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Un Franco-Marocain jugé "suspect" expulsé d'une église


Mercredi 3 Août 2016 modifié le Jeudi 4 Août 2016 - 08:04

Le journaliste de 46 ans, correspondant de "Ouest-France" Loire-Atlantique, a été escorté par deux gendarmes après le signalement d'un paroissien.




C'était cinq jours après l'assassinat du père Jacques Hamel par deux terroristes dans l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray. Un correspondant de presse travaillant pour le journal Ouest-France en Loire-Atlantique se rend dans l'église Saint-Nicolas de Châteaubriant (44), le dimanche 30 juillet lors de la messe de 10 h 30, pour « prendre le pouls de la communauté catholique ». La veille, il avait interviewé le prêtre de la paroisse, Patrice Eon. Le correspondant, un Franco-Marocain de 46 ans qui collabore avec le journal depuis six mois, est alors approché par deux femmes gendarmes, présentes dans l'église. « Elles m'ont demandé si c'étaient mon sac et mon casque qui étaient au sol », explique le journaliste à Ouest-France. « J'ai répondu oui et elles m'ont demandé de les suivre à l'extérieur », ajoute-t-il. Il est alors escorté hors de la paroisse par les deux gendarmes à la vue de tous.

Le prêtre s'excuse publiquement


Le correspondant franco-marocain a été interpellé car, quelques minutes plus tôt, un paroissien qui assistait également à la messe avait appelé la gendarmerie pour « signaler » qu'un homme qu'il jugeait « suspect » se trouvait dans l'église. « C'est tombé sur moi, mais je pardonne. La peur n'est pas quelque chose de raisonné », tempère l'homme de 46 ans. « Ce qui s'est passé servira peut-être de leçon et permettra à chacun d'être plus prudent et moins jugeant afin que ça ne se reproduise plus », espère-t-il.

Le quotidien régional précise qu'à la fin de la messe le maire de la ville et plusieurs paroissiens, présents à la messe et qui avaient assisté à la scène, sont restés sur le parvis de l'église pour réconforter le correspondant de Ouest-France. Dans l'après-midi, c'est le père Patrice Eon qui s'est indigné dans un message publié sur Internet. « Va-t-on se mettre à suspecter tout visage nouveau qui entre dans notre assemblée sous prétexte que nous ne le connaissons pas ? » a écrit le curé. « Je sais que le climat est à la peur, mais justement, parce que le climat est à la peur, il faut raison garder ! L'église est un sanctuaire, un lieu sacré, un lieu où l'hospitalité est sacrée », a rappelé le père Patrice Eon avant de s'excuser auprès du correspondant franco-marocain « au nom de toute la communauté chrétienne ».


(Source Le Point)
Un Franco-Marocain jugé "suspect" expulsé d'une église
Mercredi 3 Août 2016 - 08:58





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