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Algérie: nouvel appel à empêcher un 5e mandat de Bouteflika


Dimanche 8 Octobre 2017 modifié le Lundi 9 Octobre 2017 - 21:29

Trois personnalités algériennes respectées ont ajouté dimanche leur voix au débat sur les capacités du chef de l'Etat à gouverner, estimant qu'Abdelaziz Bouteflika "n'est plus en mesure de diriger" l'Algérie et appelant à empêcher sa candidature à un 5e mandat en 2019.




Le président algérien, 80 ans, est affaibli par les séquelles d'un accident vasculaire cérébral (AVC) survenu en 2013 qui a sérieusement affecté son élocution et sa mobilité, suscitant de constantes spéculations sur son état de santé en Algérie.

Au pouvoir depuis 1999, M. Bouteflika, qui n'apparaît plus que rarement en public, a néanmoins été réélu en 2014 - un record de longévité à la tête de l'Algérie - et son entourage évoque publiquement sa candidature à un cinquième mandat en 2019.

"Le chef de l'Etat actuel, très lourdement handicapé, (...) n'est manifestement plus en mesure de continuer à diriger le pays, ont estimé dans un communiqué commun Ahmed Taleb Ibrahimi, ex-ministre des Affaires étrangères et candidat à la présidentielle en 1999, l'avocat Ali Yahia Abdenour, ancien ministre et doyen des militants des droits de l'Homme en Algérie, et le général en retraite Rachid Benyelles, ancien chef des forces navales.

Ils accusent "ceux qui détiennent véritablement le pouvoir, à savoir l'entourage familial du président et un groupe de puissants oligarques" de l'"exhiber pour dissiper les rumeurs et montrer qu'il est toujours en vie" et de "préparer la candidature pour un cinquième mandat présidentiel d'un vieil homme impotent et incapable de s'exprimer".

"Pour éviter le naufrage et sauver ce qui peut l'être encore, nous devons taire nos divergences culturelles, linguistiques et politiques pour crier à l'unisson : +ça suffit!+", estiment les trois signataires, appelant à un "front commun" contre "ceux qui ont confisqué" le pouvoir "depuis près de 20 ans".

S'adressant à l'armée, longtemps acteur puissant du jeu politique algérien, ils l'appellent à se "démarquer de manière convaincante du groupe qui s'est emparé indûment du pouvoir" (...) "à défaut d'accompagner le changement".

Depuis plusieurs semaines, des personnalités de l'opposition, des intellectuels ou des universitaires ont relancé des appels à la destitution du chef de l'Etat, demandant que soit déclaré son empêchement, conformément à l'article 102 de la Constitution.

Celui-ci prévoit que "lorsque le président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit (...) et propose, à l'unanimité, au Parlement de déclarer l'état d'empêchement".

Les signataires estiment, comme d'autres observateurs, que l'article 102 est impossible à mettre en oeuvre, les membres du Conseil constitutionnel étant nommés par le chef de l'Etat et par des institutions aux mains du pouvoir.

AFP
Dimanche 8 Octobre 2017 - 22:14





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