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Un attentat déjoué près de Paris, un Algérien de 24 ans arrêté


Mercredi 22 Avril 2015 modifié le Mercredi 22 Avril 2015 - 18:54

Un Algérien de 24 ans, accusé de préparer un attentat "imminent" contre "une ou deux églises", a été arrêté dimanche à Paris, ont révélé mercredi les autorités, en soulignant l'importance de la menace terroriste plus de trois mois après les attentats jihadistes dans la capitale française.




"Les terroristes ciblent la France pour nous diviser" et la réponse doit être "le rassemblement, l’unité et une très grande détermination", a réagi le Premier ministre Manuel Valls. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a pour sa part affirmé que la France "fait face à une menace terroriste inédite, par sa nature et par son ampleur".

Sid Ahmed Ghlam, étudiant en informatique, était connu des services de renseignement pour ses "velléités de départ en Syrie" afin d'y rejoindre les rangs jihadistes, a déclaré à la presse M. Cazeneuve, en révélant son arrestation.

La police a découvert dans son véhicule et à son domicile, dans une résidence étudiante dans le sud de Paris, un "arsenal composé notamment de plusieurs armes de guerre, d'armes de poing, de munitions, de gilets pare-balle et de matériel informatique et de téléphonie", selon le ministre.

"Une documentation fournie a également été découverte établissant sans ambiguïté que l'individu projetait la commission imminente d'un attentat vraisemblablement contre une ou deux églises. Dimanche matin, cet attentat a été évité", a-t-il ajouté. L'homme a été arrêté dans le cadre d'une enquête dirigée par des juges antiterroristes.

L'arrestation s'est faite dans des circonstances rocambolesques, un peu par hasard: selon les premiers éléments de l'enquête, les services médicaux d'urgence sont appelés peu après 06H00 GMT dimanche, soit par l'homme lui-même, se disant blessé, soit par un témoin qui constate sa blessure.

Il a en effet reçu une balle dans une jambe, et évoque alors, confusément, un règlement de comptes. Les enquêteurs, qui n'excluent pas qu'il se soit blessé lui-même, remontent les traces de sang et arrivent à son véhicule, où ils découvrent une partie de son arsenal.

Plusieurs perquisitions et interpellations ont depuis été réalisées dans son entourage et sa famille, selon des sources policières.

Mercredi matin, les forces de l'ordre ont ainsi arrêté à Saint-Dizier (est) une femme vêtue d'une burqa, selon un correspondant de l'AFP. Il s'agit d'une femme de 25 ans de son entourage très proche, vraisemblablement convertie à l'islam, selon une source proche de l'enquête.

- Meurtre mystérieux d'une jeune femme -


Cet Algérien est par ailleurs soupçonné d'être impliqué dans le meurtre par balles d'une jeune femme de 32 ans, retrouvée morte dans une voiture dimanche à Villejuif, dans la banlieue est de Paris, a ajouté M. Cazeneuve. L'ADN du jeune homme a été retrouvé dans la voiture et c'est dans cette même ville qu'une ou deux églises étaient visées, selon une source policière.

Un lien a en outre été établi entre l'arme du meurtre et Sid Ahmed Ghlam, selon une source proche du dossier.

Le meurtre d'Aurélie Châtelain, venue du nord de la France en banlieue parisienne pour y suivre un stage de gymnastique, avait plongé ses proches dans la stupeur et restait mystérieux pour les enquêteurs. Son corps, marqué de trois impacts de balles, avait été retrouvé dans sa voiture au petit matin.

"L'enquête déterminera les raisons du crime commis contre cette jeune femme", a indiqué le ministre.

Il s'agit de la première annonce publique d'un projet d'attentat imminent déjoué depuis la série d'attaques jihadistes à Paris et en banlieue entre le 7 et le 9 janvier, contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, une policière municipale et un supermarché casher, qui ont fait 17 morts. Les trois tueurs, les frères Saïd et Chérif Kouachi et Amédy Coulibaly, ont été tués par les forces de l'ordre.

Depuis, les autorités françaises ont maintes fois rappelé que le pays restait sous la menace de nouveaux attentats et un plan de vigilance antiterroriste est toujours actif dans les lieux publics, les transports, et devant les lieux de culte et les sièges des médias parisiens.

L'annonce du ministre de l'Intérieur intervient en plein débat des députés sur un projet de loi destiné à renforcer les pouvoirs des services français de renseignement, jugé liberticide par ses opposants. Les services de renseignement avaient été critiqués pour leur défaut de surveillance autour des trois jihadistes auteurs des attaques en janvier, car ils étaient déjà connus des autorités.
Mercredi 22 Avril 2015 - 15:07

Avec AFP




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