocence.

Au cours d'une campagne acrimonieuse, il se sera prévalu de sa trempe d'homme fort, de ses réussites diplomatiques, de sa proximité avec le président Donald Trump ainsi que d'une croissance économique continue.

Comme en 2015, dans ce qui ressemble fort à un appel du pied à l'électorat de droite, M. Netanyahu a sorti de sa manche une surprise de dernière minute en se disant prêt, au mépris d'un large consensus international, à annexer les colonies israéliennes de Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis plus de cinquante ans par Israël.

Une telle annexion scellerait probablement le sort d'un Etat palestinien indépendant coexistant avec Israël, référence de l'ONU pour résoudre ce vieux conflit. Les Palestiniens, meurtris par les mesures défavorables de l'administration Trump, grand allié de M. Netanyahu, disent communément ne rien attendre de ces élections.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a cependant souhaité que le nouveau gouvernement israélien comprenne une chose: "la paix est dans notre intérêt, dans le leur et celui du monde entier".
Mardi 9 Avril 2019 - 23:09

afp




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