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Zoom sur l’état de santé de l’économie maghrébine


Jeudi 4 Mars 2010 modifié le Vendredi 5 Mars 2010 - 18:19

L’économie marocaine a fait preuve de résilience face à la crise économique et financière mondiale en affichant pour 2009 un taux de croissance de 5,5% tiré par une année agricole exceptionnelle avec 10,2 millions de tonnes de céréales, selon ‘’le rapport 2010’’ du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN).




Zoom sur l’état de santé de l’économie maghrébine
Les experts du CIAN pour la zone Maghreb qui ont attribué au Maroc la note de 3,15 sur cinq, en termes d’environnement des affaires 2009, contre 2,65 à l’Algérie et 3,3 à la Tunisie, notent toutefois qu’en dépit d’un bon taux de croissance général, des secteurs clés de l’économie marocaine ont été fortement impactés par la crise.
Ce sont avant tout les secteurs tournés vers l’exportation qui subissent le ralentissement de la demande extérieure : le textile, le cuir, les phosphates, l’aéronautique, l’électronique et l’automobile.
Cependant une nette amélioration s’est produite depuis juillet 2009, avec une forte reprise des exportations d’acide phosphorique et des engrais de l’Office chérifien des phosphates (OCP).
Les secteurs de la finance, du BTP, de l’énergie, des télécommunications et des transports se sont bien tenus. Le tourisme a résisté aussi avec 6,6 millions de personnes enregistrant une progression de 5% sur les neuf premiers mois 2009, et les recettes de 3%. Mais c’est au niveau des transferts des résidents marocains à l’étranger (RME) que les impacts de la crise se sont faits sentir avec une baisse de 12% et aussi au niveau des investissements directs étrangers en recul de 23%.
Ces derniers se sont établis à 12,8 milliards DH sur les huit premiers mois de l’année 2009, contre 19,9 milliards DH sur la même période en 2008, année qui a déjà affiché un repli de 28% par rapport à 2007, précise le rapport, dont atalsinfo a eu copie.
Pour ce qui est de l’Algérie, les experts du CIAN, n’hésitent pas à la classer parmi les pays d’Afrique les plus touchés par la crise financière. Ils ont mis en exergue la forte dépendance de son économie aux hydrocarbures, première ressource du pays. Le taux de croissance a été ramené à 1,4% en 2009. Cependant, note le rapport, l’Algérie dispose d’une marge de manœuvre considérable grâce à des réserves extérieures élevées (144,32 milliards USD fin juin).
Néanmoins, le recul des prix pétroliers fragilise la situation budgétaire et la position extérieure de l’Algérie. D’excédentaire à 34,45 milliards USD en 2008, le compte courant extérieur affiche un déficit de 1,62 milliard USD sur le premier semestre 2009. La balance commerciale s’est fortement dégradée avec une baisse des exportations de 49% sur les neuf premiers mois 2009 à 31,9 milliards USD. Au niveau des investissements directs étrangers (IDE), effets de crise ou difficultés de l’Algérie à capter ces investissements hors hydrocarbures, sur le premier semestre 2009, ils ne s’élèvent qu’à 700 millions USD.
En Tunisie, la croissance s’est établie à 3% en 2009. La crise économique l’a touchée par le biais des exportations, avec le ralentissement de la demande extérieure, des investissements et du tourisme. Au niveau du commerce extérieur, les exportations ont chuté de 21,7% sur les neuf premiers mois 2009 et les importations de 19,5% après une forte progression en 2008 sous l’impulsion de la filière mécanique, électronique et électrique.
L’année touristique a été jugée ‘’correcte’’ par le rapport du CIAN, compte tenu de la mauvaise conjoncture. Au 30 septembre 2009, les arrivées ont enregistré une baisse de 2% engendrée surtout par un recul du marché européen (-9%), mais partiellement compensées par une hausse de touristes maghrébins Libyens et Algériens) Quant à la Libye, la crise a réduit de moitié environ le taux de croissance en 2009 à 1,8%, mais les fondamentaux de l’économie libyenne demeurent bons. Avec la baisse des recettes pétrolières de 40% en 2009, la balance commerciale serait toujours excédentaire de 15 milliards USD contre 40 milliards USD en 2008. L’excédent budgétaire a été ramené à 10,6% du PIB, contre une moyenne de 25 à 30%, et l’excédent de la balance courante reculerait de plus de la moitié par rapport à 2008 où il s’affichait à 41% du PIB. Les réserves internationales s’élèveraient à 53 milliards USD en 2009 soit l’équivalent de 22 mois d’importation.
Invité à commenter pour Atlas info sur les effets de la crise dans la région du Maghreb, le président délégué du CIAN, Anthony Bouthelier, a tenu à préciser que la croissance au Maroc est demeurée positive, ce qui a permis de maintenir les grands projets d’infrastructures structurants comme la ligne TGV Casablanca-Tanger ou encore Tanger-Med II en juin (15 milliards DH d’investissements).
Il a également lancé ses grands projets de développement, dont le Plan Maroc Vert pour l’agriculture et l’agro-industrie et la stratégie nationale pour la société de l’information et de l’économie numérique 2009-2013 avec un budget de 5,2 milliards DH.
Le Maroc est aussi le pays maghrébin qui a le plus de connexion avec l’Afrique, notamment l’Afrique subsaharienne, et c’est un plus pour l’économie marocaine qui est largement ouverte sur l’Europe et la Méditerranée, a indiqué M. Bouthelier qui est aussi administrateur de l’Agence française de développement et conseiller du commerce extérieur de la France.
Et si la Tunisie s’en est bien sortie, elle aussi, grâce à son économie diversifiée, l’Algérie a été sévèrement touchée à cause de la forte dépendance de son économie aux hydrocarbures, a-t-il expliqué en ajoutant : ‘’Quand il y a une richesse pétrolière qui peut être capté facilement et détournée par une minorité, c’est ce qui s’est passé en Algérie, le pays devient du coup très fragile à la moindre crise. Résultat : moins 1,5% de croissance en 2009’’.
Et de préciser : ‘’Le détournement de la richesse pétrolière en Algérie n’est pas un fait nouveau, On voit bien que les ressources naturelles n’ont pas été utilisées convenablement par les autorités algériennes depuis l’indépendance. C’est une catastrophe, il faut le dire’’.
Jeudi 4 Mars 2010 - 19:10

Anas Bachir




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