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Bolsonaro conditionne l'aide du G7 au retrait des "insultes" de Macron


Mardi 27 Août 2019 modifié le Mercredi 28 Août 2019 - 10:54

Le président brésilien Jair Bolsonaro a conditionné mardi une aide du G7 contre les incendies en Amazonie au "retrait de (ses) insultes" par son homologue français Emmanuel Macron, tandis que les feux progressaient malgré l'intervention de l'armée.




M. Bolsonaro a pris le parti de l'escalade dans la violente polémique entre le Brésil et la France, alors que les incendies ont provoqué une indignation internationale et menacent un accord de libre-échange UE-Mercosur négocié depuis 20 ans.

Il a toutefois reçu le "soutien sans réserve" de Donald Trump. "Il travaille très dur sur les feux en Amazonie et, à tous égards, fait un très bon boulot pour le peuple brésilien", a assuré le président américain.

Le président brésilien a promptement réagi, lui aussi sur Twitter. "Merci président Donald Trump. Nous combattons les feux de forêt avec beaucoup de succès. Le Brésil est et sera toujours une référence internationale en matière de développement durable. La campagne de désinformation à l'encontre de notre souveraineté ne va pas fonctionner", a-t-il écrit, ponctuant son message d'un pouce levé.

Peu avant Jair Bolsonaro apostrophait Emmanuel Macron. "Monsieur Macron doit retirer les insultes qu'il a proférées contre ma personne", a-t-il lancé à quelques journalistes, au sujet des accusations de son homologue selon lesquelles il avait "menti" sur ses engagements environnementaux.

"D'abord il m'a traité de menteur et ensuite, d'après mes informations, il a dit que notre souveraineté sur l'Amazonie était une question ouverte", a dit Jair Bolsonaro avant de rencontrer les neuf gouverneurs d'Etats d'Amazonie.

Pour cet ex-capitaine de l'armée et climatosceptique assumé, la souveraineté du Brésil sur ses 60 % d'Amazonie, qu'il appelle "notre Amazonie", n'est pas négociable. Les gouverneurs ont soutenu mardi le président sur la question de la souveraineté, tout en réclamant l'aide internationale pour l'Amazonie.

Au dernier jour du sommet du G7 de Biarritz (sud-ouest de la France), Emmanuel Macron s'était interrogé sur l'opportunité de conférer un statut international à la forêt amazonienne, au cas où les dirigeants de la région prennent des décisions nuisibles pour la planète.

"Avant de discuter et d'accepter quoi que ce soit de la France" M. Macron "doit retirer ses paroles", a insisté le président brésilien.

Interrogée sur ces déclarations, la présidence française n'a pas commenté.

Lundi soir, Brasilia avait rejeté les 20 millions de dollars proposée par le G7 pour combattre les incendies, en conseillant au président français de s'occuper "de sa maison et de ses colonies".

"Nous remercions (le G7), mais ces moyens seront peut-être plus pertinents pour la reforestation de l'Europe", avait lancé le chef de cabinet, Onyx Lorenzoni, raillant Paris pour ne pas avoir empêché, en avril, l'"incendie prévisible" de la cathédrale Notre-Dame, "patrimoine de l'humanité".

"Question familiale"

Mardi, le général Augusto Heleno, important membre du gouvernement en tant que chef des services de sécurité, a tancé cette "France qui n'a de leçon à donner à personne" car "partout où (les Français) sont passés, ils ont laissé une traînée de destruction, de confusion et de misère".

Lundi M. Macron avait qualifié de "propos extraordinairement irrespectueux à l'égard de (son) épouse" un commentaire de Jair Bolsonaro à un post sur Facebook.

Interrogé mardi, M. Bolsonaro a confirmé avoir mis lui-même le commentaire endossant ce post qui montrait Brigitte Macron sur une photo très désavantageuse. Mais il a refusé d'aborder une "question familiale" et a menacé de couper court à sa rencontre avec les journalistes s'"ils insistaient".

L'écrivain brésilien Paulo Coelho a demandé pardon à la France après les attaques de Jair Bolsonaro, comme de nombreux internautes au Brésil, qui exprimaient leur honte, sous le mot-clé #DisculpaBrigitte (Pardon, Brigitte). "Pardonnez-moi, pardonnez-moi mille fois", a-t-il dit dans une vidéo sur Twitter.

"Jair Bolsonaro a la mentalité d'un pré-adolescent imbécile et totalement immature", écrivait un internaute sur @l3l3ck4, "il n'a aucunement la posture d'un chef d'Etat. J'éprouve une honte énorme".

"Nous voudrions une Première dame comme vous: élégante, intelligente et qui fasse réellement quelque chose d'utile pour son pays", écrivait @4fraquejada. "Mais nous avons l'épouse-trophée d'un vieil idiot qui ne sait pas tenir sa langue".

Toutefois le président d'extrême droite bénéficiait dans ses empoignades avec Paris du soutien inconditionnel de la sphère bolsonariste.

Difficultés respiratoires

Sur le terrain, les nouveaux départs de feu ont encore progressé lundi, apportant un démenti à l'affirmation de Jair Bolsonaro à Donald Trump.

Quelque 1.659 nouveaux départs de feu ont été recensés au Brésil par l'Institut national de recherche spatiale (INPE) en 24 heures, plus de la moitié en Amazonie.

A Porto Velho, capitale de l'Etat amazonien de Rondônia, un peu de pluie a allégé l'atmosphère très lourde ces derniers jours des fumées, qui ont conduit de nombreux habitants à consulter pour difficultés respiratoires.

Près de 2.500 hommes et une quinzaine d'avions, dont deux bombardiers d'eau C-130 Hercules étaient mobilisés en Amazonie contre ces feux touchant aussi gravement la Bolivie frontalière du président Evo Morales.

Ce dernier a salué mardi l'aide d'urgence de 20 millions de dollars du G7, tout en qualifiant la contribution de "toute petite".
Mardi 27 Août 2019 - 22:09

Atlasinfo (Source afp)




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