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Un rapport s'inquiète de la banalisation des discriminations dans les écoles en France


Mardi 17 Août 2010 modifié le Mardi 17 Août 2010 - 22:28

L'école française reste minée par des discriminations dont la banalisation risque de consacrer l'exclusion, la stigmatisation, le harcèlement et les violences envers ceux qui sont différents, selon les conclusions d'un rapport, rendues publiques par le journal français +Le Monde+ daté de mercredi.




Un rapport s'inquiète de la banalisation des discriminations dans les écoles en France
Ce texte d'une soixantaine de pages, qui sera remis officiellement au ministre de l'éducation nationale en septembre, est préoccupant, notamment pour les discriminations "le plus fréquemment observées": le handicap, le sexisme et l'origine.

Selon le rapport, le nombre d'enfants handicapés accueillis dans les établissements ordinaires a, certes, doublé en dix ans, passant de 90.000 à 175.000, mais "la peur" de l'élève différent fait encore des ravages alors que cette politique d'accueil visait précisément à faire tomber les préjugés.

Les parents "craignent que la présence d'un élève handicapé dans la classe n'induise une moindre performance scolaire de leur enfant", constate le rapport, rédigé par un groupe de travail de dix personnes qui a mené d'octobre 2009 à mars 2010 une cinquantaine d'auditions.

De ce fait, "la discrimination est encore très présente", qui se traduit notamment par "l'exclusion de certaines activités, voire d'enseignements", déplorent les auteurs.

D'un autre côté, l'idée que "les filles seraient, par nature, plus dociles, plus tournées vers la littérature et la communication, les garçons, par nature, plus dissipés, plus doués pour les sciences" reste répandue, selon eux.

Ils regrettent que l'école, qui "n'est pas seule responsable du poids de ces stéréotypes, ne parvient pas à les combattre efficacement", notant que ces stéréotypes sont parfois intégrés par les enseignants eux-mêmes, ce qui a un impact sur la scolarité des filles: orientation biaisée et prévention à l'encontre des études scientifiques.

Les filles sont aussi les premières victimes de violences, selon le document.

Lors des auditions, d'aucuns ont déploré que "les filles soient considérées comme +inférieures+ et très souvent insultées" par les garçons.

Si les violences sexistes et sexuelles ne renvoient en rien à telle ou telle culture, le rapport estime que le refus de la mixité ou les violences à l'égard des filles se produisent parfois au nom de "convictions culturelles ou politico-religieuses".

Sur la question du racisme, le groupe de travail constate "une prise de conscience progressive, mais une banalisation des injures et des actes". Ces discriminations se manifestent particulièrement dans "l'accès aux stages et dans l'orientation postbaccalauréat", selon le rapport.

Il ressort également des auditions que l'assouplissement de la carte scolaire "a renforcé la ghettoïsation".

De même, "un risque de discrimination sociale et ethnique a été pointé dans l'organisation interne de l'établissement par le biais de la composition des classes".

Globalement, ce constat conduit les auteurs du rapport à souligner également "la détérioration du vivre ensemble", lequel peut pâtir de la quête identitaire d'adolescents en construction, surtout "lorsque les repères ne sont pas clairement donnés par les adultes".

Dans ce contexte, diverses formes de replis communautaires sont de nature à se développer, donnant lieu à des tensions.

"Certains élèves se disent étrangers à la communauté nationale, alors même qu'ils sont français. Ils manifestent ainsi leur révolte face à des discriminations subies en raison de leur nom ou de leur origine", d'où la tentation de se "réfugier dans des identités parfois de nature religieuse, attitude qui engendre à son tour racisme et islamophobie", avertit le rapport.


(Source MAP)

Mardi 17 Août 2010 - 20:06





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