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Au Maroc, le boycott de grandes marques de consommation se ressent sur la place boursière de Casablanca


Mardi 1 Mai 2018 modifié le Jeudi 3 Mai 2018 - 08:46

Narjis Rerhaye (A Rabat)




A la bourse de Casablanca, ce lundi 30 avril est une journée boursière pas comme les autres. A la clôture, deux entreprises enregistrent les plus fortes baisses du jour. Signe particulier, ces entreprises qui ont vu leurs titres financiers baisser à la bourse, lundi, figurent parmi les trois marques qui font l’objet d’un appel à boycott populaire. Ce lundi 30 avril, Afriquia gaz et Centrale laitière font grise mine sur le marché financier avec des baisses respectives de -5,97% et -5,69%.

« La bourse est un thermomètre de l’état du marché financier, loin de tout enjeu politique », résume ce trader de la place. Faut-il en conclure que le boycott des trois marques –Afriquia, Centrale laitière et Sidi Ali- est écouté et que les Marocains ont suivi l’appel lancé sur les réseaux sociaux au nom de la lutte contre la cherté de la vie et de protéger le pouvoir d’achat des citoyens? A en croire le cabinet d’études de marché et de sondages d’opinion, Averty, une majorité de Marocains soutiennent ce mouvement de boycott.

Le cabinet qui réalise des sondages d’opinion réguliers à utilité publique, a ainsi effectué un sondage national sur le boycott de quelques marques de grande consommation. L’objectif est clairement affiché : «mesurer l’ampleur de cette campagne, son impact sur les consommateurs et étudier l’image perçue par rapport à ses origines et son efficacité », peut on lire sur le site web d’Averty. Cette enquête d’opinion a été menée en ligne les 28 et 29 avril.

auprès d’un échantillon de 1072 répondants représentatifs de toutes les tranches d’âge et de l’ensemble des 12 régions du Maroc. Et selon les résultats de ce sondage –mis en ligne sur youtube- 79.8 % des répondants ont confirmé leur soutien à cette campagne. « Parmi les 20.2 % restants, 66.8 % sont encore indécis par rapport à leur support de la campagne alors que 24 % refusent d’y adhérer, » indiquent les sondeurs d’Averty avant de préciser que « 90.1 % des répondants estiment que cette campagne peut avoir un impact sur les sociétés ciblées dont 69.8 % considèrent que l’impact sera très grand, 20.3 % considèrent que l’impact sera moyen alors que 9.9 % seulement estiment que l’impact sera faible ou inexistant ».

Comment ce mouvement de boycott est-il né ? Qui en sont les initiateurs ? Faut-il y voir la main d’adversaires politiques et l’ombre d’Abdelilah Benkirane, l’ancien leader des islamistes et de ses aficionados ? Les questions n’en finissent pas de se poser, en particulier dans le camp des « anti boycott » et de certains responsables, à l’image du ministre de l’économie et des finances, qui ont vite fait de montrer leur mépris de ceux qui boycottent en les taxant « d’étourdis ».

En fait, L’appel à boycott des marques Afriquia, Sidi Ali et Centrale laitière a été lancée sur Facebook depuis la page « Wavo » qui compte plus de 750 000 like. Très vite, son message est relayé par une autre page, Casa Bel Visa, aux 700 000 fans. Sur le virtuel et sur whatsapp, les vidéos et vignettes se chargent de mobiliser le plus grand nombre même si les fake s’en mêlent.
Dix jours plus tard, la campagne continue de plus belle. Des leaders politiques sortent du bois et déclarent leur soutien à « une expression spontanée de citoyens qui souffrent du coût de la vie ».


Mardi 1 Mai 2018 - 19:13





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