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Tunisie: la parité homme-femme, un acquis qui dépend du respect des lois et du changement des mentalités (experts)


Dimanche 2 Février 2014 modifié le Dimanche 2 Février 2014 - 21:56

La parité homme-femme garantie par la nouvelle constitution tunisienne est un acquis majeur dont la concrétisation dépend de l'application et du respect des lois ainsi que du changement des mentalités, selon des experts cités par l'agence TAP.




L'article 46 de la nouvelle loi fondamentale stipule, en effet, l'engagement de l'Etat à protéger les droits acquis de la femme et à les consolider. Il dispose, aussi, que l'Etat garantie l'égalité des chances entre les hommes et les femmes pour les postes de responsabilité et consacre la parité homme-femme aux conseils élus.

Pour la constitutionnaliste Salsabil Klibi, cet article assoit la discrimination positive au profit de la femme. Elle a relevé, dans ce sens, les limites du principe d'égalité tel que garanti dans la constitution de 1959.

Pour l'experte, il est du devoir de l'Etat, en vertu du même article d'œuvrer sur le long terme en vue de consolider la présence de la femme aux conseils élus sans se contenter d'avoir des résultats instantanés.

Le principe de parité se limite aux conseils élus et ne concerne pas la vie politique, a-t-elle, cependant noté.

Salsabil Klibi a regretté la faible représentation de la femme dans le nouveau gouvernement « qui aurait du s'inspirer de la philosophie de l'article 46, même s'il n'est pas un conseil élu ».

Elle s'est toutefois réjouie de la nomination de femmes à la tête des ministères de l'industrie et du tourisme dans le cabinet de Mehdi Jomaa, ce qui rompt avec les responsabilités qui leur sont souvent réservées (Femme, Famille, Enfance).

Selon la constitutionnaliste, à l'avenir, la présence de la femme dans la vie politique est appelée à se consolider.

De son coté, Belaid Ouled Abdallah, professeur en sociologue et développement humain considère que la parité homme-femmme est garantie, théoriquement, depuis l'indépendance et qu'elle est même consacrée dans la constitution de 1959. Seulement, le décalage entre la loi et la pratique sociale avait la concrétisation de ce principe, a-t-il estimé.

Certaines théories du développement humain ne soutiennent pas le principe de parité homme-femme dans la mesure où les capacités de la femme et ses compétences pourraient dépasser celles de l'homme, a-t-il noté.
« La parité, c'est d'abord une mentalité et une culture qu'il convient d'instaurer et non une règle imposée par la loi ».

Belaid Ouled Abdallah a soutenu que les partis politiques qui doivent prendre conscience de la capacité des femmes de donner un nouvel élan à la vie politique, ont un rôle à jouer en termes de la polarisation de compétences féminines.

Dimanche 2 Février 2014 - 15:30

Avec TAP




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