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Ali Benflis : "Jamais l'Algérie ne s’est trouvée dans une situation aussi délicate et porteuse d’un grand risque comme aujourd’hui"


Mardi 20 Février 2018 modifié le Lundi 26 Février 2018 - 10:56

Jamais l’Algérie ne s’est trouvée dans une situation aussi délicate, porteuse d’un aussi grand risque de rupture de la paix civile, de la stabilité et de la sécurité nationales, comme aujourd’hui, a déploré lundi l’ex-chef de gouvernement et actuel président de Talaie El-Houriat (L’Avant-garde des libertés), Ali Benflis.




Profitant du «vide» au sommet de l’Etat algérien, les forces extra-constitutionnelles se font «plus arrogantes», a regretté Benflis lors d’une conférence de presse organisée au siège de son parti à Alger, rappelant que «l’Algérie indépendante a connu des périodes difficiles, des crises politiques, des crises économiques et sociales, les crises sécuritaires des années 90, qui ont mis à rude épreuve la stabilité et la sécurité nationales».

Et pour cause, a-t-il dit, l’impasse politique est totale et «le pouvoir autiste ignore les partis politiques et la société civile et fait la sourde oreille aux lanceurs d’alerte, alors qu’il s’est enfermé dans ses fausses certitudes et ses illusions», ajoutant que «les cercles du pouvoir s’entre-déchirent pour se positionner en vue de l’échéance présidentielle par médias et clientèles interposés».

L’ancien chef de gouvernement a fait constater que les lobbies n’ont jamais été aussi actifs pour influencer la décision gouvernementale et que la gestion gouvernementale se caractérise par l’improvisation, allusion au cafouillage ayant entouré l’ouverture des entreprises aux capitaux privées, mais également l’établissement de la liste des concessionnaires automobiles ou encore les annonces concernant les transferts sociaux.

«Le pays n’est pas gouverné. Le gouvernement improvise et se ravise. Les plus grands problèmes du pays sont laissés en jachère. Le pouvoir gagne du temps sur la trajectoire qui mène à 2019 (année de la Présidentielle)», a soutenu M. Benflis.

Et d’expliquer que près de quatre ans après le début de la crise, «nous constatons que le gouvernement continue à naviguer à vue. Les gouvernements qui se sont succédé ont échoué parce qu’ils ont été incapables d’engager les réformes aussi urgentes que nécessaires pour faire face à la crise, par manque de courage politique et de légitimité».

Détaillant les signes de la crise, à savoir l’inflation, l’informel, le climat des affaires délétère, la corruption, la fuite des capitaux, l’évasion fiscale, la paupérisation (…), Ali Benflis a qualifié de "légitime" le recours des citoyens aux grèves et aux manifestations pacifiques.

«Plutôt que de répondre à ces revendications par le dialogue responsable et la concertation, ce qui est la marque d’une gestion responsable des conflits sociaux dans un régime démocratique, le pouvoir en place, fidèle à ses habitudes, a opté pour la démarche répressive des régimes autoritaires : le recours à la force brutale, les intimidations et menaces de représailles, l’instrumentalisation de l’arsenal judiciaire pour déclarer les grèves illégales, les sanctions administratives sur la base des +décisions de justice+, tels les retenues sur salaires, les licenciements et les radiations», accuse-t-il.

Il a dénoncé, dans le même ordre d’idées, la stratégie de division adoptée par l’Exécutif pour gérer la crise dans les hôpitaux et les écoles, notamment. «Plutôt que de s’engager sur une voie apaisée pour baisser les tensions sociales, le pouvoir a recours à la stratégie de la division en tentant de monter les familles des malades contre les médecins, les parents d’élèves contre les enseignants, les usagers de la route contre les marcheurs, les voyageurs contre les syndicats des compagnies aériennes nationales et les cheminots», a-t-il fait observer.

L’ancien candidat à l’élection présidentielle a mis également en garde contre «la stratégie de la peur et les accusations tantôt de la main de l’étranger tantôt de l’ennemi intérieur qui veulent déstabiliser le pays», une démarche qui risque d’avoir l’effet inverse du but recherché.

Qualifiant de «préoccupante» la situation en Algérie, dont la responsabilité incombe entièrement au pouvoir « sourd » au dialogue et auteur de la neutralisation des mécanismes de médiation, Benflis a appelé l’opposition à demeurer une «force de proposition».

«L’opposition ne doit pas baisser les bras et doit demeurer une force de proposition pour amener le pouvoir en place à ouvrir un dialogue inclusif pour une sortie de crise. Mais pour peser de tout son poids, l’opposition doit laisser de côté ses différences secondaires et se regrouper autour d’une démarche collective dont la finalité première est de sortir notre pays de la crise dans laquelle il s’enfonce chaque jour davantage», a-t-il estimé.

Avec MAP

Mardi 20 Février 2018 - 22:25





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