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Abdelhak Khiame: "le non-encadrement du champ religieux en Espagne est responsable des derniers attentats"


Lundi 4 Septembre 2017 modifié le Mardi 5 Septembre 2017 - 14:09




Abdelhak Khiame: "le non-encadrement du champ religieux en Espagne est responsable des derniers attentats"
Abdelhak Khiame: "le non-encadrement du champ religieux en Espagne est responsable des derniers attentats"
Vingt jours après les attentats meurtriers qui ont ensanglanté la Catalogne, Abdelhak Khiame, directeur du Bureau Central d'Investigations Judiciaires (BCIJ), a répondu lundi 4 septembre aux questions de Fathia El Aouni dans « Faites entrer l’invité » sur Radio 2M. Les détails.

Qui sont les auteurs des attentats qui ont secoué Barcelone le 17 Août dernier ? D’où sont-ils et comment sont-ils arrivés - si jeunes - à tuer aussi froidement ? Comment travaillent les autorités marocaines avec leurs homologues espagnols ? Le patron du BCIJ est revenu en détail sur les éléments de l'enquête relative aux attentats en Catalagne.

Abdelhak Khiame a ainsi révélé avoir été "surpris" par le passage à l’action de ces jeunes qui se sont mis sur la voie de l’extrémisme en terre espagnole. Un sentiment inquiétant, compte tenu du niveau "très important" de la coopération préventive entre les services de sécurité marocains et leurs homologues espagnols. "Nous avons démantelé ensemble dans des opérations conjointes des cellules terroristes qui s’activaient dans les deux pays voisins", a-t-il déclaré.

Il est nécessaire de structurer le champ religieux

Pour le directeur du BCIJ, l’origine du drame résiderait dans la non structuration du champ religieux dans le voisin ibérique. "Les espagnols ont réalisé beaucoup de progrès sur le plan sécuritaire, notamment à travers des opérations anticipatives. Mais le champ religieux n’a pas été organisé". Abdelhak Khiame fait allusion à Abdelbaki Es Satty, le cerveau présumé des opérations de Barcelone et Cambrils, qui s'était auto-proclamé imam et a profité d’un vide d’encadrement des mosquées pour endoctriner de jeunes hommes.

Ils se sont radicalisés en une année

Dressant un portrait de ces jeunes, le responsable indique qu'ils étaient partis très tôt en Espagne, à l’âge de quatre ou huit mois. Ils se sont radicalisés dans un laps de temps, " d’une manière terrible", en l'espace d'une année. Interrogé sur l'action des services de sécurité marocains suite aux attentats, le responsable fait savoir que plusieurs personnes ont été soumises aux enquêtes du BCIJ, sans établir à leur encontre un quelconque lien avec les assaillants de Barcelone. La seule personne qui a été interpellée, certes sans relation directe avec les auteurs des attaques de Barcelone, avait le projet de mener un attentat terroriste au Maroc contre l’ambassade d’Espagne à Rabat. L'individu aurait véçu depuis 2005 à 2017 à Barcelone, indique l'invité.

Maroc-Espagne: une coopération sécuritaire basée sur l'échange de renseignements

S'exprimant sur la nature de la coopération, Abdelhak Khiame parle d'échanges de renseignements opérationnels qui ne datent pas d’hier. Le niveau de coopération sera augmenté, de façon à ce que le Maroc ait une vision claire sur l'entourage, les fréquentations et les conditions de radicalisation de jeunes marocains sur le sol espagnol. Il s'agit aussi de prêter main forte au voisin ibérique pour la formation d’imams qui encadreront la jeunesse musulmane vivant en Catalagne. Il existe une forte communauté musulmane en espagne, "le rite Malékite étant modéré et ne prônant pas la violenc en sera sans doute sollicité par nos amis espagnols", explique encore Abdelhak Khiame.

L'entourage devrait jouer un rôle dans la lutte contre la radicalisation


L'éducation. L'arme efficace de lutte contre ce fléau qu'est la radicalisation réside chez les parents. Le directeur du BCIJ, insite sur le rôle de l'entourage dans la prévention de la fanaitisation des plus jeunes. "Livrés à eux-même, les jeunes peuvent facilement être exploités par les opérationnels des organisations terroristes". L'invité de Radio 2M fait valoir le rôle des parents faisant allusiion à la cellule féminine démantelée qui comptait 14 filles dont sept mineures. "La lutte contre le terrorisme n'est pas uniquement l'affaire ses services de sécurité, les parents et la société civile y jouent également un rôle majeur".a t-il ajouté.

Avant de clôturer son entretien, Abdelhak Khiame, a livré quelques chiffres relatifs aux actions entreprises par son institution depuis sa mise en place. On retient 692 personnes arrêtées, 46 cellules terroristes démantelées, dont 41 en relation directe avec l'Etat Islamique, 81 personnes revenant des rangs de EI, et 42 personnes refoulées par d’autres pays.


2M
Lundi 4 Septembre 2017 - 22:54





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