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Tunisie: un grand meeting à Monastir pour resserrer les rangs de l'opposition


Samedi 24 Mars 2012 modifié le Samedi 24 Mars 2012 - 22:55




L'ancien Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi
L'ancien Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi
Plus de 50 partis politiques et 500 associations de la société civile se réunissaient samedi à Monastir, dans le centre-est tunisien, pour tenter de resserrer les rangs de l'opposition avant les prochaines échéances électorales.

Il s'agissait, selon les organisateurs, de mettre fin à l'atomisation de la scène politique, marquée par l'émergence de plus de 120 partis après la chute du régime autoritaire de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali, chassé du pouvoir en janvier 2011 par un soulèvement populaire après 23 ans de règne sans partage.

Tirant les leçons de leur échec lors des élections du 23 octobre dernier, remportées par le parti islamiste Ennahdha, les formations participantes projettent de se rassembler autour de l'initiative de l'ancien Premier ministre Beji Caïd Essebssi, qui prône la constitution d'un front centriste et républicain.

Fin janvier, Caïd Essebssi avait appelé l'ensemble des forces politique rejetant l'extrémisme et la violence à se rassembler autour d'une alternative à même d'offrir une plate-forme pour l'alternance.

De nombreux partis centristes, dont le parti démocratique progressiste (PDP), Afek Tounes et le parti républicain, d'un cô té, le mouvement Ettajdid, le parti du travail tunisien et des personnalités indépendantes de l'autre, ont déjà engagé un processus de réunification et envisagent à terme, de former un pô le progressiste moderniste.

La manifestation a mobilisé une foule dense de plusieurs milliers de personnes dont une partie a dû suivre l'événement sur des écrans géants installés en dehors de la salle omnisports de la ville.

Chaleureusement ovationné par la salle qui scandait son nom et celui de Bourguiba, Caïd Essebsi, relayé par plusieurs autres orateurs dont le fondateur du PDP, Néjib Chebbi, a plaidé pour la cohésion nationale pour dépasser les divisions entre islamistes et modernistes.

"Notre souci est que la Tunisie réussisse sa transition démocratique que ce soit avec nous ou avec d'autres", a-t-il insisté. Il a cependant reproché au gouvernement de n'avoir pas tenu ses engagements. "Au moment de la passation du pouvoir, nous avions convenu d'un délai d'un an pour la rédaction de la nouvelle Constition et l'organisation des prochaines élections, mais il semble que le gouvernement ne soit pas pressé d'honorer ses promesses", a-t-il déploré.

La rencontre de Monastir intervient dans un contexte marqué par la montée de l'islamisme radical et l'activisme de groupes salafistes qui réclament que la chariaa (loi islamique) soit la source principale de la future Constitution en cours d'élaboration. En face, le camp moderniste progressiste revendique un Etat civil.

Pour trancher la question de la charia, objet de divergences entre islamistes et modernistes, Caïd Essebsi a suggéré de la soumettre à référendum.

Pour M. Chebbi, "la légitimité ne suffit pas à elle seule, encore faut-il faire preuve de compétence et de capacité dans la gestion du pays".

Placé sous le signe de l'appel de la patrie, le meeting est organisé dans la ville natale du père de l'indépendance tunisienne, Habib Bourguiba, par l'association nationale de pensée bourguibienne.

Samedi 24 Mars 2012 - 22:50

(Avec agences)




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