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Attaques en France: le gouvernement riposte aux critiques avant l'hommage national


Mardi 27 Mars 2018 modifié le Mercredi 28 Mars 2018 - 14:08




Le Premier ministre Edouard Philippe
Le Premier ministre Edouard Philippe
Le gouvernement a rejeté mardi en bloc les critiques de la droite et de l'extrême droite, qui se déchaînent depuis les attentats jihadistes dans le sud de la France, à la veille de l'hommage national au gendarme tombé en "héros" pour sauver une otage.

"Ceux qui affirment, sans savoir, que cet attentat aurait pu être évité, ceux qui croient pouvoir promettre aux Français un risque zéro, je le dis : ceux-là prennent, dans leur légèreté, une bien lourde responsabilité", a lancé le Premier ministre Edouard Philippe au cours de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

Dans chacune des deux chambres, députés et sénateurs ont rendu hommage par une minute de silence aux victimes des attaques de vendredi à Trèbes et Carcassonne (sud-ouest), dans lesquelles Radouane Lakdim, 25 ans, a tué quatre personnes.

Sa compagne, Marine P., âgée de 18 ans, va être présentée dans la soirée à un juge d'instruction en vue d'une éventuelle mise en examen (inculpation) pour "association de malfaiteurs terroristes", a annoncé le parquet de Paris, qui a requis son placement en détention provisoire.

Les enquêteurs ont en revanche levé la garde à vue d'un suspect de 17 ans, présenté comme un ami du tueur, faute d'"élément l'incriminant à ce stade".

Une cérémonie se déroulera mercredi matin, à la mémoire du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, "héros français" tué après avoir pris la place d'une otage. Le président Emmanuel Macron prononcera son éloge funèbre.

Surmonté de son képi, le cercueil du gendarme est arrivé dans l'après-midi à Paris.

Une minute de silence sera observée mercredi à 09H00 GMT dans les gendarmeries, commissariats et préfectures. Dans la soirée, l'évêque aux armées présidera une messe en hommage à Arnaud Beltrame, en l'église Saint-Sulpice à Paris, avant ses funérailles jeudi matin à la cathédrale de Carcassonne.

A la veille du recueillement, la polémique sur le suivi de Radouane Lakdim et des islamistes radicaux, déclenchée par la droite et l'extrême droite, n'a pas faibli.

"Il n'y a pas pire instrumentalisation que de se cacher derrière un héros pour échapper à sa propre incompétence et à sa propre lâcheté. (...) Il n'y a pas pire mépris à l'égard des victimes que de ne rien vouloir changer", a accusé la présidente du parti d'extrême droite Front national, Marine Le Pen.

Le président des Républicains (droite), Laurent Wauquiez, avait dénoncé lundi une "coupable naïveté" d'Emmanuel Macron, réclamant le rétablissement de l'état d'urgence et l'expulsion des étrangers fichés "S" (pour "sûreté de l'Etat").

Le Premier ministre leur a dit de se "méfie(r) des réponses juridiques rapides". Il existe déjà "un arsenal juridique (...) pour comprendre, suivre, sanctionner", selon lui.

Quant aux députés socialistes, ils ont déploré l'"éternelle rengaine" de la droite et de l'extrême droite.



La dangerosité de Radouane Lakdim a-t-elle été sous-évaluée ? Tué vendredi lors de l'assaut du GIGN, un groupe d'élite de la gendarmerie, ce petit délinquant radicalisé de Carcassonne était fiché "S" (soupçonné de présenter un danger pour la Sûreté de l'Etat) depuis 2014 et inscrit depuis novembre 2015 au Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).

Comme lui, sa compagne était fichée "S" en raison de sa "fréquentation des milieux islamistes radicaux", selon une source proche de l'enquête.

En garde à vue, elle a "contesté avoir été associée au projet mais, à l'évocation des faits, elle n'exprime pas un sentiment d'indignation", a rapporté une autre source.

La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) avait envoyé à Lakdim, en mars, une convocation pour un "entretien d'évaluation" et décider d'une éventuelle clôture de l'enquête administrative menée à son encontre depuis mai 2013, selon une source policière.

En mars, le "suivi effectif" de Radouane Lakdim était "toujours en cours mais n'avait pas permis de mettre en évidence des signes précurseurs d'un passage à l'acte", a assuré lundi le procureur de Paris François Molins.

Plusieurs informations parvenues en mai 2014 avaient fait état d'une "radicalisation latente" et de velléités de départ en Irak ou Syrie. Une fiche "S" est alors émise, mais les investigations ne révèlent aucun signe de radicalisation violente.

En septembre 2017, son compte Facebook, attestant un intérêt pour l'idéologie jihadiste, attire de nouveau l'attention de la DGSI, mais les investigations ne donnent aucun résultat probant.

Selon une source proche du dossier, Radouane Lakdim avait par ailleurs été "énervé" par une autre convocation devant le tribunal correctionnel de Carcassonne le 23 avril, où il devait être jugé pour port d'arme blanche et pour avoir conduit malgré l'annulation de son permis.

afp
Mardi 27 Mars 2018 - 22:21





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