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Tunisie: l'atteinte au sacré ne sera pas dans la Constitution


Vendredi 12 Octobre 2012 modifié le Vendredi 12 Octobre 2012 - 13:26




Tunisie: l'atteinte au sacré ne sera pas dans la Constitution
La criminalisation de l'atteinte au sacré ne sera pas inscrite dans la future Constitution tunisienne, a déclaré à l'AFP le président de l'Assemblée nationale constituante, Mustapha Ben Jaafar, au sujet de cette revendication clé des islamistes qui dirigent le gouvernement.

"Il n'y aura pas de criminalisation (ndlr: de l'atteinte au sacré), bien sûr", a-t-il dit. "Ce n'est pas parce que nous sommes d'accord avec les atteintes au sacré, mais parce que le sacré est très très difficile à définir", a-t-il expliqué.

Selon lui, le parti islamiste d'Ennahda auquel il est allié va accepter cette position, bien que le concept d'atteinte au sacré soit au coeur de son programme politique. "Il nous arrive de discuter au sein de la troïka (ndlr: la coalition tripartite au pouvoir) et on sent qu'il y a une disposition (chez Ennahda) à faire évoluer les opinions, à faire bouger les lignes", a-t-il dit. Le projet de criminaliser l'atteinte au sacré, annoncé en juillet par Ennahda, a déclenché une levée de bouclier dans les médias et la société civile, qui y voient une porte ouverte à des restrictions aux libertés d'expression et de la presse.

Les islamistes avaient indiqué vouloir inscrire ce principe dans la Constitution et dans le code pénal, pour en faire un crime passible de prison ferme. Après les violences meurtrières dans le monde arabe, et en particulier à Tunis contre l'ambassade américaine, suscitées par la diffusion sur internet d'un film islamophobe, Ennahda avait aussi réclamé que la notion d'atteinte au sacré soit inscrite dans le droit international.

M. Ben Jaafar a à ce titre jugé que la liberté d'expression et des médias devaient prévaloir dans tous les domaines. "J'estime que la liberté de l'information et le monde des médias doivent disposer d'une liberté absolue. A la limite, je préfère une liberté débridée à la censure et la répression", a assuré M. Ben Jaafar. "Il y a un acquis fondamental de la révolution (de 2011) qui ne sera jamais remis en question, et que personne ne pourra remettre en question, c'est la liberté d'expression et la liberté de la presse", a martelé le président de l'ANC.

Ettakatol, le parti de M. Ben Jaafar, le Congrès pour la République du chef de l'Etat Moncef Marzouki, deux mouvements de centre gauche, se sont alliés avec Ennahda après l'élection de la Constituante en octobre 2011.

Vendredi 12 Octobre 2012 - 08:33

Atlasinfo avec agences




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