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Valls affronte un vote décisif à l'Assemblée, Le bol d'air Sarkozy


Dimanche 14 Septembre 2014 modifié le Lundi 15 Septembre 2014 - 10:23

Le Premier ministre français Manuel Valls affronte mardi à l'Assemblée nationale un vote décisif pour la survie de son gouvernement et la poursuite d'une politique sociale-libérale réformiste de plus en plus contestée, notamment au sein de la majorité socialiste.




Ce vote de "confiance", traditionnel après un remaniement, doit redonner à l'exécutif la légitimité que, selon l'opposition de droite et une large partie de l'opinion, il n'a plus.

Cette séquence sera suivie jeudi par une conférence de presse semestrielle du président François Hollande, dont 62% des Français, selon un récent sondage, souhaitent la démission.

"Ce qui est en jeu, c'est la capacité de la gauche à gouverner, cette gauche de gouvernement qui assume les responsabilités, qui met les mains dans le cambouis, qui se retrousse les manches", a plaidé le Premier ministre cette semaine, promettant un discours de "rassemblement".

Plombé par l'impopularité record de François Hollande, le pouvoir a vécu un été calamiteux: éviction de ministres en août, scandales à répétition - livre-brûlot de l'ex-compagne du président et limogeage d'un ministre qui ne payait pas ses impôts - et enfin dérapage du déficit public.

Un "désastre", un "naufrage", une "descente aux enfers", a résumé la presse française.

- Fronde au PS -

Paradoxalement, l'enjeu principal mardi pour Manuel Valls sera de convaincre les réfractaires de son camp, les "frondeurs" qui l'accusent de mener une politique de droite favorable au patronat alors que le pays fait face à une grave crise sociale avec un chômage record à plus de 10%.

Très remontés contre lui, confortés dans leurs analyses par l'absence de résultats, ces tenants de l'aile gauche du parti socialiste (PS) - une quarantaine de députés - devraient opter pour l'abstention. Les écologistes devraient faire de même.

Mais pour les politologues, le gouvernement ne devrait pas tomber. "Il faudrait que 60 députés socialistes s'abstiennent pour menacer le gouvernement", estime Eddy Fougier, de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Le groupe socialiste à l'Assemblée compte 289 députés sur 577, soit exactement la majorité absolue.

Manuel Valls devrait également pouvoir compter sur les radicaux de gauche, qui comptent trois ministres et 17 députés, voire de quelques centristes.

"Ce qui est clair c'est que ça va être difficile (...) Il faut aller chercher la majorité au coeur des députés socialistes", confie-t-on dans l'entourage du Premier ministre.

- Le bol d'air Sarkozy -

"Dans la forme, (Valls) donnera quelque chose aux frondeurs mais sur le fond, il ne déviera pas d'un pouce, j'en suis convaincu", estime Philippe Braud, professeur à l'Institut d'études politiques.

Manuel Valls veut maintenir "le cap" des réformes et a exclu toute alternative à gauche. Dramatisant son discours, il a appelé les socialistes à la "responsabilité" et mis en garde contre une "crise institutionnelle" qui ferait le lit de l'extrême droite avec, selon lui, "un Front national aux portes du pouvoir".

Mardi, si une majorité de députés refusait la confiance, le Premier ministre devrait démissionner. Le président aurait alors deux options: changer à nouveau de Premier ministre ou, hypothèse plus probable selon les politologues, dissoudre l'Assemblée nationale.

"Dans une situation où la gauche est extrêmement impopulaire, je vois mal les frondeurs arriver devant leurs électeurs en expliquant qu'ils ont fait tomber le gouvernement, qu'ils ont été des traîtres. Ils sont certains de se faire laminer. Je ne crois pas qu'ils soient kamikazes au point de risquer leurs sièges", indique Eddy Fougier.

"Le vote de confiance va être acquis parce que la peur de la catastrophe est encore le meilleur ciment de l'unité de la majorité", abonde Philippe Braud, qui se dit toutefois convaincu que la "guérilla des frondeurs" se poursuivra notamment lors de l'examen du budget, prévu en octobre.

D'ici là, la situation aura évolué, avec en particulier le retour annoncé en politique en fin de semaine de Nicolas Sarkozy.

Battu par François Hollande en mai 2012, l'ex-chef d'Etat, toujours très populaire à droite, devrait confirmer sa candidature à la présidence de son parti, l'UMP, tremplin pour la présidentielle de 2017.

Un retour qui pourrait "apporter un peu d'air" à François Hollande. "Sarkozy va arriver. Cela va focaliser l'attention sur autre chose", se félicitait récemment un responsable socialiste.

Dimanche 14 Septembre 2014 - 10:11

Avec AFP




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