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Au Maroc, le retour du service militaire peine à mobiliser les partis


Jeudi 6 Septembre 2018 modifié le Jeudi 6 Septembre 2018 - 20:18

Narjis Rerhaye (A Rabat)




Depuis le dernier conseil des ministres, tenu le 20 août dernier, le service militaire signe son grand retour au Maroc. Désormais obligatoire pour les 19-25 ans, qu’ils soient hommes ou femmes, le service militaire devra durer une année pleine et entière. Les assujettis au service militaire obligatoire auront un statut similaire à celui des militaires de carrière. Nourris et logés, ils bénéficieront notamment d’une indemnité et de l’assurance maladie.

C’est à la fin de l’été et alors que le pays s’apprêtait à célébrer la fête de la jeunesse que le projet de loi réhabilitant le service militaire a été adopté d’abord en Conseil de gouvernement puis en conseil de ministres.

Elaborée dans la plus grande discrétion, la loi 44-18 qui va constituer le plat de résistance de la rentrée parlementaire est attendue de pied ferme par les députés de la commission permanente des affaires étrangères et de la défense.

« C’est en commission que le projet de loi sera débattu, enrichi, amendé. Les débats seront-ils passionnés, enflammés, polémiques ? Les élus de la Nation joueront-ils leur rôle de législateurs en apportant une plus-value à un texte qui va à coup sûr faire débat auprès de la jeunesse marocaine ?», se demande ce député de la majorité.

Difficile de répondre à la question. Les réactions politiques au projet de loi instaurant le service militaire sont encore timides. Mercredi 5 septembre, Nizar Baraka le secrétaire général de l’Istiqlal, parti appartenant à l’opposition, a appelé sur twitter « le gouvernement et le parlement à faire preuve d'écoute et d'ouverture pour enrichir le projet de loi de toute proposition constructive ». Pour le leader du plus vieux parti marocain, le service militaire doit incorporer « les possibilités de service social et les actions de développement durable et de protection de l'environnement, à titre obligatoire ou volontaire » et ce afin de répondre aux attentes des jeunes.

Le premier des Istiqlaliens sait de quoi il parle. Le Conseil économique, social et environnemental aux destinées duquel il préside a rendu publique il y a quelques semaines une étude inquiétante sur la situation des jeunes marocains.

On y apprenait entre autres que le taux de chômage moyen avoisine les 20% chez cette tranche de la population, la moitié des jeunes qui travaillent occupent des postes à bas salaires, 75% n’ont aucune couverture sociale et le décrochage scolaire concerne deux jeunes sur trois.

"Prendre le temps du débat"

Le retour du service militaire obligatoire se fait pour l’heure à bas bruit. Nizar Baraka tire la sonnette d’alarme sur l’absence de communication gouvernementale en la matière. « Notre parti estime qu'il est urgent que le gouvernement entreprenne un effort pédagogique pour communiquer autour de ce projet » a écrit N. Baraka sur son compte Twitter.

Une figure de gauche, Ali Bouabid, a lui aussi réagi au projet de loi instituant le service militaire obligatoire. C’est sur sa page Facebook que Celui qui est à la tête de la Fondation Bouabid a posté le 25 août dernier son analyse sur la question. « Les motifs qui justifient l’instauration d’un service national, civique et militaire répondent, plus que jamais, à une impérieuse nécessité (…) », estime-t-il, avant d’ajouter qu’ « en dépit des motivations louables et formelles qu’il affiche, le projet de loi de restauration du service militaire apparaît comme sous-dimensionné »

Sa « conception étriquée (pourquoi seulement militaire ?) et les conditions inutilement précipitées de son adoption laissent en effet penser qu’il est prioritairement guidé, fut-ce implicitement, par la seule crainte que fait peser sur l’ordre public cette catégorie en déshérence des +15 à 24 ans qui ne travaillent pas, ne sont pas à l’école et ne suivent aucune formation+ » et non par la volonté de provoquer un véritable élan collectif auquel les jeunes de toutes les catégories sociales pourraient adhérer », écrit celui qui est à la tête de la Fondation Bouabid, appelant les politiques et la société civile de prendre le temps du débat.

Jeudi 6 Septembre 2018 - 14:00





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