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Après le chlordécone en Martinique, Macron attendu sur les sargasses en Guadeloupe


Vendredi 28 Septembre 2018 modifié le Samedi 29 Septembre 2018 - 10:49

Emmanuel Macron, qui a souhaité jeudi en Martinique, que l'Etat prenne sa part de responsabilité sur la pollution au chlordécone, pesticide cancérogène longtemps utilisé aux Antilles, est attendu vendredi en Guadeloupe sur la problématique des algues sargasses qui prolifèrent sur les rivages, et sur les problèmes d'alimentation en eau.




Le chef de l'Etat, qui terminera en fin de semaine son déplacement aux Antilles en revenant un an après l'ouragan Irma dans les deux îles sinistrées de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, a dénoncé jeudi, à travers le chlordécone qui était utilisé dans les bananeraies de Martinique et Guadeloupe, "le fruit d'un aveuglement collectif".

Pour Emmanuel Macron, "l'état des connaissances scientifiques (...) ne permet pas de certifier" la dangerosité de la molécule pour la santé humaine. "Il ne serait pas responsable de dire qu'il y a une réparation individuelle pour tous", a-t-il souligné. Il est en revanche "possible d'avancer davantage sur la question des maladies professionnelles pour les personnes particulièrement exposées à la molécule", selon lui.

Alors que la tempête Kirk, qui passe actuellement sur les Antilles, a obligé le président en Martinique à modifier son programme, ce n'est pas le cas en Guadeloupe, même si une vigilance orange, notamment pour fortes pluies et vents violents est maintenue.

Le chef de l'Etat doit s'exprimer sur un autre sujet sensible pour la santé, celui des sargasses, ces algues brunes aux émanations toxiques, qui envahissent régulièrement le littoral antillais, avec un impact sur le tourisme et le quotidien des riverains.

Une plainte pour mise en danger d'autrui a été déposée jeudi à Paris par un collectif guadeloupéen pour dénoncer les "insuffisances criantes" de l'État "face à l'envahissement des côtes antillaises" par ces algues brunes nauséabondes.

Depuis février, ces algues, dont l'origine reste incertaine mais que certains scientifiques pensent liée au dérèglement climatique, arrivent en masse sur les côtes de Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barth.

Elles s'amoncellent sur les rivages, salissent plages et ports, bloquent parfois l'accès des bateaux, mais surtout dégagent, en séchant, de l'hydrogène sulfuré et de l'ammoniac, qui peuvent provoquer maux de tête, nausées et vomissements.

Ce n'est pas la première fois que ces algues envahissent le littoral antillais depuis leur apparition massive en 2011. Mais le phénomène particulièrement important cette année a poussé l'ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot à se rendre sur place en juin, avec la ministre des Outre-mer Annick Girardin.

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Ils avaient alors annoncé un plan de lutte de 10 millions d'euros sur deux ans, avec pour objectif de réduire, pour les prochaines saisons, le delai de ramassage à 48h après les échouages. Récemment, c'est le site de la porte d'Enfer, à Anse Bertrand, qui a été envahi sur plusieurs centaines de mètres.

Le chef de l'Etat est attendu à Goyave (est de Basse-terre), pour voir comment se décline ce plan. En baisse dans les sondages de popularité, il devrait en profiter une nouvelle fois pour aller au contact de la population, pour répondre à ceux qui l'interpellent sur ses réformes. Jeudi, il a affirmé avoir "dans le ventre l'impatience de 66 millions de Français".

Auparavant, le président doit se rendre chez un habitant des Grands Fonds, aux Abymes, pour évoquer la question également délicate de la distribution d'eau potable.

Une grande majorité des Guadeloupéens n'ont pas d'eau tous les jours à cause d'un défaut d'entretien des canalisations - le réseau perd 60 % de son rendement avant que l'eau n'arrive au robinet.

Pour pallier ce réseau de distribution hors service, des coupures sont organisées en "tour d'eau", un calendrier censé alimenter les communes en alternance et permettre aux habitants d'organiser leur vie en fonction de l'heure des coupures, qui durent de 12 à 24 heures.

"Cette crise n'est pas le fruit d'une insuffisance de la ressource en eau, mais la conséquence d'une situation globalement dégradée", a indiqué en juillet un rapport d'audit du ministère de l'Environnement, pointant des équipements obsolètes, la multiplicité des "propriétaires du réseau" et surtout le flou autour des responsabilités de gestion.

En janvier, un plan d'urgence de l'Etat et des collectivités de 71 millions d'euros a été voté, pour aboutir à la fin des tours d'eau d'ici deux ans.
Vendredi 28 Septembre 2018 - 08:45

Avec afp




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