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Tunisie : procès du PDG de la chaîne "Nessma TV" après la diffusion du film Persepolis


Vendredi 18 Novembre 2011 modifié le Vendredi 18 Novembre 2011 - 22:09




Nabil Karoubi, le PDG de Nessma TV, lors de son arrivée au tribunal de première instance de Tunis, le 17 novembre 2011.
Nabil Karoubi, le PDG de Nessma TV, lors de son arrivée au tribunal de première instance de Tunis, le 17 novembre 2011.
Premier du genre en Tunisie, le procès intenté à la chaîne privée Nessma TV, à la suite de la diffusion du film d'animation controversé Persepolis de la réalisatrice Marjane Satrapi, s'est ouvert jeudi 17 novembre 2011 dans un climat tendu devant le tribunal de première instance de Tunis. Après environ une heure d'audience marquée par des altercations houleuses entre avocats adverses, le président du tribunal Faouzi Jebali a décidé de reporter le procès au 23 janvier 2012.

Dans la cohue, au milieu d'une nuée de micros, Nabil Karoui arrive au tribunal entouré de ses gardes du corps. Depuis la diffusion du film Persepolis par sa chaîne le 7 octobre, les menaces ont été nombreuses. Son domicile et Nessma TV ont été attaqués. Pourtant, c'est bien lui qui comparaît devant la justice pour « atteinte aux valeurs sacrées, aux bonnes mœurs et trouble à l'ordre public ».

« Les gens qui sont venus essayer de brûler la chaîne et qui ont détruit mon domicile sont libres, explique Nabil Karoui. Et moi, je suis ici appelé par le ministère de la Justice parce que j’ai diffusé un film. Je crois que le début de la mort de la liberté d’expression a été après Persepolis ».

Le PDG de Nessma TV encourt trois ans de prison après la plainte d'une centaine d'avocats proches des mouvances islamistes tunisiennes qui n'acceptent pas d'avoir vu sur sa chaîne une représentation du divin interdite en islam.

« Il faut comprendre que laliberté d’expression a des limites, explique un avocat. Dans tous les pays il y a des limites, même en France. Pour nous, il y a des valeurs qu’il faut protéger. Ce film montre Dieu en dessin animé et pour nous ce n’est pas possible. Dieu, c’est la limite des limites ».

Après une heure de débats houleux entre l'accusation et la défense, qui dénonce une nouvelle forme de dictature en Tunisie, l'audience est finalement reportée à la demande des deux parties au 23 janvier prochain.

Vendredi 18 Novembre 2011 - 13:13

Avec RFI




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