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Tunisie: Nidaa Tounès quitte le tunnel avec des dommages collatéraux limités


Lundi 11 Janvier 2016 modifié le Lundi 11 Janvier 2016 - 13:45

Le premier congrès de Nidaa Tounes, tenu ce week-end, a constitué un nouveau tournant dans la marche du parti, qui commence à sortir d'une grave crise interne l'ayant secoué depuis sa grande victoire aux élections présidentielles et législatives, fin 2014.




Quoique déstabilisée par la défection du clan de l'ancien secrétaire général Mohsen Marzouk, la formation fondée par le président Béji Caid Essebsi a finalement limité les dégâts et préservé à une grande mesure l'unité de ses rangs.

La quasi-majorité des ténors était présente au conclave de Sousse, à 145 km au sud de Tunis. Au lieu de 32 députés tentés par la dissidence, le parti n'a perdu que 18 sièges à l'Assemblée des représentants du peuple (ARP/Parlement).

Le congrès, marqué par la présence des alliés de la coalition particulièrement le mouvement islamiste Ennahda, inaugure une nouvelle étape de normalisation et de stabilité au sein de Nidaa Tounès, sans dissiper définitivement les craintes d'un nouveau mouvement de fronde à l'avenir.

Justement, les partisans de Mohsen Marzouk ont tenu, parallèlement au rassemblement de Sousse, un impressionnant meeting populaire, dimanche à Tunis, dans le cadre des préparatifs de la création d'une nouvelle formation politique en mars prochain.

Présent à l'ouverture du congrès national, le président tunisien, qui fut le fondateur du Nidaa en 2012, a insisté sur le fait que la tenue de ces assises dans les délais impartis signifie que le parti au pouvoir "commence à sortir de sa crise".

Selon une bonne partie des observateurs locaux, ce retour de sérénité, conjugué par l'osmose affichée par le quartet de la majorité, est de nature à contribuer à l'instauration d'une stabilité politique et à soutenir l'action du gouvernement, notamment dans cette conjoncture économique et sécuritaire difficile que traverse le pays.

D'autres observateurs estiment que le premier congrès ne peut à lui seul immuniser le parti contre une nouvelle crise, puisque la formation est toujours menacée par le mouvement Ennahda, dont le poids constituera toujours une pression sur le comportement de la majorité gouvernementale.

Toutefois, et devant quelque 1.400 congressistes, le chef de l'Etat a défendu l'alliance avec le mouvement islamiste, affirmant que le compromis est "un choix de principe et non conjoncturel", en vue de contrecarrer les tentatives de "division des Tunisiens et d'exclusion d'une partie de la société".

La question qui se posera désormais est de savoir à quel point la défection de Mohsen Marzouk, cheville ouvrière de la campagne présidentielle de Caid Essebsi, va-t-elle impacter le fonctionnement de Nidaa Tounès, à quelques mois des élections communales.

Le clan Marzouk, qui comprend certains cadres et personnalités de renom, était en guerre de leadership ouverte avec celui du vice-président Hafed Caid Essebsi, fils du chef de l'Etat.

En tant que fondateur du mouvement, le président Caid Essebsi avait lancé un plan de sauvetage avec la mise en place d'une commission composée de 13 dirigeants, en charge de rapprocher les vues des parties rivales, essentiellement sur la nature du premier congrès de cette formation (constitutif ou électif).

Le chef de l'Etat avait mis dos à dos les deux camps, en rappelant que les organes du parti, dont chacun est contrôlé par un clan, n'ont pas de légitimité puisqu'ils n'ont pas été élus.

La commission des 13 avait tranché en faveur d'une direction consensuelle, provoquant la colère des partisans de Mohamed Marzouk qui ont décidé de quitter le parti.

Nidaa Tounes, qui a vu le jour en 2012, recelait en lui-même les ingrédients de son implosion à cause d'une composition hétéroclite comprenant des libéraux, des gauchistes, des syndicalistes et des personnalités ayant exercé sous l'ère du président déchu Zine El Abidine Ben Ali.

La finalité de ce collectif était de faire face à la montée en puissance des islamistes d'Ennahda, qui ont réalisé un raz-de-marée aux élections de l'Assemblée constituante. Aujourd'hui, les deux tendances cohabitent parfaitement au sein de la coalition gouvernementale.
Lundi 11 Janvier 2016 - 13:44





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