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Amende sous peine de prison requise contre Jean-Marie Le Pen pour des propos sur les homosexuels


Mercredi 3 Octobre 2018 modifié le Jeudi 4 Octobre 2018 - 08:47

Le parquet de Paris a requis mercredi un total de 8.000 euros d'amende pouvant se transformer en emprisonnement à l'encontre du cofondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen, jugé pour des propos visant les homosexuels et notamment le policier tué dans l'attentat des Champs-Elysées en 2017.




Amende sous peine de prison requise contre Jean-Marie Le Pen pour des propos sur les homosexuels
L'accusation a demandé "40 jours amende à 100 euros" pour chacun des deux dossiers jugés, soit 8.000 euros d'amende avec possibilité d'emprisonnement en cas de non-paiement, en l'absence de l'ancien tribun, hospitalisé depuis huit jours.

"Attiser la haine par ces propos-là, c'est ce qu'on reproche à Jean-Marie Le Pen", a déclaré la procureure, dénonçant "une exhortation claire à la mise au ban des homosexuels", "des mots complices" de ce que subissent certains d'entre eux au quotidien, du "mépris" jusqu'au "crime".

Coutumier des poursuites judiciaires pour ses déclarations, M. Le Pen, 90 ans, est poursuivi par le parquet pour provocation à la haine ou à la violence et injure publique envers les homosexuels, pour trois séries de propos.

En mars 2016, dans son "Journal de bord" vidéo publié sur son blog, l'eurodéputé avait affirmé: "Je crois que la pédophilie, qui a trouvé ses lettres de noblesse... interdites, mais tout de même, dans l'exaltation de l'homosexualité, met en cause toutes les professions qui approchent l'enfance et la jeunesse".

Puis en décembre 2016, interrogé par Le Figaro sur la représentation des homosexuels au sein du FN, il avait estimé que "Les homosexuels, c'est comme le sel dans la soupe: s'il n'y en a pas assez c'est un peu fade, s'il y en a trop c'est imbuvable".

Ces propos "sont la violence", a réagi Etienne Deshoulières, avocat de l'association Mousse qui avait porté plainte après ces deux sorties.

L'ex-dirigeant frontiste est également jugé pour avoir commenté en avril 2017 les obsèques du policier tué dans un attentat jihadiste sur les Champs-Élysées, Xavier Jugelé, au cours desquelles son compagnon s'était exprimé.

"Je pense que cette particularité familiale doit être tenue à l'écart de ce genre de cérémonie, qui gagnerait d'ailleurs à plus de discrétion", avait affirmé M. Le Pen dans le même "Journal de bord".

L'avocat de Jean-Marie Le Pen, Frédéric Joachim, a raillé "une poursuite dérisoire pour des faits anodins dans lesquels il n'y a aucune haine, aucune violence".

Jugement le 28 novembre.
Mercredi 3 Octobre 2018 - 20:04

afp




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