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Algérie: les dates-clés d'une contestation populaire massive


Vendredi 26 Avril 2019 modifié le Lundi 29 Avril 2019 - 08:39




Algérie: les dates-clés d'une contestation populaire massive
L'Algérie est secouée depuis février par des manifestations massives déclenchées par la candidature à un nouveau mandat d'Abdelaziz Bouteflika, qui se sont transformées en contestation de tout le régime.

- "Pas de 5e mandat" -

Le 22 février, plusieurs milliers de personnes, répondant à des appels sur les réseaux sociaux, manifestent dans plusieurs villes. "Pas de 5e mandat", "Ni Bouteflika, ni Saïd" (frère du président), scandent les protestataires à Alger, où les manifestations sont interdites depuis 2001.

Au pouvoir depuis deux décennies, M. Bouteflika, très affaibli depuis un AVC en 2013, avait annoncé le 10 février qu'il briguerait un 5e mandat.

Le 1er mars, des dizaines de milliers de personnes se rassemblent à Alger. "Le peuple veut la chute du régime", crient les manifestants.

- Présidentielle reportée -

Le 3, M. Bouteflika s'engage, s'il est élu, à ne pas terminer son mandat et à se retirer après une présidentielle anticipée.

Le 10, il regagne l'Algérie après deux semaines d'hospitalisation en Suisse pour "examens médicaux". Etudiants et enseignants occupent plusieurs universités.

Quelques jours après avoir présenté l'armée comme la "garante" de la stabilité, le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major, déclare que l'armée "partage" les "mêmes valeurs" que le peuple.

Le 11, M. Bouteflika renonce à briguer un 5e mandat, et reporte sine die la présidentielle.

Le ministre de l'Intérieur Noureddine Bedoui remplace Ahmed Ouyahia comme Premier ministre.

Le 15, une foule impressionnante envahit Alger. Des manifestations ont lieu dans 40 préfectures sur 48. Des diplomates évoquent "des millions" d'Algériens dans les rues.

- Bouteflika démissionne -


Le 26, le général Gaïd Salah demande que le président soit déclaré inapte à exercer le pouvoir, en vertu de la Constitution, ou qu'il démissionne.

Le lendemain, le Rassemblement national démocratique (RND), pilier de la majorité au côté du Front de libération nationale (FLN), demande "la démission du président".

Le 2 avril, le général Gaïd Salah demande que soit "appliquée immédiatement" la procédure constitutionnelle permettant d'écarter M. Bouteflika.

Peu après, M. Bouteflika, 82 ans, démissionne.

- "Qu'ils partent tous" -

Le 5, les Algériens descendent en masse dans la rue, déterminés à se débarrasser du "système".

Le 9, le président du Conseil de la Nation (chambre haute du Parlement) Abdelkader Bensalah est nommé président par intérim. Les partis d'opposition boycottent la réunion du Parlement.

A Alger, des milliers d'étudiants protestent. La police tire des grenades lacrymogènes et fait usage de canon à eau.

Le directeur de l'Agence France-Presse (AFP) à Alger, Aymeric Vincenot, est expulsé par les autorités qui refusent de renouveler son accréditation.

Le 10, la présidentielle est fixée au 4 juillet.

Le 16, le président du Conseil constitutionnel Taïeb Belaiz, fidèle de l'ex-président Bouteflika, démissionne.

Des dizaines de milliers d'étudiants manifestent à Alger, mais aussi à Oran, Constantine, Annaba ou Béjaïa. "Le peuple veut qu'ils partent tous", clament les étudiants.

- Offensive judiciaire -

Le 20, l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia et l'actuel ministre des Finances Mohamed Loukal sont convoqués par la justice notamment pour "dilapidation des deniers publics". Début avril, l'ex-chef du patronat Ali Haddad avait été écroué après son arrestation à un poste-frontières avec la Tunisie.

Le 23, Issad Rebrab, PDG du principal groupe privé Cevital et première fortune du pays, est placé en détention provisoire. Il était plutôt connu pour entretenir des relations tendues avec l'entourage de M. Bouteflika. Limogeage d'Abdelmoumen Ould Kaddour, PDG du groupe pétrolier et gazier public Sonatrach.

Le 24, trois hommes d'affaires, Karim, Noah-Tarek et Reda Kouninef, membres d'une famille proche de Bouteflika, sont placés en détention provisoire après avoir été entendus dans une affaire de "trafic d'influence".

L'agence de presse APS indique que la justice va enquêter sur l'ex-ministre de l'Energie Chakib Khelil, un temps recherché pour un vaste scandale de corruption avant d'être blanchi.

- "Pas de demi-révolution" -


Le 26, les rues du centre d'Alger sont noires de monde. Importants cortèges également à Oran, Constantine et Sétif.

"Pas de demi-révolution", titre en une le quotidien El Watan, appelant à continuer à manifester jusqu'au départ du "système".
Vendredi 26 Avril 2019 - 23:02

Atlasinfo (AFP)




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