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Un député allemand lit un poème d'insultes à Erdogan au Parlement


Jeudi 12 Mai 2016 modifié le Jeudi 12 Mai 2016 - 14:44

Un député du parti conservateur d'Angela Merkel a lu jeudi au Parlement le poème satirique insultant le président turc Recep Tayyip Erdogan qui vaut à son auteur de possibles poursuites pour insulte à un dignitaire étranger.




Detlef Seif a, pour en dénoncer le contenu, lu ce texte qui décrit le dirigeant turc en pédophile et en zoophile. "Ici, une personne est attaquée dans son honneur et la justice doit décider si ces déclarations sont encore couvertes par la liberté d'expression et de la presse", a-t-il dit.

"Mais rendez-vous compte (...) mettez-vous à la place d'Erdogan et réfléchissez comment vous, vous le prendriez !", a lâché cet élu lors d'un débat au Bundestag, la chambre basse du parlement, devant un auditoire médusé.

Son intervention a été diffusée à la télévision et reste disponible sur le site du Bundestag.

Celle-ci intervient alors que la chancelière allemande avait cherché mi-avril à clore ce dossier embarrassant dans les relations avec la Turquie, à un moment où elle a besoin d'Ankara pour freiner le flux de migrants venant en Allemagne. Mme Merkel avait, à la demande de M. Erdogan, autorisé une procédure judiciaire rarissime pouvant valoir à l'humoriste Jan Böhmermann, auteur de la satire en question, des poursuites pour insultes à un dirigeant étranger.

L'humoriste a réagi à la lecture de son poème au parlement en réclamant à son tour des poursuites contre l'élu conservateur.

"Je demande ici la levée de l'immunité parlementaire du député CDU Detlef Seif pour infraction à l'article 103 du code pénal" traitant de l'insulte aux dignitaires étrangers, a écrit le comique sur twitter.

Jan Böhmermann avait lu à l'origine le 31 mars ce poème sur la chaîne de télévision publique ZDF.

En dépassant ouvertement les bornes et en allant en conscience au-delà de ce que le droit allemand autorise, le comique entendait démontrer par l'absurde combien le pouvoir turc avait eu tort de s'attaquer à un autre texte, une chanson diffusée 15 jours plus tôt à la télévision allemande et critiquant la remise en cause des libertés publiques en Turquie.
Jeudi 12 Mai 2016 - 14:44

Source AFP




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