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Algérie: six militants de la cause mozabite risquent la peine de mort (avocats)


Mercredi 17 Janvier 2018 modifié le Jeudi 18 Janvier 2018 - 19:24




Six militants de la cause mozabite seront jugés à partir de jeudi en Algérie pour notamment "tentative de renverser le pouvoir" et "atteinte à la sécurité de l'Etat", des faits passibles de la peine de mort, selon leurs avocats.

Ces personnes faisaient partie d'un comité de médiation créé pour mettre fin aux violences intercommunautaires qui avaient fait au moins 35 morts entre décembre 2013 et juillet 2015 dans la région de Ghardaïa (centre), entre Mozabites --Berbères de la vallée du M'zab-- et Chaâmbas --Arabes malékites.

Plusieurs des accusés sont des militants du Front des forces socialistes (FFS), plus ancien parti d'opposition en Algérie.

Il leur est reproché d'administrer deux pages Facebook où ont été publiés des propos, jugés par le Parquet, haineux ou portant atteinte à la sécurité de l'Etat, selon leurs avocats.

Les accusés nient administrer ces pages et être donc responsables des propos qui y sont publiés. "Les poursuites ne sont pas fondées", a affirmé mercredi à l'AFP Me Noureddine Benissad, membre du collectif de 18 avocats qui les défendent.

Parmi les chefs d'accusation figurent: tentative de renverser le pouvoir, incitation à prendre les armes contre l'autorité de l'Etat, atteinte à l'unité du territoire, incitation à la haine raciale, association de malfaiteurs.

Un seul accusé est incarcéré, quatre comparaîtront libres et le sixième est à l'étranger. Le procès doit débuter jeudi à Ghardaïa.

"Ces gens-là ont fait quelque chose d'extraordinaire pour étouffer la crise qui secouait Ghardaïa. On les poursuit après tout ce qu'ils ont fait pour l'Etat", a déclaré à l'AFP un autre avocat, Me Mustapha Bouchachi.

Dans un communiqué, le FFS a affirmé que les accusés "ont contribué activement à ramener le calme" dans cette région et n'ont "jamais dérogé à la lutte pacifique dans le cadre légal".

Le parti a jugé que le dossier d'accusation était "monté de toutes pièces par les services de sécurité".

L'un des accusés, Mosbah Hamou, membre du conseil national du FFS, a rappelé avoir à l'époque publié de nombreux "appels au calme".

Ni le parquet de Ghardaïa ni le ministère de la Justice n'ont pu être joints par l'AFP.

Un défenseur de la cause mozabite, Kamel Eddine Fekhar, arrêté en marge des violences en 2015, avait été libéré en juillet 2017 après avoir purgé deux ans de prison, notamment pour "trouble à l'ordre public".
Mercredi 17 Janvier 2018 - 16:52

Atlasinfo (avec AFP)




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