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Tunisie : la crise politique s’aggrave, des soldats tués dans une zone d’activité d’Al-Qaïda


Mardi 30 Juillet 2013 modifié le Mardi 30 Juillet 2013 - 12:40

Huit militaires tunisiens sont morts lundi lors d'échanges de tirs avec un groupe "terroriste" dans une zone proche de l'Algérie où l'armée tentent depuis des mois de neutraliser un groupe lié à Al-Qaïda, a annoncé la télévision nationale.




Tunisie : la crise politique s’aggrave, des soldats tués dans une zone d’activité d’Al-Qaïda
Plusieurs militaires tunisiens ont été tués lundi dans une zone d'activité d'Al-Qaïda, aggravant les tensions en Tunisie où le gouvernement dirigé par des islamistes a exclu de démissionner malgré la contestation grandissante depuis l'assassinat d'un député d'opposition.

Le bilan de l'attaque évoluait encore dans la soirée, le président Moncef Marzouki ayant évoqué la mort de huit soldats, tandis que son service de presse annonçait dans un communiqué "un deuil national de trois jours après l'acte de terrorisme atroce qui a fait dix morts". Des sources médicale et militaire sur place ont fait état de neuf tués.

Dans une adresse télévisée à la Nation, M. Marzouki, un laïc allié aux islamistes d'Ennahda au pouvoir, a appelé à "l'union nationale" après l'embuscade sanglante au mont Chaambi (ouest) près de l'Algérie, où l'armée traque depuis des mois un groupe lié à Al-Qaïda.

"Si nous voulons affronter ce danger (du terrorisme) nous devons l'affronter unis, j'appelle la classe politique à revenir au dialogue car le pays, la société sont menacés", a-t-il dit.

La Tunisie ne parvient pas à juguler l'émergence de groupes jihadistes depuis la révolution de 2011. Ce drame est le plus grave depuis la chute de l'ancien régime, quatre militaires et gendarmes ayant été tués à Chaambi depuis le début de la traque du groupe en décembre 2012.

Revenant sur la crise politique déclenchée par l'assassinat de l'opposant Mohamed Brahmi attribué à des salafistes jihadistes, le président Marzouki a regretté que cette "tragédie" n'ait pas provoqué l'union mais "la division et l'anarchie" en Tunisie.

Lundi soir, quelques milliers de manifestants se sont réunis une nouvelle fois devant l'Assemblée nationale constituante (ANC), après la rupture du jeûne du Ramadan, pour en réclamer la dissolution et la démission du gouvernement. L'armée et la police étaient présentes en nombre, alors que des heurts y ont eu lieu ces dernières nuits.

En fin d'après-midi, le Premier ministre Ali Larayedh, issu du parti islamiste Ennahda, a lui exclu tout départ mais promis des élections le 17 décembre. "Ce gouvernement continuera d'assumer ses fonctions, nous ne nous accrochons pas au pouvoir mais nous avons un devoir et une responsabilité que nous assumerons jusqu'au bout", a-t-il dit tout en se disant "ouvert au dialogue".

La date du 17 décembre est hautement symbolique car il s'agit du jour en 2010 où le vendeur ambulant Mohamed Bouazizi s'est immolé par le feu, donnant le coup d'envoi à la révolution tunisienne. Les autorités ont annoncé de multiples calendriers électoraux qui n'ont pas été respectés et M. Larayedh promettait jusqu'à présent un scrutin avant la fin 2013.

Le gouvernement est l'objet d'une contestation grandissante depuis l'assassinat jeudi de Brahmi, deuxième opposant à être tué après Chokri Belaïd, abattu le 6 février 2013. Ce premier assassinat avait provoqué la chute du premier gouvernement d'Ennahda.

Par ailleurs, l'un des partenaires laïques des islamiste, Ettakatol, a indiqué tenir une réunion dans la nuit de lundi à mardi pour prendre "une décision relative à la crise et au retrait d'Ettakatol du gouvernement", a indiqué le porte-parole de la formation.

La très puissante syndicale UGTT, qui revendique 500.000 membres, doit aussi arrêter dans la nuit sa position. La centrale est capable de paralyser le pays comme lors des grèves générales de 24 heures après les morts de Brahmi et Belaïd.

Enfin une soixantaine de députés continuent de boycotter les réunions de l'ANC et de manifester devant son siège pour obtenir sa dissolution.

A l'aube lundi, la police est intervenue pour séparer à cet endroit opposants et partisans du gouvernement. L'intervention a été moins musclée que celle de la nuit précédente mais un député, Noomane Fehri, a été blessé par des policiers et est actuellement hospitalisé, selon son témoignage diffusé à la télévision.

Toujours lundi matin, à Sidi Bouzid, ville natale de Brahmi et berceau de la révolution de 2011, la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants réclamant la chute du gouvernement. Comme les proches de Belaïd auparavant, la famille de Brahmi accuse directement Ennahda d'être responsable de sa mort.

Les autorités ont affirmé que la même arme a servi à tuer les deux hommes et désigné les auteurs comme étant des salafistes jihadistes proches d'Ansar Ashariaa, des accusations rejetées par ce groupuscule.

Le principal suspect du meurtre de Brahmi est "manifestement" un Franco-Tunisien, Boubakeur El Hakim, condamné en France à sept ans de prison mais libéré depuis, a indiqué une source française qui suit le dossier.
Mardi 30 Juillet 2013 - 00:36

Avec Ouest-france




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