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A dix jours du Brexit, le gouvernement cherche encore à sortir de l'impasse


Mardi 2 Avril 2019 modifié le Mercredi 3 Avril 2019 - 15:21




Le gouvernement britannique tenait mardi une réunion de crise pour tenter de résoudre l'inextricable casse-tête du Brexit et trouver un plan d'urgence à présenter à l'Union européenne, qui refuse d'être "l'otage" de la crise au Royaume-Uni, selon le président français Emmanuel Macron.

Un peu moins de trois ans après le référendum du 23 juin 2016, les Britanniques sont toujours dans l'inconnu quant à la forme que prendra la sortie de l'UE. S'ils ne s'accordent pas sur la forme que prendra le Brexit, la voie par défaut sera un divorce sans accord le 12 avril, perspective qui provoque des sueurs froides dans les milieux économiques.

Lundi encore, les députés britanniques ont fait le constat de leurs divisions, mais aussi de leur impuissance à répondre à ce défi historique, en rejetant quatre options alternatives à l'accord négocié avec Bruxelles par la Première ministre Theresa May.

Ces votes étaient destinés à dégager un projet de Brexit susceptible de recueillir, enfin, une majorité à la Chambre des communes, après le rejet vendredi, pour la troisième fois, du Traité de retrait de l'UE de la dirigeante conservatrice, qui prévoit une sortie de l'union douanière et du marché unique européen.

"Un Brexit sans accord n'a jamais été mon souhait mais il devient chaque jour plus probable", a déclaré mardi le négociateur de l'UE pour le Brexit, Michel Barnier, au cours d'une conférence organisée par le centre de réflexion EPC à Bruxelles.

"L'UE des 27 (tous les Etats membres de l'Union sans le Royaume-Uni, ndlr) est maintenant prête" à cette éventualité, a-t-il assuré.

Elections anticipées ?

Signe de l'urgence de la situation, Theresa May a convoqué un conseil des ministres exceptionnellement long pour discuter de la voie à suivre. Réunis depuis 9H30 GMT, les membres du gouvernement discutaient toujours en fin d'après-midi.

"C'est la deuxième fois que la Chambre des communes examine un large éventail d'options pour trouver un moyen d'avancer (après une série de votes la semaine dernière, ndlr) et, une fois de plus, elle ne parvient pas à trouver une majorité claire en faveur de l'une de ces options", a souligné un porte-parole de l'exécutif.

"Le gouvernement continue de croire qu'il est dans l'intérêt du pays de quitter (l'UE) avec un accord", a-t-il insisté.

Downing Street n'avait pas exclu lundi de soumettre à nouveau au vote le traité de Mme May, déjà rejeté trois fois, s'il a "une chance raisonnable de succès".

Reste que la Première ministre, en pleine crise d'autorité, va devoir convaincre un gouvernement tout aussi divisé que le Parlement, entre ceux de ses membres favorables à l'UE et ceux partisans d'une sortie sans concession ulcérés que le divorce n'ait pas eu lieu à la date initialement prévue, le 29 mars.

Pour faire pencher la balance et convaincre ces derniers, elle pourrait utiliser "l'option nucléaire" (dixit le Times) : la menace d'élections législatives anticipées, alors que, selon un sondage publié dimanche par The Mail on Sunday, le Labour, le principal parti d'opposition, arriverait en tête, avec une avance de cinq points sur les tories.

"Otage"


Quelle que soit l'option retenue, Theresa May doit divulguer ses plans aux dirigeants européens au cours d'un sommet exceptionnel le 10 avril.

Michel Barnier a rappelé que si les Britanniques ne votaient pas en faveur de l'accord de retrait dans les prochains jours, "il ne restera(it) plus que deux options : partir sans accord ou demander une prorogation plus longue de la période de l'Article 50", qui avait permis d'enclencher la procédure de divorce.

Une telle prolongation aurait "un coût politique", a-t-il jugé : "si le Royaume-Uni est toujours membre (de l'Union européenne) le 23 mai (date du début des élections européennes, ndlr), il devra organiser des élections".

Pour le président français Emmanuel Macron, la "priorité est le bon fonctionnement" de l'UE. "L'Union européenne ne peut être durablement l'otage de la résolution d'une crise politique au Royaume-Uni", a-t-il déclaré mardi, aux côtés du Premier ministre irlandais Leo Varadkar, qu'il recevait à l'Elysée pour examiner les conséquences d'une éventuelle sortie sans accord.

Déclarant que l'UE ne devait pas se laisser "dévorer" par un Brexit qui "dévore" déjà le Royaume-Uni, Leo Varadkar a estimé que Mme May avait "encore du temps pour faire des propositions crédibles" et que les dirigeants européens devaient s'y montrer ouverts.

Face au risque de "no deal", des parlementaires de plusieurs partis ont dévoilé mardi une proposition de loi destinée à contraindre Mme May à soumettre une demande de report du Brexit au-delà du 12 avril si aucune solution n'est trouvée pour sortir de l'impasse.

"Il s'agit d'une ultime tentative pour éviter que notre pays ne soit exposé aux risques inhérents à une sortie sans accord", a déclaré dans un communiqué un des cosignataires de la proposition, le député conservateur Oliver Letwin.
Mardi 2 Avril 2019 - 19:48

afp




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