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Tunisie: l'assassin présumé de l'opposant Chokri Belaïd tué


Mardi 4 Février 2014 modifié le Jeudi 6 Février 2014 - 00:13

Un an presque jour pour jour après l’assassinat de Chokri Belaïd, le tireur présumé, Kamel Gadhgadhi, a été abattu par les forces de sécurité tunisiennes. Lundi après-midi, les unités spéciales de la garde nationale ont donné l’assaut contre une maison située dans un quartier résidentiel de Raoued, à proximité de la zone touristique de Gammarth, dans la banlieue nord de Tunis.




L'assassin présumé de l'opposant tunisien Chokri Belaïd a été tué lors d'une opération antiterroriste, a annoncé mardi le ministre de l'Intérieur Lotfi Ben Jeddou, presque un an jour pour jour après le crime.

La Garde nationale (gendarmerie) a "réussi à tuer sept terroristes très armés. Les analyses ont dévoilé l'identité de certains d'entre eux (...). Parmi ceux-là se trouve Kamel Gadhgadhi", a affirmé M. Ben Jeddou lors d'une conférence de presse. Gadhgadhi avait été désigné par les autorités comme étant le meurtrier de Belaïd.

L’assassinat de l’opposant Chokri Belaïd, il y a un an jeudi, a marqué le début d’une année de turbulences politiques et sécuritaires en Tunisie, qui commence tout juste à sortir de l’ornière avec l’adoption d’une nouvelle Constitution en janvier.
Le 6 février 2013, la Tunisie sous le choc se réveillait avec la nouvelle de l’assassinat de cet avocat et militant de tendance marxiste et panarabe de 48 ans, farouche critique des islamistes d’Ennahda alors aux commandes.

L’opposant a été tué devant chez lui de trois balles tirées à bout portant. L’assassinat est attribué par les autorités aux jihadistes d’Ansar Asharia, une organisation classée en août 2013 comme «terroriste» par la Tunisie mais qui n’a jamais revendiqué ce meurtre ni aucune autre attaque armée. Le tireur présumé n’a jamais été arrêté et le commanditaire n’a pas été identifié. Seuls des complices ont été emprisonnés.

Une grande manifestation est prévue samedi pour rappeler que le 8 février 2013, jour de son enterrement, le pays avait été paralysé par une grève générale et que des dizaines de milliers de personnes avaient rendu un dernier hommage à l’opposant, un événement qui avait pris des allures de manifestation contre Ennahda.

La mort de Gadhgadhi « est le plus beau cadeau que l’on puisse faire aux Tunisiens au premier anniversaire de l’assassinat » de Chokri Belaïd, n’a pas hésité à déclarer le ministre de l’Intérieur mardi soir. Un enthousiasme que ne partage pas l’entourage de Chokri Belaïd. Son frère, Abdelmajid, s’étonne. « J’ai des sources très fiables, confie-t-il au Figaro, qui m’ont annoncé l’arrestation lundi de Kamel Gadhgadhi vivant, et là, on dit qu’il a été tué dans l’assaut. À deux jours de la date anniversaire de l’assassinat de mon frère, c’est tout de même étonnant ! »

Abdelmajid Belaïd fait partie de ceux qui ont dénoncé la reconduction dans le nouveau gouvernement tunisien, apolitique, du ministre de l’Intérieur Lotfi Ben Jeddou. « Tout cela ressemble à une mise en scène pour redonner du crédit à ce ministre dont on ne voulait pas ! », s’indigne-t-il. Lotfi Ben Jeddou faisait partie, depuis mars 2013, du gouvernement précédent, tenu par les islamistes d’Ennahda, que les proches de Chokri Belaïd accusent d’être derrière l’assassinat de l’avocat, ainsi que de celui du député d’opposition Mohammed Brahmi. Face aux lenteurs de l’enquête, un collectif s’est monté autour de la veuve de Chokri Belaïd. L’Irva (Initiative pour la recherche de la vérité sur l’assassinat) mène depuis plusieurs mois sa propre investigation et affirmait, en novembre dernier, que le ministère de l’Intérieur dissimulait des preuves impliquant le pouvoir alors en place. Selon l’Irva, l’arme utilisée pour le meurtre de Chokri Belaïd « n’est utilisée que par des hauts cadres de la Sûreté nationale ». Une affirmation basée sur l’expertise balistique menée par un laboratoire néerlandais, mais dont le rapport n’a jamais été versé au dossier, selon l’Irva.

Le collectif s’est entouré de plusieurs avocats, dont le Français Jean-Pierre Mignard. Lors d’une visite à Tunis en septembre dernier, il s’étonnait du manque de volonté politique pour faire toute la lumière sur cette affaire et du manque de moyens alloués aux magistrats.
Mardi 4 Février 2014 - 18:40

Avec agences




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