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Corse : ce qu'il faut retenir du discours d'Emmanuel Macron


Mercredi 7 Février 2018 modifié le Jeudi 8 Février 2018 - 20:56

Il s'est prononcé contre la « co-officialité » de la langue corse, déclarant que « dans la République, il y a une langue officielle, le français ».




Corse : ce qu'il faut retenir du discours d'Emmanuel Macron
Mercredi 7 février, à Bastia, Emmanuel Macron s'est prononcé contre la « co-officialité » de la langue corse, déclarant que « dans la République, il y a une langue officielle, le français » même si « le bilinguisme doit être pleinement reconnu ». « La langue corse doit être préservée et développée » et le « bilinguisme pleinement reconnu et accepté », mais « le bilinguisme, ce n'est pas la co-officialité », a précisé le chef de l'État, prévenant qu'il n'accepterait « jamais de réserver à celui qui parle corse tel ou tel emploi ». « La défense légitime de la langue corse » ne doit pas « relever d'une logique de l'entre-soi, qui pourrait mener à une fermeture du marché du travail », a-t-il insisté. Répondant à l'une des demandes des élus de l'île, il s'est cependant dit « tout à fait favorable à ce que l'on puisse faire figurer comme compétence » dans une offre d'emploi « le fait de parler la langue corse », « ce que certains font déjà ».

Le bilinguisme « est la reconnaissance de la diversité », mais « n'est pas une nouvelle frontière dans la République, la division de la Nation et du peuple français », a-t-il poursuivi, soulignant que la langue corse est « la langue régionale la plus soutenue en France » avec 34 000 élèves dès le primaire ou dans des classes bilangues. « Je sais que les attentes sont fortes, je veillerai à ce que les engagements de l'État soient respectés » dans ce domaine, a-t-il promis. La langue française « a été le premier sédiment » de la France. « Il est indispensable que nous gardions ce qui nous a fait », a-t-il conclu.

Mettre fin aux « situations ubuesques »

Le président Emmanuel Macron a promis mercredi à Bastia de simplifier la réglementation pour mettre fin aux « situations ubuesques » liées à la loi littoral en Corse. « La priorité doit porter sur la protection des littoraux et des montagnes. Pour cela, nous mettrons fin aux situations ubuesques », a expliqué le chef de l'État citant la maire de Piana, Pascaline Castellani, lors d'un discours devant les élus corses à Bastia. Il a cité des situations d'« application totale » de la loi littoral et la loi montagne « parfois sur le même terrain ». « Je vous donnerai la possibilité d'adapter ces réglementations pour qu'elles soient plus intelligentes », a assuré Emmanuel Macron, estimant que « c'est cela aussi prendre en compte cette spécificité » corse.

« Il n'y a pas de finances magiques »

Emmanuel Macron a prévenu que si « des formes de fiscalité locale » pouvaient être développées en Corse, elles s'accompagneraient de « baisses de dotation parallèles », assurant qu'« il n'y a pas de finances magiques ». « Comment souhaiter une autonomie fiscale et en même temps demander encore plus à la solidarité nationale ? Comment vouloir que la ressource fiscale soit affectée à un territoire et demander la solidarité nationale pour la dotation ? Ça n'existe pas », a déclaré le chef de l'État dans un long discours devant les élus corses à Bastia. « Je ne connais pas de finances magiques. Il n'y a pas de République magique non plus », a-t-il ajouté, appelant à être « collectivement conséquents ». « Si des formes de fiscalité locale peuvent être imaginées, elles iront avec des baisses de dotation parallèles », a-t-il résumé. Si « le produit des impôts prélevés en Corse » restait en Corse, il serait impossible de « ne pas garantir la même chose aux autres régions », a expliqué Emmanuel Macron.

À propos de la demande des indépendantistes d'une refonte globale du système fiscal dans l'île, le président a annoncé qu'« une liberté pourrait être donnée de mettre en œuvre de nouvelles taxes locales dans le cadre de l'évolution institutionnelle que j'appelle de mes vœux ». « Mais là aussi, nous devons collectivement être lucides et je me dois d'être clair : plus il y aura de fiscalité transférée, moins il y aura de dotation », a-t-il insisté. « Être autonome, c'est assumer ce choix », a-t-il poursuivi. (afp)
Mercredi 7 Février 2018 - 18:13





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