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Visite du chef de la diplomatie française en Algérie


Dimanche 15 Juillet 2012 modifié le Dimanche 15 Juillet 2012 - 23:05




Visite du chef de la diplomatie française en Algérie
Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui se rend dimanche et lundi en Algérie, aura des entretiens avec son homologue Mourad Medelci et avec le président algérien Abdelaziz Bouteflika. Il s'agira de préparer une visite que le président François Hollande compte effectuer en Algérie avant la fin de l'année, a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero, lors d'un point de presse.

Le ministre arrivera à Alger dans la soirée de dimanche, et rencontrera dans la foulée M. Medelci à 17h45 GMT, avant un point de presse conjoint (18h30 GMT) et un dîner de travail. Lundi, M. Fabius sera reçu à 9 heures GMT par le président algérien avec lequel il aura également un déjeuner. Une conférence de presse est prévue à 12h30 GMT.

L'Algérie, qui vient de célébrer le cinquantième anniversaire de son indépendance, et la France, ancienne puissance coloniale, entretiennent des relations proches mais difficiles et complexes.

A l'occasion de cet anniversaire, François Hollande, élu le 6 mai, avait adressé une lettre à son homologue dans laquelle il estimait qu'il y "a place désormais pour un regard lucide et responsable" de la France sur son passé colonial en Algérie. "Français et Algériens partagent une même responsabilité, celle de se dire la vérité", avait-il estimé.

Lors de sa visite, selon le Quai d'Orsay, Laurent Fabius devrait aborder la question du Sahel et de la crise au Mali, dont le nord est désormais contrôlé par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et des mouvements alliés.

Dans la crise malienne, "l'Algérie a les clés de l’ensemble des données du problème", avait lancé, sibyllin, Nicolas Sarkozy lors du débat télévisé qui l'avait opposé à François Hollande avant le second tour de l'élection présidentielle. Laurent Fabius va pouvoir juger sur place.

Mais alors que la France se dit favorable à une intervention militaire des Etats de la région et leur promet même un soutien logistique, l'Algérie fait partie des pays qui freinent des quatre fers. Alger, qui veille jalousement sur son arrière-cour sahélienne, verrait d’un très mauvais œil des troupes étrangères s’immiscer dans sa zone d’influence.

Croyant encore, dit-elle, dans les chances d'une solution négociée, l’Algérie s'est discrètement immiscée dans le jeu des pourparlers il y a quelques semaines, sans aucun mandat. Elle s’autorise du coup à discuter secrètement avec tous les acteurs sans exception, alimentant les soupçons les plus fous. Elle est même suspectée d'avoir joué aux apprentis sorciers en soutenant les groupes armés les uns contre les autres. Selon plusieurs observateurs, elle pourrait ne pas être étrangère à la mystérieuse montée en puissance des islamistes d'Ansar Dine et du Mujao, qui n’étaient presque rien il y six mois. Dans quel but ?

"La politique algérienne est une énigme : on a l’impression qu’il y a plusieurs réseaux au sein de l’Etat qui ne veulent pas forcément la même chose", reconnaît un expert de la région.

Outre le dossier malien, la Syrie ainsi que l'Union pour la Méditerranée, forum regroupant l'Union européenne et les pays de la rive sud de la Méditerranée, feront aussi partie des discussions, a précisé le porte-parole.

Dimanche 15 Juillet 2012 - 16:30

Avec agences




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