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Arrêt des soins d'un patient français : le pape intervient, Macron s'y refuse


Lundi 20 Mai 2019 modifié le Mardi 21 Mai 2019 - 11:05




Le pape François s'est invité lundi dans la douloureuse affaire Lambert, appelant à "protéger la vie" au moment même où cessaient les traitements de ce patient français en état végétatif depuis plus de dix ans, une décision férocement combattue par les parents mais "conforme à la loi" selon le président Macron.

Pressé d'intervenir depuis deux jours par les opposants à l'interruption des soins, le président français a en effet estimé sur Facebook lundi qu'il ne lui "appartenait pas de suspendre une décision qui relève de l'appréciation des médecins et qui est en conformité avec nos lois".

Après des années de procédures, les médecins de l'hôpital Sebastopol de Reims (nord-est) ont commencé lundi matin l'arrêt des traitements et plongé le patient de 42 ans dans une "sédation profonde et continue", pour une fin de vie qui pourrait prendre de quelques jours à une semaine.

"Dans cette période douloureuse, j'espère pour Monsieur Vincent Lambert que chacun saura ouvrir une parenthèse et se rassembler, auprès de lui, afin que ces moments soient le plus paisibles, intimes et personnels possible", a écrit le Dr Vincent Sanchez, chef du service où est hospitalisé le patient, dans un mail à la famille.

Mais loin de toute sérénité, "l'affaire" Lambert aura continué à cristalliser les passions, les parents dénonçant une "folie".

"C'est des monstres! Des monstres! C'est des nazis!", a lancé depuis une voiture Viviane Lambert, la mère de Vincent, 73 ans, en passant devant le centre hospitalier de Reims.

Les parents ont multiplé jusqu'au bout les recours judiciaires de dernière minute. La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a cependant rejeté leur requête lundi, faute "d'élément nouveau", mais ils ont également saisi le Conseil d'Etat et la Cour d'appel de Paris.

Et reçu le soutien moral du pape François, qui a appelé à protéger la vie "du début à la fin naturelle", une allusion transparente à l'affaire Lambert.

"Prions pour ceux qui vivent dans un état de grave handicap. Protégeons toujours la vie, don de Dieu, du début à la fin naturelle. Ne cédons pas à la culture du déchet", a écrit le pape François dans un message publié sur tous ses comptes Twitter de différentes langues.

Le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, Alessandro Gisotti, a été plus explicite en retweetant le message avec la mention en français : "Prions pour Vincent Lambert".


sédation "contrôlée, profonde et continue"


Validée fin avril par le tribunal administratif suprême, le Conseil d'Etat, l'interruption des soins prévoit l'arrêt des machines à hydrater et alimenter, une sédation "contrôlée, profonde et continue" de Vincent Lambert, ainsi qu'une prise d'analgésiques "par précaution".

Le jeune homme avait été victime d'un accident de la route en 2008, et est depuis tétraplégique et plongé dans un état végétatif. Depuis six ans, quatre procédures judiciaires ont été menées, et la famille se déchire entre les parents, fervents catholiques, et la femme et le neveu de M. Lambert, qui dénoncent un acharnement thérapeutique et affirment que celui-ci aurait préféré mourir plutôt que de vivre dans cet état.

M. Lambert n'avait pas laissé de directives anticipées. Il est devenu, malgré lui, le symbole du débat en France sur la fin de vie, et son cas a été au coeur de débats moraux et religieux depuis des années.

Dans une tribune publiée lundi par le quotidien Le Monde, des médecins spécialistes des soins palliatifs ont dénoncé "l'amalgame (...) injustifié, erroné et délétère" entretenu selon eux entre décision d'arrêt des traitements et euthanasie.

Dans une tribune distincte parue dans le même journal, d'autres médecins, dont deux proches des parents de Vincent Lambert, réaffirment à l'inverse que selon eux le patient "n'est pas en fin de vie" et que l'arrêt des traitements ne se justifie pas.

Lundi 20 Mai 2019 - 17:55

Atlasinfo (AFP)




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