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Une journaliste syrienne reproche à Londres de lui avoir confisqué son passeport


Dimanche 25 Septembre 2016 modifié le Mardi 27 Septembre 2016 - 10:06

La journaliste syrienne Zaina Erhaim a accusé dimanche le Royaume-Uni de faire le jeu du régime de Bachar al-Assad après s'être vu confisquer son passeport à l'aéroport londonien d'Heathrow, au motif qu'il avait été signalé comme volé par Damas.




Lauréate 2015 du Prix Reporters sans frontières (RSF), Zaina Erhaim, 31 ans, installée en Turquie, se trouve au Royaume-Uni pour participer à une prise de parole sur les "femmes sur la ligne de front".

C'est à son arrivée à Heathrow, jeudi, que son passeport lui a été retiré par la police aux frontières britannique, a-t-elle indiqué, confirmant une information publiée dans The Observer.

"Ils m'ont dit que mon gouvernement avait signalé mon passeport comme volé, et ils me l'ont confisqué. Ils m'ont dit qu'ils le renvoyaient au régime" syrien, a-t-elle raconté à l'AFP, accusant Damas d'avoir monté cette affaire pour lui nuire.

"Le régime ne peut pas me tuer au Royaume-Uni, alors il lui est plus facile de dire que j'ai volé mon propre passeport", a-t-elle dit.

Amère, elle a estimé que le gouvernement britannique "aide le régime (syrien) à gêner les journalistes et les militants des droits de l'homme".

"Le régime nous tue à l'intérieur de la Syrie, et manifestement le Royaume-Uni et d'autres pays l'aident à nous atteindre lorsque nous voyageons à l'étranger", a-t-elle dit.

Sollicité par l'AFP, le ministère de l'Intérieur n'avait pas donné suite dimanche en fin d'après-midi.

Zaina Erhaim disposant d'un autre passeport, elle a été autorisée à entrer sur le sol britannique, mais se pose désormais la question des conditions de son retour en Turquie, et de ses futurs voyages.

"Je n'ai plus que mon vieux passeport qui est complètement plein et je ne sais vraiment pas comment la Turquie va réagir quand je vais revenir", a-t-elle dit.

La journaliste est également lauréate du prix Peter Mackler 2015 récompensant le courage et l'éthique journalistique. En Syrie, elle a formé de nombreuses personnes, dont des femmes, au journalisme de télévision et de presse écrite, contribuant à l'émergence de nouveaux journaux et magazines en Syrie.

Le prix Peter Mackler a été créé à la mémoire de l'ancien rédacteur en chef de l'AFP pour l'Amérique du Nord, brusquement décédé en 2008.

(Avec AFP)


Dimanche 25 Septembre 2016 - 18:26





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